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J’ai testé le vélo électrique ENGWE E26 3.0 Pro : gros bras et petit prix

Depuis quelques années, tout le monde veut son SUV. Les constructeurs auto l’ont bien compris, et voilà que les fabricants de vélos électriques s’y mettent à leur tour. ENGWE, le constructeur chinois qui s’est fait un nom à coups de tarifs plancher, dégaine son modèle phare 2026 : l’E26 3.0 Pro, un vélo qu’il présente comme un « eSUV ». Traduisez : le confort d’un vélo de randonnée, l’aplomb d’un tout-terrain et une pincée de technologie connectée par-dessus.

Au menu, un moteur central de 100 Nm, une suspension intégrale, une batterie de 720 Wh et un tarif de lancement de 1 899 euros quand les références du genre, façon Haibike, franchissent allègrement les 3 000 euros.

Sur le papier, l’affaire est belle. Mais un eSUV, ça pèse son poids, au propre comme au figuré. Ce vélo tient-il ses promesses une fois la roue posée sur le bitume ? Afin de le savoir, on l’a testé pendant un mois.

Découvrir l’Engwe E26 3.0 Pro

Un vélo qui pèse

Première chose à savoir : on ne déballe pas ce vélo tout seul, ou alors on le paye de ses vertèbres. L’E26 3.0 Pro est lourd, très lourd et le sortir de son carton relève de la manœuvre à deux. Une fois debout, en revanche, l’objet en impose pour de bon. Les soudures ne sont pas apparentes, les formes sont joliment arrondies, et la finition générale respire le sérieux. On est loin de l’assemblage cheap que l’on pourrait redouter à ce niveau de prix.

Le cadre en aluminium à suspension intégrale affiche une vraie personnalité sans tomber dans le m’as-tu-vu. L’intégration de la batterie dans le tube diagonal est particulièrement réussie. Bref, l’E26 3.0 Pro est un vélo solide.

ENGWE E26 3.0 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Le revers de cette solidité, c’est son poids : 30,2 kg à vide, 34 kg avec la batterie. Autant dire qu’il vaut mieux avoir un garage de plain-pied, parce que trimballer la bête dans un immeuble sans ascenseur tourne vite au cauchemar.

Assemblage aisé

Une fois passé l’épreuve du carton, le montage s’avère plutôt simple. Le vélo est accompagné d’une trousse à outils contenant tout le nécessaire afin de terminer l’assemblage. Roue avant à fixer, guidon à remettre dans l’axe, pédales à visser, garde-boue et derniers réglages de selle : rien de sorcier, ni d’insurmontable pour un non mécanicien.

ENGWE E26 3.0 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

En suivant la notice, ou mieux, les vidéos de la chaîne YouTube du constructeur, on s’en sort sans accroc. Bon point au passage pour ces tutos vidéo : ils sont bien fichus et nettement plus clairs que le manuel papier. Il m’a fallu quarante minutes pour tout boucler, seul.

Dès le vélo sorti du carton, mettez la batterie à charger. Elle longue à faire le plein, et autant prendre de l’avance. Le chargeur rapide de 4 A la remplit en environ quatre heures, ce qui reste raisonnable. Il est assez volumineux (tout comme la batterie) est ce ne sont pas exactement un accessoire qui se fait oublier au fond d’un sac ou d’une sacoche…

Un moteur central puissant et efficace

Pour l’E26 3.0 Pro, ENGWE abandonne le traditionnel moteur arrière pour un modèle central Mivice X700 de 250 W, capable de délivrer jusqu’à 100 Nm de couple et 450 % d’assistance. Sur le terrain, j’ai passé l’essentiel de mes sorties sur les niveaux d’assistance 2 et 3, plus rarement 4 ou 5, réservés aux montées un peu sérieuses.

ENGWE E26 3.0 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Un moteur central, ce n’est pas qu’une ligne destinée à faire joli sur une fiche technique : il descend le centre de gravité, améliore la motricité et rééquilibre l’ensemble du vélo. Sur un eSUV de cette catégorie, ce choix est judicieux. L’assistance s’avère progressive et évite les désagréables à-coups que l’on rencontre sur certains modèles d’entrée de gamme. Lorsque cela grimpe un peu, le moteur reste aussi régulier qu’une horloge suisse et j’oublie presque que je suis assis sur un vélo pesant 35 kg.

Côté transmission, on retrouve un dérailleur Shimano à 8 vitesses et des freins à disque hydrauliques de 180 mm. Le freinage progressif est agréable et l’arrêt d’effectue rapidement malgré le poids de l’appareil. A aucun moment je n’ai eu l’impression d’être mis en danger par un freinage approximatif, y compris dans une descente un peu raide. En ce mois de juillet caniculaire, il ne m’a pas été possible de trouver à Paris une route humide afin de tester le comportement dues freins dans cet environnement.

La double suspension fait le job

La fourche avant offre 80 mm de débattement réglable avec blocage hydraulique, l’arrière mise sur un amortisseur pneumatique de 30 mm couplé à une biellette à quatre bras. Sur le papier, c’est du sérieux pour un vélo à ce tarif. Sur la route, l’ensemble tient ses promesses : la double suspension est efficace, elle gomme les irrégularités et filtre correctement les secousses des revêtements dégradés.

On sent que le constructeur n’a pas simplement collé un amortisseur arrière pour gonfler l’argumentaire. Le confort est réellement au rendez-vous, et c’est sans doute ce qui justifie le plus l’étiquette eSUV. J’ai pu le vérifier en baroudant un peu sur les prairies du bois de Vincennes, sur ses pistes en terre battue ainsi que sur le bitume parfois médiocre des petites rues des communes de banlieue.

Une autonomie réelle correcte, mais pas extraordinaire

Parlons chiffres, et surtout parlons vérité. ENGWE annonce jusqu’à 135 km d’autonomie avec sa batterie de 720 Wh. Ce genre de résultat est obtenu dans des « conditions de laboratoire », avec un conducteur léger, sur un terrain plat, un vent favorable et une assistance électrique modérée.

Dans la vraie vie, celle où j’utilise ce vélo pour me déplacer dans des conditions qui n’ont rien de celle d’un labo, les chiffres sont  nettement moins flatteurs. Je suis grand et je pèse 110 kg tout équipé. Avec ce gabarit, et en restant principalement sur les niveaux d’assistance 2 et 3, j’ai bouclé 65 km sur une charge. C’est deux fois moins que la promesse maximale, mais c’est aussi parfaitement logique compte tenu du poids embarqué et du profil vallonné. Pour un cycliste plus léger et roulant en assistance douce, les 100 km me paraissent tout à fait atteignables.

La batterie est amovible et se retire du cadre grâce à une serrure à clé. Si vous n’avez pas de prise à portée de guidon, vous la débranchez et vous la rechargez tranquillement à la maison. À défaut d’être légère, elle est pratique : c’est déjà ça !

GPS, 4G et une alarme un trop discrète

La partie connectée est complète : GPS, connexion Bluetooth et surtout 4G intégrée. Cette connectivité cellulaire permet de localiser le vélo à distance, où qu’il soit, sans dépendre de la portée du Bluetooth. La première année d’abonnement 4G est comprise dans le prix d’achat, puis il faudra ensuite compter une quarantaine d’euros par an.

En pratique, la localisation fonctionne bien et l’application ENGWE, qui centralise statistiques de conduite, suivi du vélo et réglages, fait correctement le boulot. Les dispositifs de sécurité, alarme de mouvement en tête, sont là et remplissent leur office. Un petit bémol tout de même : on aurait aimé que l’alarme soit un poil plus forte. Elle déclenche bien à la moindre manipulation suspecte, mais son volume manque un peu de coffre pour vraiment faire fuir un voleur pressé. Dernier détail qui compte quand la nuit tombe : l’éclairage avant et arrière est efficace, et les flancs réfléchissants des pneus 26 × 3,0 pouces ajoutent une visibilité bienvenue.

Un mot, enfin, sur l’écran. La dalle LCD de 3,5’’ reste parfaitement lisible même en plein soleil, ce qui n’est pas si courant. Il affiche en permanence l’état du véhicule et fournit une aide à la navigation. Lorsqu’il est couplé à l’app compagnon. La destination est définie sur le smartphone, puis l’écran affiche les indications de navigation.

Découvrir l’Engwe E26 3.0 Pro

Mon avis sur l’ENGWE E26 3.0 Pro

L’E26 3.0 Pro est un vélo cohérent, bien fini et généreusement équipé, qui apporte à la catégorie eSUV un tarif qu’on n’y voit pas souvent. Le passage au moteur central, la double suspension efficace, l’écran lisible en plein soleil et une connectivité complète GPS-4G en font un compagnon polyvalent, aussi à l’aise en ville que sur les chemins.

À 1 899 euros en prix de lancement, contre 2 099 euros en prix conseillé, il vient chatouiller des références qui coûtent souvent 1 000 euros de plus, à commencer par les modèles premium façon Haibike. Le rapport équipement-prix est, sans conteste, son meilleur argument. Petite récompense pour les acheteurs de la première heure : jusqu’au 12 août, ENGWE assortit le lancement d’un bonus de 418 euros (200 euros de remise immédiate et 218 euros d’accessoires offerts).

Reste deux ombres au tableau, à connaître avant de passer à l’achat. Le poids, d’abord : 34 kg, c’est un mur dès qu’il faut porter le vélo, et un critère éliminatoire si votre quotidien rime avec escaliers. L’alarme, ensuite, un peu trop discrète pour rassurer pleinement sur un engin de cette valeur. Si ces deux points ne sont pas des obstacles pour vous, alors l’E26 3.0 Pro mérite très sérieusement de figurer sur votre liste : c’est l’un des eSUV les mieux placés du moment.

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ENGWE E26 3.0 Pro

2099 euros
8.4

Design & ergonomie

8.5/10

Moteur & conduite

8.5/10

Autonomie

8.0/10

Connectivité & sécurité

8.0/10

Rapport performance-prix

9.0/10

On aime

  • Finition soignée
  • Double suspension efficace
  • GPS + Bluetooth + 4G
  • Prix

On aime moins

  • Très lourd
  • Volume de l'alarme trop faible
  • Chargeur encombrant