La plupart des internautes qui effectuent régulièrement des recherches avec Google – mais c’est vrai aussi avec d’autres moteurs – l’auront probablement remarqué : certaines requêtes parmi les plus courantes retournent la plupart du temps des résultats  en provenance des mêmes sites. Soit, pour faire simple, une bonne dizaine de sites qui sont devenus en

La plupart des internautes qui effectuent régulièrement des recherches avec Google – mais c’est vrai aussi avec d’autres moteurs – l’auront probablement remarqué : certaines requêtes parmi les plus courantes retournent la plupart du temps des résultats  en provenance des mêmes sites.

allocine Pour Google, le web français se limiterait il à une dizaine de sites ?

Soit, pour faire simple, une bonne dizaine de sites qui sont devenus en quelques années des mammouths de l’internet français sur leur thématique, trustant systématiquement les premières places sur un champ lexical donné.

SEO is king

Ainsi si vous ne savez pas exactement ce à quoi correspond une stratégie de SEO (Search Engine Optimization – Optimisation pour les Moteurs de Recherche) en béton armé, tapez n’importe-quel terme médical dans Google et regardez les résultats : il y a de fortes chances pour que Doctissimo arrive sinon en première position, sinon au moins une fois dans les 5 premiers résultats de la première page. Vous voyez maintenant ?

Doctissimo n’est évidemment pas un cas isolé, mais finalement les sites qui squattent systématiquement le haut de mes pages de résultats Google en réponse à certaines requêtes ne sont pas aussi nombreux que cela. A tel point que cela en deviendrait lassant, et que sans remettre en cause la pertinence des algorithmes de Google, on pourrait presque s’interroger sur celle-ci dans certains cas de figure. Ou sur la capacité de certains référenceurs à tirer toutes les ficelles en vue d’utiliser ceux-ci en leur faveur.

Paradoxalement, le tableau ci-après montre que, selon Alexa, les sites les plus présents dans les résultats de recherches ne figurent pas nécessairement dans le Top 100 des sites les plus visités. Question de thématique.

Autre élément intéressant à souligner : si une recherche sur un nom de chanteur, notamment francophone, renvoie presque systématiquement dans les 3 premiers résultats un résultat avec Deezer, ce n’est pas le cas avec un nom de chanson. Saisissez un titre anglo-saxon (et meme français, souvent) dans Google et le premier résultat ne pointe pas sur un site de musique mais sur une vidéo… YouTube.

Le top 10 des cadors du SEO est facile à établir. Même s’il ne serait pas pertinent ici de faire un classement, on peut cependant jouer avec quelques mots, qui avec la magie des moteurs de recherche deviennent des mots-clés :

Mot, terme, expression saisie
Site le plus fréquent dans les 5 premiers résultats de Google
Date de création (nom de domaine et/ou site)
Classement selon trafic

(source : Alexa)

Titre de film, nom d’acteur
Allociné
www.allocine.fr
1997 / 1997
24
Terme médical, maladie, nom de médicament
2000 / 2000
44
Terme informatique, bug, problème PC
Comment ça marche
www.commentcamarche.net
2000 / 1999
17
Référencement, SEO, pagerank
2002
Pas dans le Top 100
Recette, cuisine, gastronomie
1999 / 1999
Pas dans le Top 100
Achat vente immobilier
1998
Pas dans le Top 100
Carte cadeau, ecard, carte anniversaire
1999
Pas dans le Top 100
Nom de chanteur
2007
26
Avis consommateur
2000
Pas dans le Top 100

Des points communs déterminants

D’où provient cette domination sans partage ? Des compétences en référencement des éditeurs de ces sites, assurément, mais pas seulement. S’il suffisait d’avoir dans ses équipes un spécialiste du SEO pour régner en tête des résultats des moteurs de recherche sur n’importe-quelle thématique cela se saurait.

Concernant ces exemples, une observation un peu plus détaillée fait ressortir des points communs à tous ces sites :

  • l’ancienneté du site et du nom de domaine. Si l’on regarde l’antériorité des noms de domaine, à condition que le Whois nous fournisse l’information, on constate que la plupart existent depuis une période située entre 7 ans et 12 ans, soit pour les plus anciens (Allociné, 1997) la préhistoire du web. Deezer constitue une exception : le site n’existe que depuis 2007 mais le nom de domaine était déjà enregistré en 2001. Il a seulement été racheté par le site que l’on connait aujourd’hui après avoir traîné de longues années entre différents parkings de noms de domaines.
  • la densité du contenu. La plupart de ces sites sont bâtis sur un modèle sinon similaire, du moins comparable : un contenu dense et mis à jour quotidiennement, presque encyclopédique, un forum, une communauté importante et pour la grande majorité d’entre eux un contenu dont une grande partie est générée par les internautes. C’est d’autant plus flagrant sur Seloger.com ou encore Ciao.fr.
  • la spécialisation. Chacun de ces sites est devenu une référence dans son domaine parce-qu’au départ il ne traitait qu’un sujet (Doctissimo avec la médecine, Comment ça marche avec les emmerdes informatiques…). Mais cette théorie peut être aussi contredite par des acteurs comme L’Internaute, également très bien référencé, et qui est à l’inverse un généraliste.
  • le nom de domaine. Ces sites possèdent des noms de domaine qui claquent, et qui sont soit faciles à retenir, soit en adéquation parfaite avec leur thématique. Mention spéciale à Seloger.com  : quoi de plus évident qu’une telle marque quand on cherche à… se loger ? Là encore quelques exceptions : si Ciao est facile à retenir, difficile de voir un rapport immédiat avec les avis de consommateurs. On ne dira jamais assez l’importance du nom dans la réussite d’une marque ou d’une entreprise. Le génie du créateur commence par le bon choix du nom qu’il va donner à son business. On pourrait certainement faire une thèse là-dessus, en tout cas j’en suis personnellement convaincu.

Parlez-vous le Google ?

D’autres paramètres ont largement contribué à façonner le succès de ces sites, qu’il serait trop long d’énumérer ici (backlinks…), mais ceux mentionnés précédemment constituent le socle d’un référencement performant. Autrement dit ils correspondent pile-poil au premiers grands critères de Google. Trop diront certains, soucieux de voir que même avec des algorithmes puissants et malins, Google n’échappe pas à une certaine uniformisation des résultats de recherche où l’on voit émerger une sorte de monopole de quelques acteurs.

Vous noterez à ce sujet que je n’ai mentionné Wikipedia, qui est devenu une sorte de Google bis, arrivant en tête de tous les résultats de recherches.

Tant mieux pour eux, dommage en revanche pour les internautes, mais également pour les concurrents, qui éprouvent d’importantes difficultés à se faire une place au soleil, avec pourtant des contenus de qualité équivalente.