À une époque où le thermique vit (a priori) ses dernières heures de gloire, les deux-roues électriques s’imposent peu à peu, à coups de couple immédiat et de silence bienvenu. Parmi l’offre proposée, le chinois Niu, avec son modèle emblématique NQi Sport, s’inscrit pleinement dans cette mouvance.
Voilà quelques semaines que nous avons l’occasion de le tester dans un contexte un peu moins conventionnel : non pas en centre-ville dense, mais plutôt en zone rurale, au fil de petites routes vallonnées, de villages tranquilles et de départementales bordées de champs. Verdict.
Un look réussi, avec une allure néo-rétro assumée
Commençons par le plus évident : le Niu NQi Sport a du style. Avec son allure néo-rétro assumée, ses lignes épurées et ses optiques LED tout en rondeurs, il attire les regards. C’est d’autant plus vrai dans les villages, où le scooter électrique reste encore marginal, avec de nombreux curieux désireux d’en savoir plus sur cet engin étonnamment silencieux. L’ensemble respire la qualité, et l’assemblage n’a rien à envier à celui de scooters thermiques bien plus coûteux. On sent ici la volonté de séduire un public jeune et connecté, sans pour autant basculer dans l’extravagance.

Certes, il n’est pas aussi “stylé” que ce Yamaha BW’s (ou ce MBK Booster, voire cet Aprilia SR) qui faisait de l’œil au collégien que nous étions il y 25 ans en arrière, mais on apprécie malgré tout son côté “à l’ancienne”, son petit air “Dolce Vita”, avec un scooter davantage taillé pour être pratique que réellement stylé.
Le premier contact est donc très positif, on remarque certes quelques plastiques un peu moins flatteurs ici et là et des matériaux qui ont tendance à rapidement accrocher saletés, rayures et autres traces de doigts, mais rappelons que l’on ici sur un modèle à moins de 2000€.

Les finitions sont globalement propres, et le poste de conduite, bien que très épuré, s’avère agréable. Mention spéciale à son écran couleur numérique de 6,2″, très sobre, très lisible, qui affiche les informations essentielles sans fioritures : vitesse, niveau de batterie, mode de conduite, heure…

A noter qu’il ne s’agit pas du dernier cri chez Niu (contrairement à la gamme NQiX avec le nouveau système Link Crown), mais on profite ici d’un scooter visuellement réussi, qui trouve facilement sa place même au milieu des paysages champêtres.
Sur le guidon, on retrouve les indispensables clignotants, un switch pour modifier le niveau d’éclairage, un klaxon, un bouton pour les warning, un régulateur de vitesse, sans oublier un bouton de démarrage (vert), au-dessus duquel se trouve le sélecteur de modes. On peut également faire des appels de phare via un petit bouton dédié, situé vers la poignée de frein arrière. Côté pneus, on est ici sur des roues de 12″, avec du 120/70 à l’arrière, et du 90/90 à l’avant.

L’électrique au quotidien : douceur, silence et punch à basse vitesse
Là où le Niu NQi Sport impressionne, c’est sur le terrain. Dès les premiers tours de roue, on sent tout le confort de l’électrique. Le scooter démarre sans effort, dans un silence presque troublant, et s’élance avec une souplesse qui ferait rougir nombre de 50 cm³ thermiques.

Silence électrique oblige, sans le bruit d’un moteur thermique pour les couvrir, les petits sons mécaniques (comme ceux des suspensions, d’un frottement des freins, ou encore d’un élément qui se promène dans l’espace de rangement sous la selle ou dans le petit compartiment sous le guidon) deviennent plus perceptibles, et peuvent surprendre au début.
Le moteur Bosch de 1800W (en pic) est loin d’être une bête de course, mais il s’en sort très bien dans les phases d’accélération. En mode “Sport”, le couple est immédiatement disponible et permet de sortir rapidement d’un carrefour ou de doubler un tracteur un peu lent. D’ailleurs, méfiance lors des accélérations avec le guidon légèrement incliné, la réactivité du moteur peut surprendre et déséquilibrer si l’on n’est pas bien préparé.

En milieu urbain, le Niu NQi Sport excelle, enchaînant les trajets courts avec aisance et vivacité. On sent que le véhicule est pleinement à l’aise sur ces chaussées plates, sans réel dénivelé. Mais ce plaisir de rouler en scooter électrique est-il réservé aux citadins ? Pas du tout, même si, en zone rurale, le scooter montre plus rapidement ses limites, notamment sur les montées ou les terrains plus vallonnés, plus accidentés.

En montée, le moteur peut vite avoir tendance à peiner, notamment sur les côtes longues et très pentues, où la vitesse peut baisser sensiblement. Il garde toutefois une excellente constance sur les faux plats et les dénivelés modérés, avec la possibilité de rouler jusqu’à 50 km/h sans difficulté. Bien sûr, tout dépendra également du poids du conducteur, mais avec un poids de 73 kg (ajouté aux plus de 80 kg du véhicule), sur une côte à environ 15%, le scooter peut voir sa vitesse réduite à 20/25 km/h, et sa batterie fondre comme neige au soleil.

A cela s’ajoute un confort forcément plus relatif lorsque l’on évolue sur certaines routes de campagnes un peu bosselées, avec un scooter qui peine un peu à absorber les aspérités de la chaussée. Rien de grave, mais la différence de confort avec un revêtement plus lisse est plus que palpable.

Globalement, le confort est excellent pour un modèle de ce gabarit, la position de conduite est naturelle, et un (petit) passager pourra monter à l’arrière sans transformer l’expérience en supplice. Deux petits cale-pieds peuvent être déployés en cas de besoin, via un simple clic. Enfin, le freinage combiné (avec des freins à disques hydrauliques) est rassurant et efficace, avec un bon mordant à l’avant.
Connecté, pratique, intelligent, mais un peu trop de “sons et lumières”
Autre point fort du Niu NQi Sport : son application mobile, à la fois intuitive et complète. Une fois le scooter connecté, on a accès à une foule d’informations : historique des trajets, état de la batterie, géolocalisation en temps réel, alertes antivol… Pratique pour suivre sa consommation ou être notifié en cas de mouvement suspect. On peut également procéder à certains ajustements si on le souhaite, notamment en ce qui concerne la sensibilité de l’alarme, la possibilité de déverrouiller le coffre à distance, sans oublier un check-up complet du véhicule.

Côté pratique, la batterie est amovible (grâce à une poignée intégrée), et se recharge via une simple prise domestique. Elle est logée sous la selle, ce qui limite malheureusement l’espace de rangement, prévoyez donc un top case ou un sac à dos pour vos courses. Sous le guidon, un petit crochet permet d’accrocher un petit sac, et on peut même profiter d’un double port USB (A et C) pour recharger un appareil.
Ceux qui le souhaitent peuvent également appairer le scooter à leur smartphone via Bluetooth, afin d’accéder au démarrage sans clé. De notre côté, on préfère le démarrage “à l’ancienne“. Outre une béquille centrale, le Niu NQi Sport dispose également d’une béquille latérale, avec un véhicule qui va aussitôt verrouillé la poignée de gaz lorsque celle-ci est abaissée pour éviter tout incident.

“Et l’autonomie dans tout ça ?” Voici sans doute LE point qui fait tiquer. Avec une autonomie réelle d’environ 40/50 km (et parfois moins si les côtes s’enchaînent), le NQi Sport montre vite ses limites pour les trajets prolongés à la campagne, où les distances entre villages peuvent être non négligeables. Notre expérience permet de confirmer les 55 km annoncés par le constructeur (pour le modèle Standard), à condition toutefois de ne pas abuser des montées et du mode Sport.
À titre d’exemple, un trajet de 4,5 km avec une forte montée, effectué à deux, peut faire fondre la batterie de plus de 20%, là où un parcours de 3,5 km sur terrain plat, dans les mêmes conditions de charge, ne consommera qu’environ 4%. Comme tout véhicule électrique, il faut savoir ici adapter sa conduite pour éviter de trop taper dans la batterie. De même, de par son côté “connecté“, le Niu NQi Sport consomme (de manière très modérée) un peu d’énergie même à l’arrêt. Stationné dans le garage le dimanche avec une batterie chargée à 97%, le scooter affiche 91% lorsqu’on le reprend le jeudi. Un point à prendre en considération.

Autre petit bémol : la recharge prend environ 7 heures sur une prise classique (le bloc ayant aussi tendance à chauffer généreusement). Il faut donc anticiper son usage quotidien et ne pas espérer de recharge rapide entre deux rendez-vous. Heureusement, la régularité de la consommation permet d’assez bien planifier ses trajets. Attention toutefois, aux alentours de 15% de batterie, le scooter ne peut être utilisé qu’en mode Eco E-Save, ce qui se traduit par une puissance plus faible et une vitesse de pointe limitée à 25 km/h.

Lors de la recharge, l’écran du scooter peut afficher le temps restant, que l’on peut également retrouver sur l’application. Une fois les 100% atteints, une petite notification vient popper sur notre smartphone. Pratique.

À noter la présence d’un système de régénération au freinage sur ce Niu NQi Sport, qui permet de récupérer quelques précieux pourcents lors de longues descentes (mais uniquement lorsque l’on freine donc). Une aide bienvenue, même si elle reste très modeste et ne compense jamais réellement l’énergie dépensée pour grimper la côte.

En zone rurale, cela signifie que ce scooter conviendra davantage aux trajets réguliers et bien calibrés (maison-travail à moins de 20 km, petits allers-retours vers la supérette ou l’école, petites balades sur les chemins pour apprécier le paysage…) plutôt qu’aux longues virées improvisées.

Dernier détail, et non des moindres : le Niu NQi Sport émet divers petits sons électroniques (à l’allumage, au verrouillage, à la connexion…). S’ils ont le mérite d’exister, ils peuvent s’avérer un brin agaçants (et peu discrets) à l’usage, surtout dans un environnement rural où l’on vient justement chercher un peu de tranquillité. Rien de dramatique, mais on aurait apprécié pouvoir les désactiver (ou à défaut réduire le volume) via l’application.
Notre avis : un compagnon idéal pour les petits trajets ruraux
Après plusieurs semaines à son guidon, le verdict est simple : le Niu NQi Sport n’est pas sans défauts, mais il a le mérite d’assumer son positionnement. Il ne se rêve pas en baroudeur électrique longue distance, mais plutôt en solution de mobilité douce, propre et pratique pour les déplacements du quotidien, même en dehors des villes. Silencieux, agréable à conduire et facile à entretenir, il offre une belle alternative au thermique pour ceux qui ont des besoins simples et réguliers. En milieu rural, à condition de bien gérer son autonomie, c’est également un scooter qui peut avoir toute sa place dans le garage, et qui, à sa manière, réinvente le plaisir de se déplacer au grand air, sans bruit ni émissions.
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Niu NQi Sport
1 999€On aime
- Look néo-rétro
- La conduite, ultra agréable
- Le freinage, efficace et rassurant
- Le petit espace de rangement sous la selle
- La connectivité avec l'application mobile
On aime moins
- Le moteur vraiment juste dans certaines montées
- Autonomie à surveiller de près
- Comptez 7h pour une recharge complète
- Les petits sons électroniques qui peuvent agacer