“Des cylindres tombent du ciel ! Des tripodes apparaissent, se mĂ©langent au trafic, les martiens commencent Ă marquer les zones mĂ©tropolitaines avec des rayons de chaleur… Les militaires, milices locales et gardes nationaux s’organisent et attaquent les envahisseurs…”
Si les aliens dĂ©barquaient en 2008, comment l’information se diffuserait-elle ? Rejouant La fameuse Guerre des mondes de 1938 orchestrĂ©e par Orson Welles sur CBS, dont le show radio avait terrifiĂ© l’AmĂ©rique pendant de longues heures, un groupe de membres de Twitter a lancĂ© un fil de discussions Ă©voquant une attaque de vaisseaux extra-terrestres sur l’AmĂ©rique.

Kris Kowal, Ă l’origine du canular explique la dĂ©marche sur son blog : un compte Twitter est créé, http://twitter.com/wotw2, puis Ă l’aide de Gwibber, un script automatisĂ© envoie rĂ©gulièrement des tweets sur diffĂ©rents services, enfin un Google Doc commun est créé pour synchroniser le tout.
Le fil Twitter a Ă©tĂ© lancĂ© le 31 octobre pour Halloween, et… il semblerait qu’il ait fait pssshhiiit, car hormis quelques articles dans la blogosphère US, la mayonnaise martienne ne semble pas avoir vraiment pris.
De lĂ Ă en conclure qu’un bon vieux show radio Ă la mode 1938 serait plus efficace pour soulever les foules que l’un des plus cĂ©lèbres rĂ©seaux sociaux en 2008, n’allons pas trop vite en besogne : les foules en question, tĂ©tanisĂ©es par l’imminence de la guerre Ă venir, et beaucoup moins informĂ©es qu’aujourd’hui, reprĂ©sentaient une proie facile pour un maestro de la mise en scène comme Orson Welles. Qui sait si le mĂŞme show aujourd’hui sur une antenne nationale crĂ©dible ne produirait pas le mĂŞme effet…
Ce qui pose une autre question : la crĂ©dibilitĂ© et le pouvoir de diffusion d’un mĂ©dia. De ce point de vue, Twitter, et les rĂ©seaux sociaux en gĂ©nĂ©ral, mĂŞme s’ils comptent beaucoup plus “d’auditeurs” que la plus grande des stations de radio, sont loin d’avoir acquis la lĂ©gitimitĂ© d’un mĂ©dia traditionnel.
En matière d’extra-terrestres de toute façon, vous connaissez l’histoire : la vĂ©ritĂ© est ailleurs.