Passer au contenu

Test du Polaroid Go : l’instantané de poche (ou presque)

Avec son format mini, le Polaroid Go a tout d’un séducteur. Vraiment ? Afin de le vérifier, on l’a testé pendant l’été.

Un appareil photo instantané analogique qui tient (presque) dans la poche, ça vous parle ? C’est ce que propose Polaroid avec le Go, son nouveau modèle. Comme son respectable aïeul, il produit des images carrées, mais nettement plus petites. Curieux comme nous le sommes, nous n’avons pas résisté à l’envie de l’embarquer avec nous pendant l’été afin de voir ce qu’il valait vraiment.

L’introduction d’un nouveau format de pellicule instantané n’est pas chose courante. Et à part Fujifilm dont les Instax Mini et Square sont désormais bien installés, il fallait jusqu’ici faire avec l’impression numérique. Polaroid enrichit l’offre en proposant Go, un format réduit afin d’autoriser la création d’appareils compacts : 66,6 x 54 mm hors tout, la zone sensible couvrant 47 x 46 mm.

Prix et disponibilité

Le Polaroid Go est disponible en France au prix de 120 €. Il est aussi proposé en kit de démarrage comprenant l’appareil ainsi qu’un pack de 16 tirages pour 140 €. Les films instantanés couleur sont quant à eux vendus 20 € en pack de 2 cartouches de 8 tirages. Au moment de l’écriture de ce test, il n’existe pas de film monochrome.

Polaroid Go au meilleur prix Prix de base : 119 €

Design neo-vintage

Le Polaroid Go est ainsi le premier appareil analogique à utiliser ce nouveau format. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il séduit dès le premier contact. Fait d’un polycarbonate blanc à la finition soignée, son design neo-vintage tout en courbes est à notre avis une réussite. La compacité est bien au rendez-vous puisqu’il mesure 105 x 84 x 61,5 mm pour un poids de 242 grammes. À moins de se balader en permanence avec une parka ou un imperméable, il ne tiendra pas facilement dans une poche standard. Il trouve en revanche assez facilement sa place dans un sac à main ou une besace.

Polaroid a souhaité garder la philosophie « pousse-bouton » des premiers modèles et propose une interface d’utilisation pour le moins dépouillée. En plus du déclencheur et de la touche d’activation du flash logés sur la face supérieure, on trouve un simple poussoir noir servant à la mise sous tension.

Une matrice LED minimaliste affiche un chiffre (en l’occurrence le nombre de prises de vues restantes) ainsi qu’un point indiquant l’activation du flash. Aucune indication lumineuse dans le visuel optique, déporté sur la gauche du boîtier. Situé au bout d’une excroissance, il reste facilement accessible que l’on vise de l’œil droit ou du gauche.

L’alimentation électrique est assurée par une batterie non amovible que l’on recharge grâce au port micro-USB logé sur le flanc. Celle-ci doit en théorie fournir assez d’énergie pour utiliser une quinzaine de packs de films avant de nécessiter une recharge.

Enfin, la face avant abrite sans grande surprise la fente d’éjection du film exposé, l’objectif, un flash électronique ainsi qu’un miroir à selfie logé sur l’entrée du visuel. Simple, basique.

Utilisation simplifiée à l’extrême

Une fois la batterie chargée et un pack de films neuf introduit (chacun comporte 8 tirages), l’appareil commence par éjecter automatiquement le carton de protection des films. On notera non sans amusement qu’une espèce de « langue » déroulable en plastique souple le recouvre : c’est tout à fait normal. Poétiquement baptisée « langue de grenouille » par Polaroid, elle a pour but de protéger la photo juste exposée de la lumière du soleil.

Langue de grenouille

Contrairement aux vénérables films instantanés des eighties, ceux concoctés par Polaroid version twenties sont nettement plus sensibles et délicats à manipuler. Sans rentrer dans les détails, on se contentera de préciser qu’il faut impérativement protéger de la lumière une photo fraîchement réalisée pendant ses premières minutes d’existence. C’est le rôle de la langue de grenouille qui recouvre la partie exposée de l’image. Mieux vaut laisser la photo en place pendant une quinzaine de secondes avant de la retirer et de la poser immédiatement, face explosée contre une surface opaque, pendant une quinzaine de minutes. Les couleurs n’en seront que meilleures.

Polaroid Go
© Presse-Citron

Dans les faits, l’image produite gagne en maturité pendant les 24 premières heures, ses couleurs un peu palottes gagnant en contraste. Ne vous attendez toutefois pas à un rendu exceptionnel, surtout si la scène shootée n’est pas très lumineuse. À ce sujet, le flash, actif par défaut, se déclenche à chaque prise de vue. Il ne faudra pas oublier de le désactiver si on utilise le Polaroid Go en pleine lumière du jour… et ce à chaque prise de vue, le flash étant automatiquement réactivé à chaque fois. Énervant.

Objectif peu lumineux

Ce besoin impératif de lumière s’explique par la faible sensibilité du film, mais aussi par les caractéristiques de l’objectif : 34 mm ouvrant à f/12 ou f/52 (selon les conditions d’éclairage). Les performances ne sont pas améliorées par l’utilisation de lentilles en résine de polycarbonate, peu propices à une grande fidélité de reproduction. Tout cela serait dramatique sur un appareil photo numérique, mais ce n’est pas exactement la même chose ici. Après tout, on attend du Polaroid Go des images au charme vintage, ce qui est souvent synonyme de qualité juste passable.

Polaroid Go
© Presse-Citron

Et pour tout dire, le résultat ne manque pas de charme à défaut d’être parfait. Les petites photos produites rempliront de joie les amateurs d’images instantanées. Le miroir à selfie s’avère pratique et autorise la production d’images correctes. Le viseur optique fait le boulot si la scène se situe à au moins 1,5 m. Si la distance est moindre, le parallaxe produit un cadrage très imprécis.

Double exposition et retardateur

Polaroid a tout de même réussi à caser deux gadgets sympathiques dans son appareil : la double exposition et un retardateur. On les active par une séquence de pression sur le déclencheur et le flash. Et comme le constructeur ne les mentionne pas dans le guide de démarrage rapide livré avec l’appareil, il faudra passer sur son site pour découvrir comment procéder.

Deux pressions sur la touche du flash activent la double exposition tandis qu’une seule de 2 secondes (puis sur le déclencheur) active un retardateur de 9 secondes. Si ce fonctionnement n’est pas très intuitif, il a pour mérite de donner deux possibilités qui peuvent avoir leur intérêt. Dommage en revanche que le constructeur n’ait pas trouvé la place nécessaire à l’intégration d’un filetage pour trépied (ou selfie stick).

Polaroid Go
© Presse-Citron

Et la qualité d’image, dans tout cela ? Comme on l’a brièvement évoqué, les tirages produits ont un incontestable charme… à défaut d’être fidèles. Globalement, le rendu colorimétrique tire vers le magenta et la netteté générale des images peut parfois laisser à désirer. Est-ce du à la définition de la surface sensible ou à la piètre qualité de l’objectif ? Un peu des deux, sûrement. Signalons au passage qu’il n’existe pas pour l’instant de version monochrome du film Polaroid Go.

La gestion des plages dynamiques étendues (zones très claires et très sombres dans la même image) est plutôt correctement assurée par la chimie du film et éventuellement par le flash intégré que l’on utilisera afin de déboucher les parties sombres. À condition bien entendu que le sujet soit à moins de 2 mètres, portée maximale du flash.

Polaroid Go : ce qu’on en pense

À n’en pas douter, Polaroid Go est un appareil instantané plein de charme et que l’on aimera aussi pour ses défauts (merci à la mode du vintage). En revanche, on appréciera moins le prix des films, vendus 20 euros le pack de 16 tirages (deux cartouches de 8 tirages par pack). À ce prix, on réfléchira à deux fois avant de déclencher… comme on le faisait avant l’apparition du numérique !

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Plaroid Go

120 €
7.8

Prise en main & ergonomie

8.5/10

Qualité de construction

8.5/10

Résultats

7.0/10

Rapport qualité/prix

7.0/10

On aime

  • Design agréable
  • Compacité
  • Autonomie de la batterie
  • Simplicité d'utilisation

On aime moins

  • Objectif améliorable
  • Viseur peu précis en plan rapproché
  • Colorimétrie approximative
  • Prix des packs de films
2 commentaires
2 commentaires
  1. 7,8 sur 10 pour un truc qui sert à rien, qui fait des photos minables, et qui coûtent en plus la peau du c… !

    on pourrait presque croire qu’il s’agit d’un oubli-reportage … à moins que ce ne soit le cas …

    1. Bonjour,
      J’étais passé à côté de votre savoureux commentaire…
      Ce n’est pas parce que le produit ne vous plait pas ou que vous le trouvez trop cher qu’il ne sert à rien ! S’il s’agissait d’un publi-reportage (ou oubli-reportage comme vous l’écrivez), je l’aurais signalé 🙂

Les commentaires sont fermés.