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Test de l’Acer Googlebook 14 : let it cook

Que vaut l’Acer Googlebook 14, parmi les premiers représentants des Googlebook ? Voici notre test.

En mai dernier, Google plantait le dernier clou dans le cercueil de ChromeOS en présentant GooglebookOS. Basé sur Android, ce nouveau système d’exploitation reprend les bases de ce que les Chromebook étaient déjà en ajoutant une bonne dose d’IA générative. Ce changement s’accompagne également d’un repositionnement : adieu les PC à petit prix, bonjour les ordinateurs premium. Un choix audacieux après le succès du MacBook Neo qui a repositionné le prix du laptop « abordable » autour de 700 euros.

Je découvre le Googlebook 14

Quelques mois plus tard, les premiers produits arrivent enfin entre nos mains pour que nous puissions constater ce virage par nous-mêmes. Voici donc notre test complet de l’Acer Googlebook 14, mais aussi et surtout de son système d’exploitation.

Acer Gfooglebook 14 Tablette
© Manuel Castejon / Presse-citron

Prix et disponibilité de l’Acer Googlebook 14

L’Acer Googlebook 14 est disponible depuis la fin septembre 2026 au prix de 1200 euros avec 16 Go de RAM et 256 Go de stockage chez Boulanger. Fnac-Darty propose de son côté la configuration avec 512 Go au même tarif à l’heure de la rédaction de ces lignes.

Ici, pas de puce ARM, mais un processeur Intel Core Ultra 5 325. Une version Ultra 7 355 est en outre disponible sur le site d’Acer pour 1400 euros.

Un ordinateur de qualité

Commençons ce test par ce qui saute aux yeux au déballage : l’Acer Googlebook 14 est un ordinateur bien conçu, aux finitions soignées et à la configuration premium. Niveau design, son châssis en aluminium/magnésium a été travaillé pour offrir une sensation douce et chaude sous les poignets, son capot s’ouvre facilement d’un doigt, sa solide charnière s’ouvre à 360° pour le transformer en tablette et un cache physique de la webcam assure votre confidentialité. Le tout dans un écrin de 13,9 mm d’épaisseur pour 1,14 kg.

Acer Gfooglebook 14 Webcam
© Manuel Castejon / Presse-citron

Pour un notebook, il possède une connectique correcte, sans plus. Sur la gauche vous trouverez deux ports USB-C, dont un Thunderbolt 4, et de l’autre côté un troisième USB-C et un port jack. On aurait apprécié un USB-A pour les anciens périphériques (disque dur, clé USB, manette filaire…) et peut-être un port SD, mais par rapport à un MacBook Air, on a tout de même l’avantage d’avoir de l’USB des deux côtés.

Sur le capot se trouve la Glowbar, un petit trait lumineux servant de signe distinctif pour cette nouvelle lignée de PC Google. C’est mignon, mais totalement inutile puisque situé à l’arrière de l’écran. À l’heure actuelle, cette diode lumineuse a trois utilités : briller aux couleurs de Google quand Gemini se lance pour que tout le monde dans la pièce sache que vous utilisez de l’IA générative, indiquer le niveau de batterie quand vous branchez et débranchez l’alimentation (mais pas pendant le reste de la charge) et enfin consommer de la batterie.

Acer Gfooglebook 14 Glowbar
© Manuel Castejon / Presse-citron

Le clavier comme le touchpad reprennent tout ce que l’on attend sur un appareil de cette gamme. Pour le premier, le rétroéclairage se règle sur 10 niveaux, le rebond est franc et les touches Fn intègrent quelques nouveautés intéressantes comme les trois boutons Android (retour, accueil et multitâche), le plein écran indiqué comme tel ou une touche d’accessibilité personnalisable. Le capteur d’empreintes, compris dans le bouton d’alimentation, pourrait quant à lui être un peu plus rapide. De son côté, le touchpad est large, sa glisse est agréable et le système gère les mouvements à deux ou trois doigts.

De part et d’autre des touches se trouvent deux haut-parleurs. S’ils ne sont pas mauvais, ils n’impressionnent pas non plus, notamment en raison d’un manque de basses profondes. C’est l’équivalent d’une petite enceinte Bluetooth.

On ne peut pas terminer cette section sans parler de son magnifique écran 16:10. Cette dalle Oled tactile de 14 pouces affiche une définition de 2880 x 1800 pixels et un taux de rafraîchissement de 120 Hz. En outre, pour celles et ceux qui nécessitent une bonne précision colorimétrique, Google avance une couverture à 100 % du gamut DCI-P3. Il est par ailleurs assez lumineux à pleine puissance pour être utilisé en extérieur. On aurait aimé avoir un peu plus de marge, mais c’est tout de même agréable.

Acer Gfooglebook 14 Ecran
© Manuel Castejon / Presse-citron

Android avec une moustache

GooglebookOS n’est pas sans rappeler ChromeOS, mais aussi et surtout Android, et plus particulièrement l’interface des Pixel. Normal me direz-vous puisqu’il s’agit de deux créations de Google, mais en fouillant un peu dans les paramètres du système, on trouve des références claires au fait qu’il repose sur la version 17 d’Android.

De fait, tout le système tourne autour des web apps et des applications Android, téléchargeables sur le Google Play Store. Ce dernier affiche même une indication permettant de savoir au premier coup d’œil si l’application que l’on consulte est « conçue pour les ordinateurs », « optimisée pour les ordinateurs », « compatible » ou s’il vaut mieux utiliser la version navigateur. Comprenez par là que certaines applications s’affichent toujours en mode portrait, comme sur un smartphone, et que d’autres supportent au mieux partiellement le clavier et la souris. Heureusement que l’écran est tactile !

Google Play Store Compatibilite Apps
© Manuel Castejon / Presse-citron

Et contrairement à ChromeOS, le tiroir d’applications ne contient pas d’espace réservé aux logiciels Linux. S’il est bien possible de les installer via le Terminal (sous Debian), il faut ensuite les lancer en lignes de commande et il y a de fortes chances pour que l’interface graphique ne fonctionne pas. Autant dire que ce n’est pas une option viable pour élargir votre ludothèque.

À l’usage, on se contente donc des applications Android, bien moins nombreuses et complètes que la pléthore de solutions disponible sur Linux. Autant dire qu’au prix où sont vendus les Googlebook, on est très loin de rivaliser avec la polyvalence d’un MacBook ou d’un PC Windows/Linux et on se sent rapidement limité. Un exemple parmi tant d’autres : j’utilise habituellement Firefox comme navigateur, mais sa version Android n’est pas optimisée pour un usage clavier/souris. Oubliez le Ctrl+T pour ouvrir un onglet, aucun raccourci clavier ne fonctionne. On critique souvent Apple au sujet du verrouillage de son écosystème (à raison), c’est pire ici.

La principale question que l’on se pose concerne l’engouement des développeurs. Seront-ils prompts à adapter leurs applications alors que Google tient la sale réputation d’abandonner ses projets en cours de route ? Pas sûr.

Une interface fluide pensée autour de Gemini et du smartphone

Malgré ces lacunes indubitables, GooglebookOS est un système d’exploitation agréable à utiliser. Vous n’y trouverez aucun bloatware et tout est parfaitement fluide. On peut personnaliser un certain nombre d’aspects de l’interface (pas assez si vous voulez mon avis) et les animations sont agréables à l’œil. En ce sens, la simplicité d’usage et le soin apporté aux détails n’est pas sans rappeler macOS.

GooglebookOS intègre évidemment l’IA générative via Gemini, le modèle de Google. On peut donc le déclencher vocalement, avec le fameux « OK Google », en lançant manuellement l’application ou bien en secouant son curseur. Cette fonction s’avère pratique pour chercher des informations à partir d’un visuel ou d’un texte affiché à l’écran, à l’instar de ce que propose la fonction « Entourer pour rechercher » d’Android. Comme toujours avec les modèles de langage (LLM), il vous faudra cependant vérifier les informations qu’il vous donne, elles ne sont pas forcément exactes, ce qui rend l’outil pratique, mais néanmoins dispensable.

Acer Gfooglebook 14 Gemini
Spoiler : ce n’est pas lui © Manuel Castejon / Presse-citron

L’autre point fort de ce système d’exploitation, c’est le lien fort entre votre smartphone et votre ordinateur. Les notifications sont synchronisées, de même que certaines sessions (sur Chrome par exemple, vous avez une continuité instantanée, mais pas sur tous les navigateurs, ni sur les versions d’Android inférieures à 17) et vous pouvez streamer des applications de votre téléphone sur votre ordinateur. Notez cependant que les deux ne coexistent pas. Durant cette diffusion, il devient impossible de naviguer dans l’app depuis votre téléphone. Je me suis rendu compte de cette limitation en utilisant ma messagerie privée ainsi sur le Googlebook et en souhaitant répondre à un message après m’être levé de mon bureau. Impossible de le faire depuis mon téléphone sans arrêter la transmission.

Par ailleurs, l’application ainsi lancée n’aura pas accès aux fichiers de votre PC, mais à ceux de votre téléphone. Bon à savoir avant de lancer votre application de retouche d’image…

Acer Gfooglebook 14 Apps Smartphone
© Manuel Castejon / Presse-citron

Performances et autonomie

Sous le capot de cet Acer Googlebook 14 se trouve un processeur Intel Core Ultra 5 ou 7 (Panther Lake) couplé à 16 Go de LPDDR5X et 512 Go de stockage. Une configuration solide permettant de se projeter dans un usage varié, avec cependant un simple chipset Intel Graphics pour l’affichage. De quoi tout de même envisager de faire tourner quelques jeux et autres logiciels de montage vidéo.

Acer Gfooglebook 14 Diagnostique
© Manuel Castejon / Presse-citron

Oui, mais voilà : c’est Android. Oubliez votre catalogue Steam, il faudra vous contenter des titres disponibles sur le Play Store. Certains sont très biens, certes, mais entre 1200 et 1400 euros, on est en droit d’attendre un peu mieux. De plus, tous ne sont pas optimisés pour une telle architecture. Dead Cells par exemple, pourtant loin d’être particulièrement gourmand, rencontre quelques ralentissements. .L’autre possibilité, c’est le cloud gaming, via GeForce Now (Fast Pass de 12 mois offert à l’achat du PC) ou Xbox, avec les avantages et inconvénients que cela représente.

Cette puce récente présente toutefois l’avantage de disposer des derniers standards en date. Wi-Fi 7 et Bluetooth 6 sont notamment de la partie pour des connexions sans fil stables et rapides. Précisons également que la chauffe est maîtrisée, mais l’aération essentiellement vers le bas (et vers l’arrière, mais surtout vers le bas) a tendance à tenir les cuisses à bonne température.

Acer Gfooglebook 14 Dead Cells
© Manuel Castejon / Presse-citron

Du côté de l’autonomie, ne vous attendez pas à des merveilles. Acer annonce entre 14 et 16 heures d’autonomie, respectivement en lecture vidéo et en navigation internet. D’expérience, on est en réalité plus proche des 12-14 heures sur un usage mixte (vidéo, navigation, RS), ce qui reste convenable, mais encore loin des meilleurs en la matière.

Notre avis sur l’Acer Googlebook 14 (et GooglebookOS)

Qu’il est difficile de juger un ordinateur basé sur un nouveau système d’exploitation. Commençons par le PC en lui-même : c’est une belle machine que l’on pourrait conseiller sans retenue si elle tournait sous Windows ou Linux. En l’état cependant, on vous conseillera d’attendre avant d’opter pour un Googlebook.

Acer Gfooglebook 14 Split Screen
© Manuel Castejon / Presse-citron

À l’heure actuelle, le système d’exploitation de Google n’est malheureusement pas terminé et le catalogue d’applications pas à la hauteur des attentes. Dans l’idée, c’est un équivalent de MacBook dans un écosystème Google, mais cet écosystème est loin d’être aussi alléchant que celui d’Apple. On s’enferme non pas dans une cage dorée, mais dans une bêta incomplète. L’avantage, c’est que tous les problèmes peuvent se corriger par de simples mises à jour de l’OS.

Pour conclure, disons que vous trouverez bien mieux à un tarif équivalent et même inférieur, mais on va garder un œil sur ce système d’exploitation qui s’annonce prometteur si Google ne décide pas d’abandonner le projet au bout de quelques années, comme pour Stadia par exemple. Let it cook.

Je découvre le Googlebook 14

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Acer Googlebook 14

1200 euros
6.3

Design et conception

8.0/10

Connectique

7.0/10

Écran

8.5/10

OS

3.0/10

Rapport qualité/prix

5.0/10

On aime

  • Bel écran
  • Poluvalence du 360°
  • Bonne conception
  • L'OS est fluide et bien animé
  • La connexion avec le smartphone pratique

On aime moins

  • ChromebookOS n'est pas fini
  • Appx Linux pas vraiment compatibles
  • La limitation au Play Store indigne d'un PC à ce prix
  • Le rapport qualité-prix
  • ChromebookOS n'est pas fini (oui, c'est vraiment un problème)