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5 choses à savoir sur l’opération vouée à remodeler le secteur bancaire européen

L’italienne UniCredit détient désormais l’allemande Commerzbank à hauteur de 21 %.

Il y a quelques jours, la banque italienne UniCredit a acquis une participation de 21 % dans le numéro 2 allemand du secteur, Commerzbank. L’opération peut sembler anodine, mais elle a le potentiel de marquer une nouvelle ère pour l’écosystème financier du Vieux Continent.

Une méthode peu conventionnelle

UniCredit, dirigée par l’emblématique banquier Andrea Orcel depuis 2021, a premièrement acquis une participation de 9 % dans Commerzbank en septembre. Face aux réactions hostiles suscitées par cette initiative, l’acteur italien a adapté sa stratégie en augmentant sa part à 21 % à travers des produits dérivés.

Commerzbank est fragilisée

Cette offensive de la part d’UniCredit n’est pas surprenante. La capitalisation boursière de la banque italienne est trois fois plus élevée que celle de son homologue allemande, fragilisée par la crise financière. L’État allemand a même été contraint d’intervenir à hauteur de 18 milliards d’euros pour la mettre sur la route du rétablissement.

Commerzbank est donc fragilisée, et en proie à une tentative de rachat plus prononcée de la part du groupe italien.

Berlin fulmine

Cette opération est très mal vue du côté de Berlin. Tout d’abord, en raison de la méthode employée, jugée peu conventionnelle et inattendue. C’est aussi un coup de massue dans un contexte déjà défavorable pour l’économie allemande, rendant le gouvernement particulièrement sensible aux changements dans des secteurs clés.

Commerzbank est d’ailleurs vue comme un symbole de l’économie allemande. Son acquisition par une banque italienne pourrait être perçue comme un affaiblissement du prestige économique du pays et une perte d’influence à l’échelle européenne.

De son côté, le conseil d’administration de la banque mise sur le gouvernement pour la défendre. Les employés, eux, craignent des licenciements massifs.

Andrea Orcel, une main de maître

C’est bien sûr Andrea Orcel qui est derrière ce coup de maître pour UniCredit. Nommé « banquier de l’année » aux Euromoney Awards 2024, il a également été à la tête de la banque d’investissement d’UBS de 2014 à 2018, après avoir accumulé une expérience de 20 ans dans le secteur des fusions et acquisitions chez Bank of America.

Sous son égide, UniCredit est devenue nettement plus rentable, et ce malgré le poids de la dette italienne. La banque a enregistré son quatorzième trimestre consécutif de croissance, tandis que le cours de son action a été multiplié par quatre.

La potentielle naissance d’un géant européen

Reconnu pour ne pas concilier avec les politiques, contrairement à de nombreux autres personnages dans le secteur, Andrea Orcel ambitionne de donner vie à un nouvel acteur banquier paneuropéen. Et il est probable que Commerzbank ne soit qu’une première étape pour, pourquoi pas, faire naître un géant et concurrencer les mastodontes de Wall Street.

Pour l’heure, Orcel tâte le terrain avant de probablement entamer les négociations pour une fusion totale.

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