Article rédigé par Jean Lançon, copywriter, blogueur et auteur de plusieurs livres L’on aurait tort de vouloir enterrer l’e-mail, ou de le reléguer au second plan. Contrairement à la plupart des médias sociaux, l’e-mail est véritablement un outil d’utilisation quotidienne. Il est d’autant plus familier à chacun qu’il sert aussi bien à adresser un devis

Article rédigé par Jean Lançon, copywriter, blogueur et auteur de plusieurs livres

L’on aurait tort de vouloir enterrer l’e-mail, ou de le reléguer au second plan. Contrairement à la plupart des médias sociaux, l’e-mail est véritablement un outil d’utilisation quotidienne. Il est d’autant plus familier à chacun qu’il sert aussi bien à adresser un devis à un client, à solliciter l’aide d’un ami pour un problème particulier, à prendre un contact en vue d’un partenariat, ou encore à envoyer les photos du nouveau-né à votre cousin germain résidant en Patagonie.

email [rédacteur invité] Les enjeux du marketing par e mail en 2011

Il serait sans doute un peu imprudent d’aborder la question du marketing par e-mail sans rappeler succinctement ce qu’est le marketing : la mise en œuvre d’une communication stratégique dans le but de déclencher une action chez la personne qui reçoit le(s) message(s). Cela s’applique aussi bien au commerce qu’au milieu associatif. Et au-delà de ça, même si, sans statut particulier, vous participez à une noble cause (pétition, class action etc.), votre but étant de recruter des participants, il vous faudra bien un minimum de stratégie de communication pour les convaincre de s’y joindre.

Le marketing par e-mail a ceci de particulier qu’il permet une relation sans doute beaucoup plus personnalisée que les autres formes de marketing, du moins sur Internet. En se basant sur des critères objectifs, le marketing par e-mail permet notamment d’adresser des messages les plus ciblés possible à chaque destinataire. Par exemple, vous aborderez peut-être votre prospect selon qu’il est un homme ou une femme, qu’il a moins de 25 ans ou au contraire plus de 50, etc. De ce fait, il est un peu la version dématérialisée des mailings qui, encore de nos jours, emplissent nos boites aux lettres.

Néanmoins, il y a une différence fondamentale : quelle que soit la nature du courrier qui vous est adressé, votre facteur vous le déposera (sauf s’il est en grève, évidemment). Dans des conditions normales, tout courrier vous étant adressé arrivera dans votre boite aux lettres. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas quand il est question de marketing par e-mail, et là encore, cela dépend avant toute chose de la stratégie marketing en elle-même.

Le volume global des spams double chaque année

Le spam n’est pas un phénomène nouveau ; je crois même pouvoir dire qu’il est né quasiment à l’instant-même où Internet s’est ouvert au grand public. Notons juste une chose : malgré tous les moyens mis en œuvre pour le contrer, il ne cesse d’augmenter. Entre 2009 et 2010, son volume a doublé. Il a décuplé entre 2005 et 2010. Et peu de choses, en vérité, sont susceptibles d’enrayer cette progression, toujours constante.

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre le spam sont, essentiellement, les filtres anti-spam. De nos jours, aucun fournisseur de mail ne pourrait espérer fournir une boite aux lettres électronique à quiconque sans l’assortir d’un dispositif d’éradication du courrier indésirable. Cela répond tant à une question de satisfaction du client, qu’à des raisons économiques, notamment les surcoûts en équipements et en bande passante qu’un tel volume de messages impose.

De ce fait, il est devenu de plus en plus fréquent que des expéditeurs « légitimes » soient traités de la même façon que les spammeurs. Entendons-nous bien : nous considérons ici qu’un expéditeur est légitime dès lors qu’il n’adresse ses e-mails qu’à des personnes qui ont sciemment accepté – voire expressément demandé – de les recevoir.

Mais qu’est-ce qu’un spam, exactement ?

En 2011, il faut sortir des stéréotypes, et cesser de penser qu’un spam, c’est ce genre de message envoyé en vrac et qui vous propose d’importer des pilules bleues de Russie. De nos jours, est un spam tout e-mail perçu comme tel par son destinataire. Ce qui, de fait, retire absolument toute valeur – hormis sur le plan éthique – à la notion d’opt-in (souscription volontaire et confirmée à une newsletter). Il suffit que votre destinataire soit de mauvaise humeur, ou qu’il se soit désintéressé du sujet pour lequel vous lui écrivez, ou encore que vous commettiez la maladresse de lui parler d’un sujet un peu trop différent de celui qui le concerne, et vous devenez à ses yeux un spammeur. Et s’il clique sur le bouton « ceci est un spam » à la réception de votre message, et que cela se reproduit auprès d’un certain nombre de destinataires, vous devenez aussi, pour les fournisseurs de mail, un « véritable » spammeur.

Récemment, l’institut ReturnPath, le plus réputé au monde dans la gestion de la délivrabilité des e-mails, a conclu un rapport qui fait ressortir qu’en Europe, 18% des e-mails envoyés n’arrivent jamais à destination : c’est-à-dire ni dans la boite de réception, ni même dans le dossier « courriers indésirables ». Parallèlement, un groupe de marketeurs européens très expérimentés a mesuré que le taux de lecture globale des e-mails commerciaux est inférieur à 11%.

Cela signifie qu’au-delà de certaines considérations purement techniques, voire parfois « administratives », le comportement et la stratégie sont au cœur-même de la notion de délivrabilité. Et qu’une mauvaise connaissance des pratiques adaptées aux enjeux actuels pour transformer une campagne marketing en apparence séduisante, en un authentique cauchemar.

Quelques bonnes mesures à prendre

En 2011, il n’est plus envisageable de faire du marketing par e-mail comme on en faisait encore en 2009, voire en 2010. Véritablement, les enjeux ont considérablement changé. Alors, que faut-il faire pour ne pas être considéré comme un spammeur ? Je vous livre ici quelques points qui me semblent essentiels. Il serait impossible de tout lister ici, car j’en ai fait un livre de plus de 100 pages. Mais au moins, voici quelques approches, cinq pistes de réflexion :

1.       Construisez vos e-mails, non seulement pour qu’ils soient lus, mais pour que les destinataires interagissent : lien cliquable, appel à réponse, etc. Plus il y aura d’interaction de la part des destinataires de vos mails, meilleure sera votre réputation auprès des fournisseurs d’e-mails.

2.       Faites participer vos lecteurs : essayez d’en savoir le plus possible sur eux et sur leurs attentes. Et affinez vos messages en fonction de ces critères. Plus vous ciblerez, meilleure sera votre réputation, et mieux vous vendrez (ou plus généralement : mieux vous déclencherez l’action).

3.       Positionnez toujours vos propositions au cœur du motif pour lequel vos abonnés se sont inscrits. Si vous vendez des voitures et que tel destinataire a manifesté son intérêt pour une Porsche, inutile d’essayer de lui fournir une Lada. Ni même une Rolls-Royce.

4.       Soignez le rythme d’envoi de vos e-mails. Trop de mails, trop souvent, causeront généralement un effet de saturation. Trop peu de mails, en revanche, risquent de rompre le lien entre vous et vos abonnés.

5.       Cessez d’écrire aux personnes qui ne lisent plus vos e-mails, ou qui n’interagissent plus avec eux. Non seulement ces personnes ne sont manifestement plus intéressées par votre discours, mais un message de trop pourrait les conduire à cliquer sur « ceci est un spam ». N’hésitez pas à les effacer de votre liste d’envoi.

Comme je l’ai dit, cette petite check-list est très loin d’être exhaustive. Il faudrait encore évoquer votre configuration technique, l’historique de votre adresse IP et de vos noms de domaines, les serveurs d’envoi de mails, les DNS, et même votre identité sur le web. Il est donc strictement impossible d’être exhaustif sur un article de blog.

Néanmoins, les quelques conseils fournis plus haut devraient vous éviter le pire des scénarios : celui de vous retrouver, du jour au lendemain et sans préavis, blacklisté au niveau des dispositifs anti-spam.

[1]le dernier livre de jean Lançon, Autorépondeurs Délivrabilité Maximale, a été salué par les plus grands professionnels du marketing par e-mail.

 [rédacteur invité] Les enjeux du marketing par e mail en 2011
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.