C’est un pionnier de la robotique en France, avec des humanoïdes connus aux quatre coins du monde. Pourtant, la société Aldebaran vient d’être placée en redressement judiciaire et cherche un repreneur. Une situation qui contraste avec l’état du marché, le secteur de la robotique trouvant un nouvel élan grâce à l’essor de l’intelligence artificielle (IA).
Licenciement de 72 salariés
Nao et Pepper sont aujourd’hui exploités dans le monde entier, leur adorable visage ayant fait le tour de la toile. Pensés pour interagir avec des humains, les deux robots sont utilisés dans divers secteurs. Quand le premier est davantage destiné à des fins pédagogiques, le second se dédie à la relation client. De nombreuses enseignes l’ont par exemple adopté pour accueillir les visiteurs.
Mais leur concepteur, Aldebaran, traverse une période hautement mouvementée. Fondé en 2005 par Bruno Maisonnier, il est en redressement depuis ce 17 février en raison d’importantes difficultés financières, menant au licenciement de 72 salariés sur un total de 166.
Une situation qui ne date pas d’hier. En 2022, la société allemande United Robotics Group (URG) a racheté Aldebaran des mains de SoftBank, qui l’avait acquise en 2014. Au moment de l’opération, l’entreprise développait son nouveau robot, Plato, à la demande du conglomérat japonais, selon L’Usine Nouvelle. C’était aussi une période délicate, ayant mené à la suppression de la moitié de ses 330 emplois en France.
Aujourd’hui, la direction regrette d’avoir été « lâchée brutalement » par URG à l’été 2024 ; l’actionnaire aurait tout bonnement cessé de financer l’équipe française. « Le mode opératoire mis en place par SoftBank et poursuivit par URG n’a pas permis à l’entreprise de voler de ses propres ailes », commente Jean-Marc Bollmann, directeur général de la firme. De son côté, l’actionnaire allemand assure ne pas avoir reçu le business plan demandé à Aldebaran.

À la recherche d’un repreneur
Résultat, Aldebaran risque la liquidation judiciaire si aucun repreneur ne pointe le bout de son nez. Le cabinet de fusion-acquisition d’EY a, pour sa part, établi une liste des candidats potentiels, avec une lettre d’intention attendue d’ici à la fin du mois de février. Un consortium avec d’autres acteurs de l’industrie robotique tricolore est aussi envisagé.
L’entreprise poursuit, en parallèle, le développement de la dernière version de son robot Nao, dont la production de masse est prévue pour début 2026.
- Aldebaran, entreprise tricolore qui commercialise les robots Nao et Pepper, vient d’être placée en redressement judiciaire.
- La société expliqué avoir été lâchée par son actionnaire, l’allemand United Robotics Group, à l’été 2024.
- Elle est à la recherche d’un repreneur potentiel au risque de se voir placée en liquidation. Par ailleurs, un consortium avec d’autres acteurs français n’est pas exclu.
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