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Plus de 800 000 morts en une nuit : retour sur le séisme le plus meurtrier de l’histoire

Tout un pan de la Chine impériale a été emportée avec lui.

Dans la nuit du 23 janvier 1556, alors que la majorité de la population dormait, un séisme d’une violence exceptionnelle a frappé la Chine impériale. L’épicentre était situé dans la province du Shaanxi, près de Huaxian (plein centre du pays), mais les secousses ont été si féroces qu’elles ont été ressenties jusqu’à plus de 2 000 km à la ronde.

Les maisons, souvent troglodytiques ou en terre, se sont effondrées sur leurs occupants. Selon les archives officielles de la dynastie Ming, 830 000 personnes ont perdu la vie en quelques minutes. Le séisme de Shaanxi, presque sans équivalent depuis, reste aujourd’hui la catastrophe naturelle la plus meurtrière jamais enregistrée dans l’histoire humaine.

Shaanxi carte
Carte des régions touchées par le séisme de 1556 en Chine. En rouge, la province du Shaanxi, épicentre du tremblement de terre. En orange, les provinces affectées par les secousses. © Roke / Wikipédia

Une nuit de destruction totale

Le séisme aurait atteint une magnitude de moment (Mw) estimée à environ 8 ; il fait donc partie des tremblements de terre les plus puissants jamais enregistrés. Autour de l’épicentre, dans les villes de Huaxian, Weinan ou Huayin, plus rien ne tenait debout : les temples s’étaient écroulés, les maisons complètement écrasées, les murs d’enceinte et les bâtiments administratifs réduits en décombres.

Même le relief local avait changé tant les mouvements tectoniques furent violents. Dans certaines zones, les montagnes s’étaient affaissées, des portions entières de plaine s’étaient soulevées, et le fleuve Wei avait dévié de son cours, engloutissant des terres jusqu’alors habitées. À Weinan, les sommets du mont Wuzhi s’étaient effondrés les uns après les autres.

On rapporta l’apparition soudaine de failles de plus de 70 mètres de profondeur, et des remontées d’eau souterraine avaient jailli violemment à travers les fissures. Certains puits donnaient l’impression de bouillonner : l’eau, propulsée par la pression accumulée sous terre, remontait en tourbillons agités, comme si elle était en ébullition.

Shaanxi ne fut pas la seule province touchée, puisque le tremblement de terre a frappé 185 comtés répartis sur une dizaine de régions. Les secousses ont été ressenties jusqu’au Shanxi, au Henan, au Gansu, mais aussi plus à l’est, dans le Shandong, l’Anhui ou le Hebei.

Au total, la zone de destruction s’est étendue sur près de 900 000 km². Même très éloignées de l’épicentre, certaines villes ont vu leurs habitations s’effondrer, le sol se fissurer, et des pans entiers de relief s’effondrer sous les secousses. Aujourd’hui, on estime que le séisme a été perçu sur plus de deux millions de km², soit presque quatre fois la superficie actuelle de la France.

Pendant plus d’un mois, la terre n’a cessé de trembler, jour après jour, dans les régions de Weinan, Chaoyi ou Huayin. Dans certaines zones, les répliques ont continué durant plus de quatre ans. Deux ans après la secousse principale, un nouveau tremblement de terre a frappé de nouveau la ville de Huaxian, déjà dévastée.

Le séisme de Shaanxi fut une tragique catastrophe géologique, mais à l’échelle du pays, ses conséquences furent aussi politiques. Durant le XVIᵉ siècle, la Chine impériale vivait une époque très rude : famines dévastatrices et tensions ethniques étaient le quotidien de millions de personnes. Le pouvoir en place, celui de la dynastie Ming, sous le règne de l’empereur Jiajing, était affaibli, miné par la corruption et les rivalités internes. L’empire vivait déjà sur des braises, que le séisme a ravivé ; il aura fallu plusieurs décennies pour que le pays se remette pleinement de cette nuit du 23 janvier.

  • Un tremblement de terre d’une violence extrême a bouleversé le centre de la Chine en 1556, détruisant villes, paysages et infrastructures sur des centaines de milliers de km².
  • Les secousses ont duré plusieurs années, aggravant une situation déjà marquée par la famine, les tensions sociales et le déclin administratif.
  • La catastrophe a frappé un État désorganisé, affaibli par les crises sociales.

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