Plusieurs cas d’infections par un hantavirus de l’espèce Andes ont été identifiés dans l’équipage du bateau de croisière MV Hondius. Parti de Ushuaïa le 1er avril pour une expédition vers l’Atlantique Nord, le navire a dû s’arrêter et modifier sa route. Refusé au Cap-Vert, MV Hondius fait désormais route vers les Canaries en Espagne, où il est attendu le 10 mai à Tenerife. Les 140 personnes restantes à bord (88 passagers et 59 membres d’équipage) sont soumises à un confinement strict en cabine, et une distanciation physique maximale. Le virus se trouve en Europe, avec un passager suisse hospitalisé à Zurich notamment.
Si la situation est tant médiatisée, c’est parce que ce foyer épidémique repose sur une souche redoutable, la seule capable de transmission interhumaine à ce jour. Dans le navire, il y a eu 7 individus touchés, et 3 décès, à cause de la maladie. En dehors de cette souche, les syndromes pulmonaires à hantavirus existent dans le monde, avec environ 200 cas reportés chaque année, majoritairement en Amérique du Nord et du Sud, là où le virus circule dans les populations de rongeurs sauvages. Mais le taux de transmission entre humains est très faible, expliquant pourquoi les hantavirus ne sont jamais vraiment au centre de l’actualité mondiale.
Hantavirus : combien de patients sont morts de la souche des Andes ?
Sur les 7 individus touchés à bord du navire, 5 sont des passagers et 2 sont des membres d’équipage. Malheureusement, 3 sont décédés à date du 7 mai 2026.
- Le premier cas est un Néerlandais de 70 ans, le premier à avoir présenté des symptômes, le 6 aril dernier. Il est décédé 5 jours après, le 11 avril.
- Le deuxième cas est son épouse, qui a débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril et décédée lors de son transfert à Johannesburg le 26 avril.
- Enfin, le troisième cas est une passagère allemande décédée à bord du MV Hondius le 2 mai. Elle était alors en détresse respiratoire fulgurante.
Où sont les passagers infectés dans le monde et en Europe ?
- Zurich, Suisse
- Düsseldorf, Allemagne
- Amsterdam, Pays-Bas
- Johannesburg, Afrique du Sud

Début mai, plusieurs cas ont été évacués par voie aérienne vers l’Afrique du Sud mais aussi l’Europe. Aux Pays-Bas et en Allemagne, les deux membres d’équipage malades dans un état grave ont été envoyés après avoir été débarqués à Praia, la capitale du Cap-Vert. Un passager « étroitement liée à la personne décédée le 2 mai » se trouve aussi en Allemagne, alors qu’il est pris en charge à l’hôpital de Düsseldorf.
À Zurich, le patient suisse a soulevé de grosses craintes alors qu’il se serait présenté à l’hôpital par lui-même, avant d’être pris en charge et placé en isolement. Ce dernier n’avait pas la certitude d’avoir été infecté par un hantavirus de l’espèce Andes, avant de franchir les portes de l’hôpital. Il s’est présenté en déclarant ressentir des symptômes après qui lui et son épouse revenait d’un voyage en Amérique du Sud fin avril, lors duquel ils ont voyagé à bord du navire.
Les autorités sanitaires essaient de retracer le parcours de l’homme, alors que ses différents contacts pourraient répandre l’infection. « Il est peu probable que d’autres cas surviennent en Suisse », estime le ministère, considérant que « le risque pour la population est faible ». En retraçant les potentiels contacts des personnes infectées, les autorités sanitaires listent les personnes à risques, sur lesquelles il est important de garder un œil tant ils pourraient devenir des cas contacts. En France, le ministère de la Santé a confirmé qu’un citoyen était concerné, alors qu’il avait voyagé sur un vol emprunté par l’un des cas avant son hospitalisation.
Comment attrape-t-on l’hantavirus ? D’où vient la souche des Andes et pourquoi est-elle redoutable ?
Pour qu’un être humain contracte le virus, il faut qu’il ait inhalé des particules contaminées en provenance de rongeurs infectés : salive, urine ou déjections. C’est le mode de transmission quasi universel de l’ensemble des hantavirus connus, sauf pour la souche des Andes, présente principalement en Argentine et au Chili. C’est le seul hantavirus qui peut se transmettre d’une personne à une autre, et le navire concerné, le MV Hondius a réuni toutes les conditions pour qu’il franchisse la barrière interhumaine.
Selon nos confrères du Devoir, citant l’OMS, l’agence présume qu’une ou plusieurs personnes « ont été infectées en dehors du navire », probablement en Argentine, avant qu’une transmission interhumaine ne se produise à bord. La chronologie le confirme : la période d’incubation du virus, généralement de deux à trois semaines, exclut toute exposition à bord ou lors d’une escale.
Le passager néerlandais de 70 ans qui a présenté les premiers symptômes le 6 avril était donc déjà porteur du virus quand il a embarqué à Ushuaia le 1er avril. Il a été contaminé lors de son séjour en Argentine, avant même que le navire lève l’ancre. C’est à partir de là que la transmission interhumaine aurait pris le relais, dans l’enceinte confinée du navire.
Il reste toutefois une inconnue de taille : entre le 6 avril et le 2 mai, date où l’OMS a été informée de la contamination, vingt-six jours se sont écoulés sans que le virus soit identifié. Durée pendant laquelle le navire a continué de naviguer, et de s’arrêter durant plusieurs escales. Ses passagers ont partagé cabines et espaces communs, débarqué à Sainte-Hélène entre le 22 et le 24 avril, puis à l’île de l’Ascension. Autant de fenêtres d’exposition dont l’étendue exacte reste encore à établir.
Le séquençage a été réalisé et confirme, d’après les dernières informations relayées par l’Inserm, que c’est bien la souche des Andes qui a circulé à bord. Les enquêtes épidémiologiques en cours doivent désormais déterminer si tous les cas partagent le même lignage viral, et donc si la transmission interhumaine a bien eu lieu dans l’enceinte du navire, ou si plusieurs passagers ont été contaminés indépendamment avant d’embarquer.
L’hantavirus (souche des Andes) est-il le nouveau COVID-19 ?

Dans quelques jours, le MV Hondius devrait débarquer aux Canaries, au port de Tenerife ; il mouillait au large du Cap-Vert, mais les autorités avaient refusé son accostage. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a indiqué que la situation actuelle imposait de privilégier la prudence pour limiter tout risque de propagation supplémentaire. Néanmoins, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS, refuse pour l’instant d’établir un parallèle avec un potentiel début de pandémie comme l’a été celle de la COVID-19.
Bien que la situation sur le MV Hondius soit tragique, les experts de l’OMS et de l’ECDC sont formels : le risque de pandémie mondiale est jugé très faible. Pourquoi, malgré les morts liés à ce foyer épidémique, l’hantavirus de la souche des Andes est différent du COVID-19 ?
Si les deux virus ne jouent pas dans la même catégorie, c’est donc parce que leur contagiosité est à un niveau très différent. L’hantavirus de la souche des Andes nécessite un contact prolongé et rapproché. Le SARS-CoV-2 du COVID-19 se propage bien plus facilement, car il est aéroporté et qu’il pouvait être transmis par des personnes asymptomatiques (porteurs sains). De plus, la dangerosité de l’hantavirus a un effet limiteur dans sa propagation : comme les patients se retrouvent très vite cloués au lit, ils passent moins de temps à contaminer d’autres personnes.
Enfin, il est important de signaler qu’il n’existe pas d’infections de rongeurs en Europe. Ainsi, en arrivant à contenir le foyer épidémique du MV Hondius, la situation pourrait être sans danger à l’avenir.
- Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus sont signalés chaque année, principalement en Amérique du Sud et du Nord.
- Trois passagers d’une croisière en Antarctique sont décédés, la souche des Andes étant identifiée comme responsable de l’épidémie.
- Plusieurs pays européens sont concernés par des cas confirmés, avec des évacuations médicales en cours et des enquêtes épidémiologiques en cours.
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