Face au piratage des retransmissions sportives en direct via IPTV, les diffuseurs et les grandes fédérations commencent à perdre leurs nerfs. Des organisations telles que la MPA (qui regroupe les géants du divertissement américain), l’UEFA, la Premier League, Sky, beIN, LaLiga et la Serie A avaient déjà fait part de leurs doléances à la Commission européenne en octobre 2022. Trois ans plus tard, ils estiment que les choses n’ont pas assez avancé sur ce dossier et viennent d’envoyer un nouveau courrier aux autorités bruxelloises.
Cette lettre est adressée à la vice-présidente exécutive Henna Virkkunen et au commissaire Glenn Micallef. Ces grands dirigeants déplorent ainsi : « Nos investissements continuent d’être menacés par des organisations criminelles. Depuis des années, les détenteurs de droits tirent la sonnette d’alarme. Aujourd’hui, le piratage a atteint des proportions telles qu’on ne peut plus l’ignorer ».
Des mesures radicales contre le piratage IPTV
S’ils reconnaissent le travail accompli par la Commission, depuis trois ans, notamment via une recommandation datée de 2023, ils ajoutent : « Nous espérons donc que de nouvelles mesures législatives seront prises pour atteindre les objectifs fixés dans cette recommandation. »
Ces chefs d’entreprises et présidents de ligues ont des raisons d’être en colère. D’après TorrentFreak, le piratage IPTV coûte par exemple entre 1,2 milliard et 1,5 milliard d’euros par an aux concernés rien que pour la France.
Fort de ce constat, la lettre des ayants droit réclame trois mesures fortes pour lutter contre le piratage :
- Garantir que, dès réception d’une notification, les contenus contrefaisants soient retirés dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai maximal de 30 minutes.
- Garantir la mise en place, dans tous les États membres, d’ordonnances de blocage dynamique en temps réel à l’échelle de l’UE (y compris le blocage d’adresses IP) ciblant les sites miroirs et les domaines successeurs.
- Garantir que les intermédiaires (notamment les plateformes, les hébergeurs, les VPN, les CDN et les boutiques d’applications) mettent en place et maintiennent des politiques de connaissance du client (KYBC) robustes.
Si la lettre ne rentre pas forcément dans le détail sur la manière dont ces mesures pourraient être mises en place, elles n’en sont pas moins très problématiques. La troisième, par exemple, si on l’appliquait, forcerait les 740 millions de citoyens européens à présenter leurs papiers d’identité lorsqu’ils veulent accéder à des applications mobiles. La démarche serait d’autant plus dommageable pour les VPN qui font de la protection de la vie privée une valeur fondamentale.
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