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Victor Glover, pilote de la NASA sur Artemis 2, écoute « Whitey on the Moon » tous les lundis : voici pourquoi

Chaque lundi, l’astronaute afro-américain Victor Glover écoute « Whitey on the Moon », un poème amer sur les inégalités raciales en Amérique. Ce soir, il décolle pour la Lune.

Ce 1er avril 2026 fera date. Cette nuit, si tout se passe comme prévu, la NASA enverra des astronautes en direction de la Lune pour la première fois depuis 53 ans. Et ce vol s’annonce déjà historique sur plus d’un titre, puisque la fusée Space Launch System (SLS) embarquera Christina Koch, qui deviendra la première femme à effectuer un vol lunaire.

Même son de cloche pour Victor Glover, premier homme de couleur à se rendre aux abords de notre satellites. Une réalité qui était tout simplement impensable lors des missions Apollo, dans une Amérique encore marquée par la ségrégation raciale.

Artemis 2 Equipage 2026 Nasa
L’équipage Artemis 2 avec de gauche à droite : les Américains Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman, et le Canadien Jeremy Hansen © NASA

Ne pas se bander les yeux

Dans ce contexte, Victor Glover a révélé en 2023, alors qu’il venait tout juste d’apprendre sa sélection pour Artemis II, qu’il écoutait Whitey on the Moon (« Les Blancs sur la Lune ») tous les lundis matins en se rendant au Johnson Space Center de Houston, dans le Texas. Ce poème parlé de Gil Scott-Heron, et mis en musique en 1970, dresse un portrait moins connu de la conquête spatiale américaine.

Alors que les États-Unis dépensent des milliards pour conquérir la Lune, Scott-Heron décrit la réalité d’une Amérique noire qui évolue dans des conditions pitoyables, croulant sous les factures et la misère sociale.

Glover, qui a grandi à Pomona, en Californie, ne veut pas oublier d’où il vient. « Ce chant me rappelle qu’à cette époque, cette communauté ne se sentait pas entendue », explique-t-il. « C’est un rappel qu’il existe bien plus de perspectives et bien plus d’histoires que celles que vous entendrez de la part des gens qui applaudissent la NASA en permanence ».

« Mais ces gens-là ? Nous travaillons pour eux aussi », ajoute-t-il. L’astronaute rappelle que la conquête spatiale ne fait pas automatiquement le bonheur de tout le monde. « Je n’ai jamais eu le luxe de ne pas avoir cette perspective. Je suis un homme noir en Amérique », a-t-il confié. « Je vis dans une Amérique qui m’a envoyé dans l’espace, et qui a dit à mon grand-père qu’il ne pouvait pas piloter pendant le conflit coréen, alors qu’il était enrôlé. Nous vivons dans un pays très compliqué ».

Une note d’espoir

Glover, sélectionné en tant qu’astronaute en 2013, cite également les événements du 16 juillet 1969, au moment du lancement d’Apollo 11. Quelques centaines de manifestants, majoritairement noirs, se sont rassemblés aux portes du Kennedy Space Center pour protester contre le financement massif du programme lunaire alors que des familles peinaient à se nourrir.

À l’époque, l’administrateur de la NASA a été à leur rencontre. « À la fin de cette conversation, ce groupe de manifestants a prié pour la sécurité des astronautes », raconte Glover. « Ils ont eu un moment humain. Ils ont parlé, ils se sont entendus, et ont été entendus. Et je pense que c’est une leçon », conclut-il.

  • Ce 1er avril 2026, Artemis 2 s’envole vers la Lune avec à son bord le premier homme de couleur et la première femme à effectuer un vol lunaire.
  • Victor Glover, pilote de la mission, écoute chaque lundi « Les Blancs sur la Lune » de Gil Scott-Heron, un poème sur les inégalités raciales.
  • Objectif : ne jamais oublier que l’espace n’a pas la même résonance pour tous.

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