Le secteur aéronautique mondial semble condamné à un paradoxe permanent : alors que les carnets de commandes débordent, les usines, elles, tournent au ralenti. Pour Airbus, le bilan du premier trimestre 2026, publié ce jeudi, vient confirmer cette tendance inquiétante.
Malgré un mois de mars plus vigoureux avec 60 appareils remis à ses clients, le constructeur européen accuse un sérieux coup de mou. Avec seulement 114 avions livrés au total sur le trimestre, il affiche une baisse de 16 % par rapport à l’année dernière. C’est simple : il faut remonter à 2007 pour trouver un début d’année aussi timide.

Le bras de fer avec Pratt & Whitney
La poule aux œufs d’or d’Airbus, la famille A320neo, est la principale victime de cette panne de croissance avec une chute de 24 % des livraisons. En cause, une pénurie de moteurs et un conflit qui s’intensifie avec le motoriste américain Pratt & Whitney (P&W).
Car ce dernier est coincé dans une équation impossible : ses moteurs GTF (Geared Turbofan) sont rares, et il doit choisir entre fournir les lignes d’assemblage d’Airbus pour les avions neufs, ou envoyer les pièces en priorité aux compagnies aériennes dont les flottes sont actuellement clouées au sol pour maintenance.
Et le ton monte. Le patron d’Airbus, Guillaume Faury, n’a pas hésité à pointer du doigt la « défaillance » de son fournisseur à tenir ses engagements. Le manque à gagner est colossal pour l’entreprise : ces 25 monocouloirs manquants par rapport à l’an dernier représentent une valeur théorique de plus de 3 milliards de dollars.

Un défi industriel titanesque pour le reste de l’année
Heureusement, tout n’est pas noir. Côté business, la machine à vendre fonctionne toujours à plein régime avec 398 commandes nettes enregistrées sur le trimestre. Le segment long-courrier, porté par l’A350, garde également une belle dynamique avec des livraisons stratégiques pour des géants comme Delta Air Lines, Emirates ou Japan Airlines.
Mais le plus dur reste à faire. Pour atteindre son objectif annuel de 870 appareils, Airbus va devoir réaliser un véritable sprint industriel. Après avoir livré seulement 38 avions par mois en moyenne depuis janvier, le constructeur doit désormais passer à une cadence de 84 livraisons mensuelles jusqu’en décembre.
Un saut de performance qui semble presque surhumain tant que les tensions sur la chaîne d’approvisionnement ne seront pas apaisées.
- Avec 114 livraisons au premier trimestre, Airbus enregistre une baisse de 16 % par rapport à l’an dernier et son pire démarrage depuis 2007.
- En cause, le conflit avec son fournisseur Pratt & Whitney, qui paralyse la production de la famille A320neo.
- Pour tenir son objectif de 870 avions en 2026, le constructeur devra plus que doubler sa cadence mensuelle dès le mois d’avril.
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