Sony ne compte pas céder face à la grogne des joueurs, mais le fera-t-il face à la loi ? Le 1er juillet dernier, la firme japonaise a annoncé qu’elle arrêterait totalement la production de jeux physiques à partir de janvier 2028. Une décision brutale qui a suscité la colère des joueurs, mais qui soulève également des questions sur ses pratiques commerciales.
Le sujet dépasse le simple cadre du gaming et devient un enjeu politique à part entière. Selon Level Up, deux parlementaires mexicains, la députée Iraís Reyes et le sénateur Luis Donaldo Colosio, ont annoncé qu’ils allaient déposer une plainte devant la Cour fédérale du Mexique afin d’enquêter sur cette pratique jugée anticoncurrentielle.
Luis Donaldo Colosio s’inquiète en effet des conséquences d’une telle décision, qui conduirait à la disparition des boutiques physiques, encore très présentes dans le pays :
« Des détaillants comme Liverpool, Sanborns et GamePlanet (NDLR : des enseignes locales) ne seraient plus en concurrence pour vendre de nouveaux jeux vidéo, et les marchés de l’occasion et du commerce de jeux, qui sont énormes, disparaîtraient également. Les consommateurs cesseraient de posséder véritablement leurs jeux vidéo. Avec la distribution numérique, on n’achète plus un jeu au sens traditionnel du terme ; on achète une licence, ce qui signifie que l’accès au contenu dépend entièrement des conditions établies par l’entreprise. »
Un gouvernement peut-il faire plier Sony ?
Luis Donaldo Colosio met le doigt sur deux problématiques majeures. La mort du disque signifie la disparition du marché de l’occasion et, par conséquent, celle des magasins spécialisés. Cela permettrait également à Sony de contrôler totalement ses tarifs. Avec une boutique unique et dématérialisée, les prix seraient fixés par le constructeur, et par lui seul. Les bonnes affaires ? Terminées. Il faudrait payer le prix fort pour jouer.
Ajoutons à cela que la disparition du disque pénaliserait de nombreux marchés qui n’ont tout simplement pas accès au PSN. On pense à de nombreux pays d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, mais aussi à certains territoires européens, comme Andorre ou l’Albanie.
Il serait étonnant que la plainte déposée au Mexique fasse changer Sony d’avis, mais elle pourrait en réalité créer un mouvement de fond à l’échelle internationale. Si l’Europe a reconnu son impuissance sur le sujet, certains responsables politiques locaux se sont emparés de la question, notamment dans l’Hexagone. C’est le cas du candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite ouvrir le dossier s’il est élu. Aux Pays-Bas, une association de consommateurs a annoncé attaquer Sony en justice.
Toutefois, aucune mesure contraignante à l’encontre du géant japonais n’a encore été prise par un gouvernement. Face à la grogne, Sony cédera-t-il ?
- Sony met fin à la vente de jeux physiques sur PS5, suscitant l’indignation des joueurs.
- Des parlementaires mexicains prévoient de déposer une plainte contre Sony pour pratiques anticoncurrentielles.
- Cette action pourrait avoir des répercussions sur l’industrie du jeu vidéo et les droits des consommateurs.
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