6 conseils pratiques pour ceux qui veulent créer leur entreprise

La France serait un des pays où la création d’entreprise est la plus facile si l’on en croit le cabinet d’étude Ernst & Young. C’est peut-être pour cette raison que nous sommes de plus en plus nombreux à nous lancer.

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Est-ce une raison pour foncer tête baissée dans l’aventure. Non, bien sûr et voici justement une liste de six conseils qui devraient vous aider à démarrer du bon pied, des conseils tirés de ma propre expérience, aussi perfectible soit-elle.

Avant d’aller plus loin, sachez que cette liste n’est pas pleinement exhaustive. Si vous avez d’autres conseils, n’hésitez pas à compléter cet article par le biais des commentaires qui le suivent.

1. Préparez soigneusement votre business plan.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’une entreprise doit nécessairement reposer sur un projet réalisable, et parfaitement étudié.

Si vous vous lancez sur un secteur très concurrentiel, il faudra être certain d’apporter à vos futurs clients quelque chose qu’ils ne peuvent pas trouver ailleurs, et qui rendra donc votre produit – ou votre service – indispensable.

Mais étudier le marché ne suffit pas. Il faut aussi que votre entreprise vous permette de dégager du chiffre d’affaire. A moins bien sûr que vous comptiez procéder par levée de fonds mais c’est un autre sujet, qui échappe totalement à mon champ de compétences.

2. Consultez plusieurs spécialistes avant de vous lancer.

Avant de vous lancer et de démarrer votre activité, il sera préférable de consulter des spécialistes pour valider votre projet, et aussi pour vous aider à choisir le statut le plus adapté à votre projet.

Ce ne sont pas les solutions qui manquent, bien sûr. La première chose à faire, ce sera ainsi d’aller frapper à la porte de la CCI dont vous dépendez et de prendre rendez-vous avec un conseiller. Il vous aidera à déterminer si votre projet de création est viable.

Ensuite, pour tous les détails pratiques, il vaudra mieux aller voir plusieurs experts-comptables, sans oublier de leur demander un devis. Ils ne vous feront rien payer et ils sauront vous conseiller sur le statut le plus adapté à votre activité.

3. Choisissez le bon statut.

Et on en vient au point le plus délicat, soit le choix du statut. Toutes vos cotisations vont dépendre de ça et autant dire qu’il est préférable de bien réfléchir avant de prendre une décision.

Le gros problème ici, c’est qu’il n’y a pas de réponse idéale. L’auto-entreprise est très bien pour tester une idée ou pour démarrer comme consultant, mais elle montrera rapidement ses limites. Ses plus gros défauts, de mon point de vue, c’est qu’elle ne permet pas de déduire ses charges, ni même de récupérer la TVA. Ce qui peut s’avérer très problématique lorsque vous vendez des services et des produits.

L’entreprise individuelle est un bon statut, sauf si vous envisagez d’embaucher. La SAS et la SARL sont intéressantes, mais pas forcément au départ et encore moins si votre chiffre d’affaire ne vole pas très haut.

4. Constituez vous un petit capital de départ.

Sauf cas exceptionnel, une entreprise a besoin de temps pour se développer et il y aura forcément des mois plus difficiles que d’autres. Parfois, vous aurez aussi à faire face à des impondérables (coucou l’URSSAF, coucou la CIPAV, coucou le dentiste) et vous aurez alors besoin de liquidités.

Avant de monter votre boite, il est donc indispensable de mettre un peu d’argent de côté pour faire face à toutes ces embûches.

Sans ça, vous risquez de vous focaliser sur vos problèmes d’argent et vous éloigner ainsi de ce qui devrait être votre priorité, soit le développement de votre activité et la gestion de votre entreprise. Ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses, bien entendu.

5. Utilisez les bonnes solutions pour gérer votre comptabilité.

Quel que soit votre statut, vous allez forcément avoir besoin d’une solution pour gérer et suivre votre comptabilité. En théorie, il est tout à fait possible de se contenter d’un registre papier, mais ce serait sans doute une grosse erreur de ne compter que là dessus.

Ce ne sont évidemment pas les solutions qui manquent et tout dépend évidemment de votre statut.

En ce qui me concerne, je me suis arrêté sur un service que certain d’entre vous connaissent peut-être puisqu’il s’agit de MonAE. Il me permet de suivre mes achats et mes ventes tout en accédant à des statistiques complètes qui m’aident à mettre mon activité en perspective et à mettre le doigt sur ce qui va bien, et sur ce qui va moins bien. Le tout avec des sauvegardes automatiques vers ma Dropbox.

6. Préparez vous pour l’avenir.

C’est sans doute le plus difficile à faire. Créer une entreprise demande tellement d’énergie et d’investissement qu’il est parfois difficile de prendre du recul et de raisonner sur le moyen et sur le long terme.

Et pourtant, il faut le faire. La vérité c’est que rien n’est jamais acquis et tout peut rapidement basculer si vous n’arrivez pas à anticiper les problèmes et les fluctuations du marché. Ca, et aussi tout ce qui est en lien avec le paiement de vos charges et des différentes taxes associées.

Les auto-entrepreneurs, par exemple, ne sont plus exonérés de CFE en cas de chiffre d’affaire nul. Et pour les autres statuts, ce n’est pas mieux. Ils ne doivent effectivement pas perdre de vue que le plus gros des cotisations tombera la troisième année de l’activité. Autrement dit, ils auront intérêt à mettre de l’argent de côté s’ils ne veulent pas se retrouver dans une situation très inconfortable.

En ce qui me concerne et sur les conseils d’Eric, j’applique une règle simple : pour chaque euros de chiffre d’affaire, je ne me verse que 0,50€, le reste étant mis de côté pour l’URSSAF, le RSI et tous ces joyeux organismes.


22 commentaires

  1. « La France serait un des pays où la création d’entreprise est la plus facile si l’on en croit le cabinet d’étude Ernst & Young. »
    Je n’avais jamais lu une ânerie pareille ! Non mais sans blague on parle de notre pays à nous ? Les mecs ils se prétendent un des meilleurs cabinets du monde et voilà ce qu’ils nous pondent … Quelqu’un a du payer cher pour avoir une étude pareille ! Ils ont qu’à venir en France et contacter le RSI on verra s’ils changent pas d’avis.
    Ps : je ne remet pas cause presse citron mais juste Ernst & Young.

  2. Je suis assez d’accord avec le commentaire précédent. Ormis le statut d’auto entrepreneur, il n’est pas aisé de créer sa propre entreprise en France. Sans compter les charges qui arrivent on ne sait d’où (CIPAV, RSI sont les pires) et qui s’appliquent sans minimum de CA par défaut. C’est à nous de prouver qu’on ne doit pas payer. Il faudrait des charges nulles (ou symboliques) en deça d’un certain CA, des statuts en ligne pré-rédigés et pré-validés, (mais les cabinets de gestion vont manifester).

    Aussi, le terme Business Plan me semble assez vieillot dans une économie moderne et numérique. Quand on sait que certains concours vont de l’idée à la première vente en moins d’une journée, le terme « concept » ou « idée » me semble mieux adapté. Voir « the lean startup » en référence.

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  4. Eric

    @Damien : je comprends votre réaction, j’aurais eu la même, mais objectivement, créer une entreprise est devenu effectivement très simple en France.
    Mais on parle bien de créer, ça c’est presque une formalité (même si ça reste encore plus simple en Angleterre ou dans de nombreux autres pays). Cela étant simple ne veut pas dire gratuit. Les simples formalités de création coûtent déjà un peu d’argent.
    Mais en revanche, là où ça se complique c’est après, juste après, une fois que la boite est créée. Là ça devient effectivement compliqué, onéreux, et souvent délirant en termes de taxes et de procédures administratives.
    Donc créer, oui, simple, faire grandir, très très compliqué…

  5. Pour avoir créé une auto-entreprise l’année dernière, il suffit de quelques cliques et d’envoyer les justificatifs. Les démarches sont simples et assez rapides. Les déclarations sont également simplifiées : tout se fait en ligne via un site internet. Si on prend en compte ce statut, l’étude ne me semble pas invraisemblable.

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  9. La création est devenue effectivement simple (quand les greffes du TC ne sortent pas : « On a un problème informatique on ne peut pas ouvrir les PDF ») Si si je vous promets je l’ai eu…
    Après, la procédure comporte encore des étapes qui sont d’un autre âge et parmi elles : la fameuse annonce légale. Certainement une énième exception culturelle qui fait qu’on entretient les journaux avec cette fameuse annonce exorbitante et qui n’a aucun intérêt avec internet, si ce n’est se faire spammer dès le départ par les mutuelles et autres organismes avec des noms bizarres.

    Enfin, même si je suis d’accord avec une grosse partie des points, il y a beaucoup de « Préparez-vous ». Au bout d’un moment il ne faut plus penser et se lancer sinon on finit par tout planifier et après ne plus rien faire.

  10. @Damien, je ne crois pas qu’il y ait de rapport entre la création d’une entreprise et le RSI. Ces derniers sont nul et leur incompétence est connu de tous, donc j’imagine des futures créateurs. En choisissant simplement le statut de SAS (SASU) vous restez affilié à la SECU et si vous avez des baloches en béton, il y a aussi la solution d’opter pour une assurance privé.
    Quoiqu’il en soit, créer une société est effectivement très simple en France.
    Moi ce qui m’inquiète dans l’article c’est le point 1 : le business Plan ? aucun intérêt, à mois qu’il ne s’agisse du business modal canvas, le seul qui ait du sens. A mon avis.

  11. Je pense que l’on pourrait sortir une étude Qui nous dirait que le désert du Sahara est l’endroit où l’on sème du blé le plus facilement. Et ce ne serai pas faux. Mais comme le dit @eric c’est le après qui est important. Car après avoir créé une société et monté plusieurs projets. Le après me fait regarder l’autre côté de la manche de plus en plus souvent.

  12. Dans le cas d’auto-entreprise:

    Non c’est pas compliqué: c’est simple comme remplir un unique formulaire en ligne. 15 jours plus tard on a un SIREN et on peut commencer l’activité, sans autre besoin (d’enregistrement légal notamment).

    Non on n’a absolument pas besoin d’un service payant comme monAE: une simple feuille excel est alègrement suffisante pour recenser les achats dépenses.

    Non, on n’a pas de problème de TVA quand on vend du service vu qu’on ne le facture pas. Le problème de TVA non récupéré ne s’applique que lors des achats, et quand on vend du service on n’achète pour ainsi dire rien (un consultant en info, il n’a à peu près besoin que d’un ordi qu’il possède déjà).

    Non on n’a pas besoin d’avoir de l’argent de côté pour certaines activités (typiquement le consulting en info). D’autant moins quand on créé une entreprise comme activité secondaire, avec toutes les charges (cotiz sociales, prévoyance, retraite) déjà ponctionnées sur l’activité principale. Les charges sont un pourcentage du CA généré.

    Non le CFE ne coûte pas cher: déjà ce n’est valable qu’à la troisième année et c’est un montant ridicule: de l’ordre d’un forfait de 75 euros par an.

    Et au passage, oui on peut désormais faire une auto-entreprise tout en protégeant son patrimoine personnel, en optant pour l’option EIRL.

  13. Je suis d’accord avec quasiment tout ce que dit @BRAZOMYNA, cependant je pense qu’un petit capital de départ ne fait pas de mal. C’est important en cas de dépense imprévue, ne serait-ce qu’un ordinateur qui rend l’âme.
    Pour ce qui est d’un logiciel de facturation (monAE), en entreprise individuelle ce n’est effectivement pas obligatoire, mais ça peut aider.
    En SARL ou SAS en revanche, la comptabilité devient plus compliquée. À ce moment là, un comptable en ligne comme http://www.dougs.fr peut offrir des tarifs hyper compétitifs.

  14. Eric

    Concernant la comptabilité, je pense que vouloir faire des économies en ne prenant pas d’expert-comptable est un mauvais calcul.
    Pour toutes mes sociétés j’ai toujours eu expert-comptable (et maintenant commissaire aux comptes), toujours le même depuis une quinzaine d’années et je ne peux que m’en féliciter.
    Car au-delà de la compta, ce qui est déjà compliqué pour une SARL, même de services, un bon expert-comptable apporte ses conseils, son expertise, ses prestations juridiques, et surtout l’anticipation qui est fondamentale pour une bonne gestion. Par exemple je sais à l’avance au centime près ce que je vais devoir payer au RSI à N+1, avec un échéancier etc.
    Du coup en plus de 12 ans je n’ai jamais eu le moindre souci avec les différents organismes, notamment le RSI (ok je dois être le seul et je ne suis pas à l’abri que ça arrive).
    Vraiment, pour 5000 euros/an, c’est totale tranquillité assurée, ça vaut vraiment le coup, et je ne fais pas une seule paperasse, rien, je me contente de transmettre factures et documents et il se charge de tout. C’est aussi très bon pour la productivité.

  15. « Concernant la comptabilité, je pense que vouloir faire des économies en ne prenant pas d’expert-comptable est un mauvais calcul. »

    Pour une SA(RL), évidemment. Pour une AE, certainement pas.

    « je pense qu’un petit capital de départ ne fait pas de mal. »

    Tout dépend de l’activité. Un consultant en info a un portable pour 200 ou 300 euros sans souci. Quelqu’un qui veut faire du commerce (achet-revente) de produit a besoin de fonds pour constituer un stock.

    Bref, cet article propose des conseils qui n’en sont pas: les besoins et les points sur lesquels il faut porter son attention diffèrent tellement d’un type d’activité ou de structure juridique à une autre que vouloir faire un tel billet ‘fourre tout’ devient totalement inutile.

  16. @BRAZOMYNA : Je précise ma pensée. Aller consulter un expert comptable avant de se lancer, c’est aussi être sûr de choisir le statut adapté à son activité. L’AE est très bien, mais pas dans tous les cas et pas quand on a beaucoup de charges puisque ces dernières ne sont pas déductibles.

    Le pécule de départ, ce n’est pas pour acheter du matériel, c’est simplement pour pouvoir faire face à des mois creux sans se mettre trop la pression. Se lancer avec zéro économies, perso, je ne l’aurais jamais fait.

    Et attention, je ne parle pas d’activité complémentaire dans mon article.

  17. « Et attention, je ne parle pas d’activité complémentaire dans mon article. »

    Le vrai problème c’est que vous parlez de tout zr de rien dans l’article
    Il y a un monde entre la complexité de création et de gestion d’une SA, comparée à une AE.
    Il y a un monde entre une boite qui conçoit et vend un produit et pour laquelle un business plan edt indispensable, et un consultant qui ne dépend quasi que de son carnet d’adresse.
    Il y a 20%, soit un océan de rentabilité entre un business qui mange 80% de CA dans ses charges et le consultant qui en a 3%.
    etc…

    Vous ne faites aucun distinguo, ce qui vous amène à parler de différents points dans un fourre-tout dont la valeur ajoutée, si l’on excepte le titre à clic, est proche du néant puisqu’il est impossible pour l’entrepreneur potentiel de savoir si le remplissage que constitue cet l’article s’appliquerait à son cas ou pas.

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  19. L’article résume bien les grandes lignes à étudier avant de se lancer en tant qu’entrepreneur. Le problème est cependant toujours le même : Les solutions de gestion comptable sont nombreuses sur le marché et parfois totalement inadaptées aux AE et TPE. Comment être bien conseillé et s’y retrouver parmi toutes ces offres ?

  20. @REMY : J’ai monté mon AE en 2009. Je me suis tout de suite dirigé vers la solution MonAE qui m’a accompagné durant pas mal d’année. J’ai créé une entreprise individuelle en janvier 2013. J’ai conservé la même solution, en effectuant la migration sur mon compte et en lui précisant mon changement de statut. Je n’ai pas eu de souci particulier.

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