C’est la fin. Déjà. Lancé en 2020, Google Stadia tire déjà sa révérence. Le service de cloud gaming de Google, pourtant très prometteur sur le papier, le « Netflix du jeu vidéo » comme l’avaient qualifié certains n’aura pas tenu face aux ténors du marché, notamment Microsoft et son Game Pass.
Si Google tentait de rassurer en début d’année, la fin de Stadia lui pendait au nez. Pour beaucoup, le service était même mort-né. Retour sur l’histoire d’un échec annoncé en 6 chiffres.
2
C’est le nombre de formules d’abonnements proposées par Google pour accéder à Stadia. La première était entièrement gratuite, l’autre payante.
Si Google a fait le choix d’une proposition commerciale très claire, la formule gratuite est sans doute sa plus grosse erreur. Avec cette formule, Google autorisait n’importe qui à accéder à son service. Mais pour les jeux, il fallait procéder à un paiement unique.
En parallèle, l’offre payante donnait accès à une sélection de jeux gratuitement. Et comme le changement de formule était instantané et sans aucun engagement, nombre d’utilisateurs du service s’abonnaient pour une poignée d’euros le temps d’obtenir gratuitement les jeux qui les intéressaient. Puis, il basculaient à nouveau sur une formule gratuite. Pas très bon pour le business tout ça.
10
10 euros ou plus précisément 9,99 euros. C’est le prix de l’abonnement mensuel permettant d’accéder à Stadia Pro, la formule payante du service de cloud gaming. En plus de la sélection de jeux gratuits disponibles, Stadia Pro améliorait aussi l’expérience de jeu.
Ainsi, la définition d’image passait du Full HD (en version gratuite) à la 4K à 60 im/s avec support du HDR et un son Surround 5.1. Autant dire que ces avantages s’adressaient surtout aux joueurs plus exigeants.
Problème : profiter de ces avantages nécessitait d’avoir une connexion internet solide. Pour profiter des jeux avec ce niveau de qualité, vous deviez obligatoirement avoir un débit de 35 Mbit/s soit obligatoirement une offre fibre. D’ailleurs, Stadia, même dans sa version gratuite, nécessitait 10 Mbit/s de débit au minimum. Des contraintes techniques qui n’ont certainement pas arrangé les choses.
1 million
C’est le nombre d’inscrits à Google Stadia. L’entreprise n’a jamais précisé la part d’utilisateurs réguliers ni même celles et ceux ayant opté pour l’offre payante Stadia Pro.
Quoi qu’il en soit, 1 million d’utilisateurs reste un chiffre extrêmement décevant. D’autant qu’il ne s’agit pas du nombre exact d’utilisateurs mais du seuil que Google n’a jamais réussi à dépasser. À titre de comparaison, le Game Pass de Microsoft compte plus de 25 millions d’utilisateurs à ce jour, pour une offre plus complète. Pourtant, aucune formule gratuite du Game Pass n’est disponible.
400
C’était l’objectif du nombre de jeux à intégrer au catalogue Stadia. Finalement, Google n’aura pas eu le temps d’atteindre ce seuil mais compte tout de même plusieurs centaines de jeux.
Le catalogue de Stadia est sans doute aussi l’une des raisons de son échec. Dès le lancement du service, le catalogue était peu fourni. Au fil du temps, la déception n’a été que plus grande puisque la plupart des jeux les plus en vogue n’étaient pas intégrés au catalogue. Pire, les jeux inclus dans l’offre payante ne présentaient bien souvent que peu d’intérêt.
3
3 ans. Google Stadia n’aura pas tenu plus de trois ans. Google a annoncé la fermeture de son service au 18 janvier 2023. Lancé en 2020, le service promettait de révolutionner le jeu vidéo. Sur le papier, le cloud gaming donne en effet une idée de ce que sera le jeu vidéo dans le futur.
Grâce à des connexions ultra-rapides, nous pourrons jouer n’importe où depuis n’importe quel appareil, du smartphone à la tablette en passant par la télévision, le tout sans console de jeu.
Google Stadia est, comme beaucoup de services Google, peut-être arrivé trop tôt. Peut-être a-t-il été aussi mal compris. Mais la responsabilité de cet échec revient bien à Google qui n’a pas su trouver une proposition commerciale alléchante malgré une technologie vraiment séduisante.
71
Google Stadia est le 71ème projet quasiment mort-né de Google. Parmi cette quantité de projets, beaucoup l’ont été très justement, d’autres beaucoup moins. Google Stadia restera sans doute comme l’un des projets les plus frustrants de l’histoire de Google. Aussi bien pour l’entreprise que pour les consommateurs.
L’entreprise a toutefois assuré qu’elle conservait sa technologie malgré l’abandon du service. Peut-être reverrons-nous Stadia sous une autre forme, dans un avenir plus ou moins proche.
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