Parmi tous les PC portables qui constituent l’offre du constructeur Asus, on en trouve certains qui s’adressent spécifiquement aux créateurs nomades, c’est-à-dire aux utilisateurs, qui – dans le cadre de leur passion ou de leurs activités professionnelles – sont susceptibles de manipuler des fichiers multimédia, à tout moment, à l’aide d’applications de retouche photo, de montage vidéo, etc. Ce sont les PC portables de la gamme ProArt.
Le tout dernier représentant de cette famille de produits a été dévoilé lors du CES de Las Vegas, début janvier dernier. Il s’agit du ProArt GoPro Edition (aussi connu sous le sobriquet PX13). Cette configuration est le fruit d’une collaboration entre la constructeur taiwanais de PC portable et le fabricant de caméras d’action GoPro.

La vocation de cette configuration est donc de permettre aux utilisateurs de partir en vadrouille avec leur GoPro, pour réaliser des séquences vidéo et prendre des photos, puis de sortir le PC portable de leur sac, y connecter la caméra, transférer ses fichiers et être capable de débuter la retouche et/ou l’assemblage des différentes prises de vue, avec un logiciel de montage vidéo. Nous sommes donc partis faire une petite randonnée (pas plus de 20 km !), avec le ProArt PX13 et la GoPro Hero dans notre sac à dos, afin d’évaluer sa pertinence en pleine nature.

Ce qu’on adore
Design et fonctions “GoPro”
La première chose qui saute aux yeux, c’est le design atypique de l’Asus ProArt PX13. En effet, son capot strié n’est pas sans rappeler l’aspect des caméras d’action de la gamme GoPro, comme la Hero, la Lit Hero ou encore la GoPro Max 2. Cela tranche singulièrement du reste de la production de PC portables, doté d’un capot très sobre, estampillé – au mieux – de la marque ou du logo du constructeur.

Ici, même la mention “Asus” s’efface pour ne laisser que le nom de la gamme (ProArt) et celui du partenaire du moment (GoPro). Le châssis bénéficie d’une belle finition exclusive, appelée “Black Metal” (rien à voir avec le style musical mélodique et poétique), avec une surface dotée d’une texture douce, agréable et pas très salissante.

La collaboration avec GoPro – en terme de design – ne s’arrête pas là. Une fois ouvert et allumé, le PC portable arbore un clavier doté de touches rétro éclairées… en bleu (soit la couleur du logo du constructeur de caméras). Ca change du blanc traditionnel, tout en offrant une excellente lisibilité, dans l’obscurité.
Enfin, la touche de fonction F8 est frappée du logo de GoPro. D’une pression, on peut donc accéder rapidement à l’application GoPro Player. Celle-ci permet de réaliser quelques opérations simples sur les vidéos : découpage, extraction d’une image et stabilisation. Signalons d’ailleurs que nous avons particulièrement apprécié la qualité de frappe offerte par ce clavier, qui est complété d’un pavé tactile d’assez grande taille (relativement à celle de la configuration), qui s’avère lui aussi efficace.
En ce qui concerne l’aspect logiciel, l’achat du ProArt PX13 donne accès à un abonnement d’un an offert au cloud GoPro Premium+ (d’une valeur de 100 $). Ce dernier permet de simplifier les transferts de fichiers stockés sur les caméras GoPro vers le Web. Ils deviennent ensuite consultables sur le site GoPro, puis éventuellement téléchargés en local.
Ces fichiers, stockés dans le cloud GoPro, sont également accessibles directement dans l’Asus StoryCube, qui regroupe divers outils pour organiser ses fichiers multimédia, grâce à l’IA. Par exemple, lors de notre test, suite à une randonnée, Album IA a séparé automatiquement les vidéos contenant des personnes et celles montrant des plans larges et des paysages (scènes regroupées dans un bloc appelé “randonnée” automatiquement). L’application permet aussi d’effectuer certaines opérations sur les fichiers (modification de la colorimétrie, rotation, découpage).

L’équipement pour les baroudeurs, créateurs de contenus
Lors de notre petit périple, l’Asus ProArt PX13 reposait confortablement installé dans la sacoche rigide de rangement avec laquelle il est fourni. Celle-ci peut être malmenée sans craindre de mettre en péril le PC portable. Pratique, elle comporte un emplacement où l’on peut ranger quelques accessoires.
D’autre part, la configuration a l’avantage d’être équipée d’un lecteur microSD 4.0, placé à côté du bouton de démarrage. C’est toujours pratique pour récupérer rapidement les fichiers issus d’un smartphone, d’un appareil photo ou d’une caméra (GoPro par exemple !).

Un autre équipement, atypique, est visible dans le coin supérieur gauche du pavé tactile. Ce “DialPad” s’utilise comme une molette virtuelle, que l’on active et désactive d’un mouvement du doigt sur le pavé tactile (car, lorsqu’on saisit du texte, la paume de la main gauche peut activer cet outil accidentellement).

Sous Windows, le DialPad permet de modifier rapidement le volume sonore et de la luminosité de l’écran. Il procure néanmoins un accès rapide à certaines fonctions (configurables) dans diverses applications, comme Photoshop, Premiere ou Asus StoryCube. Une pression du doigt au centre du DialPad fait apparaître la molette virtuelles à l’écran. Ensuite, en faisant tourner son index à la périphérie de la zone circulaire, on sélectionne un outil ou on modifie un paramètre, comme certaines propriétés du pinceau dans Photoshop.
Autre application installée sur le ProArt dont l’utilisation est simplifiée par le Dial : Capcut, qui permet de réaliser des montages vidéo boostée à l’IA. L’achat de la configuration s’accompagne de 6 mois d’abonnement offerts à l’application.
Un autre accessoire permet de tirer parti de l’écran tactile du ProArt PX13. Il s’agit d’un stylet, toujours pratique pour prendre des notes ou dessiner à l’écran. Il peut être utilisé, par exemple, pour réaliser un croquis dans l’application MuseTree, elle aussi présente sur le PC portable, et qui permet de générer des images grâce à l’intelligence artificielle.
Format et affichage
L’Asus ProArt PX13 est un PC portable particulièrement compact, puisqu’il est équipé d’un écran tactile de 13,3 pouces. Ses dimensions n’étant que de 30 x 21 x 1,8 cm, il se fait oublier rapidement dans un sac (si on décide de ne pas le mettre dans sa housse).
Sa dalle exploite la technologie OLED, ce qui est le gage d’une superbe qualité d’affichage avec des couleurs vives et un noir parfait, d’une profondeur absolue. L’affichage est certifié Dolby Vision, ce qui est l’assurance de bénéficier d’un rendu visuel optimisé, lorsque le mode HDR est activé. Si on désire rester en mode SDR, l’application MyAsus met à disposition plusieurs profils colorimétriques, afin de répondre à certains besoins spécifiques : couleurs vives, sRGB, DCI-P3, Display P3.

L’écran supporte une définition de 2880 x 1800 pixels. L’affichage offre donc une très bonne précision, ce qui est intéressant quand on regarde des photos ou des vidéos. En revanche, c’est moins pratique pour lire les caractères, étant donné la petite diagonale. Pour améliorer leur lisibilité, il faut utiliser la mise à l’échelle de Windows, avec un facteur de 150 % ou 200 %.
En ce qui concerne la fréquence d’affichage, le ProArt PX13 fait figure d’exception à l’heure actuelle, en ne proposant qu’un seul taux de rafraichissement, de 60 Hz (la plupart des autres PC portables du marché supportent un affichage en 120 Hz minimum). Toutefois, il faut reconnaître que l’on n’a pas vraiment besoin de plus, lorsqu’on fait du montage vidéo, de la retouche photo ou de la génération d’images par IA. Cette limitation ne devrait donc pas poser un problème à un grand nombre d’acheteurs potentiels.
Autre particularité, la dalle OLED du ProArt PX 13 est installée sur un écran qui peut pivoter sur 360 degrés, ce qui permet d’envisager différents modes d’utilisation : PC portable, tente ou encore tablette. De quoi répondre à tous types de besoins, dans diverses circonstances.
Des performances qui décoiffent
Contrairement à une grande majorité de configurations ultra portables récentes, qui ont adopté – à l’instar du Zenbook Duo d’Asus – un processeur issu de la série Core Ultra 3 d’Intel (particulièrement efficace, il faut le reconnaître), le ProArt PX13 s’est pour sa part tourné vers le fer de lance actuel de la gamme AMD pour PC portables, le Ryzen AI Max+ 395. Et pour bénéficier d’une souplesse d’utilisation hors pair, la configuration intègre également un SSD de 2 To ainsi que pas moins de 128 Go de RAM (!!). Cela explique sans doute son prix, étant donné le prix des composants à l’heure actuelle.

Et force est de constater que ce composant est parfaitement adapté à un PC portable qui se doit d’offrir des performances les plus élevées possibles, pour minimiser les temps de traitement sur des fichiers multimédia qui peuvent atteindre des tailles considérables. Ainsi, en termes de puissance de calcul CPU, le Ryzen AI Max+ 395 réalise un score Geekbench multi-core du même ordre – 17656 en l’occurrence – que celui du processeur Intel le plus perfectionné pour cette année, le Core Ultra X9 388H. Et pour ce qui est des performances graphiques / 3D, l’iGPU Radeon 8060S affiche des performances encore meilleures que celles, déjà assez impressionnantes, de l’Arc B390 : indices 3D Mark Time Spy / Time Spy Extreme de 9187 / 4489, contre 7565 / 3551 pour l’iGPU Intel.
Accessoirement, le Ryzen AI Max+ 395 permet à la configuration de pouvoir se transformer occasionnellement en console de jeu. Par exemple, si on lance Fortnite, on bénéficie d’une excellente jouabilité, avec une qualité graphique Elevée, puisqu’on obtient, en moyenne, des animations comportant 45 images par seconde. Le ProArt PX13 peut donc parfaitement rendre service pour se détendre, après une dure journée de labeur.
Côté IA, le Ryzen AI Max+ 395 est doté d’un NPU performant, puisqu’il est capable de réaliser 50 TOPS. Ces derniers s’ajoutent à la puissance du CPU et du GPU, pour délivrer un total de 126 TOPS. On note que c’est moins que les 172 TOPS apportés par le processeur Intel Core Ultra X9 388H, présent dans l’Asus Zenbook Duo que nous avons récemment testé.
Ce niveau de performances procure toutefois une très bonne réactivité lorsqu’on n’est pas connecté et qu’on désire tout de même utiliser une application qui fait appel à l’IA, comme MuseTree. Nous avons pu constater que la génération de quatre images ne prenait qu’une poignée de secondes.

Ce qu’on aime moins
Affichage en extérieur
Lors de ma petite marche en forêt en journée, j’ai pu constater que la lisibilité de l’écran OLED, en plein jour, est loin d’être idéale, en raison des nombreux reflets visibles sur la dalle brillante. Ce défaut – connu – de la technologie OLED, n’est pourtant pas inévitable, comme le montre notre test de l’Asus Zenbook Duo, équipé de deux dalles OLED, spécialement traitées pour réduire leur réflectivité (ce qui réduit grandement les reflets).
D’autre part, une autre faiblesse des dalles OLED réside dans leur faible luminosité. Ainsi, si Asus annonce un pic HDR de 500 nits, nous avons mesuré une luminosité standard de 400 nits. Si cela ne nuit pas vraiment à la qualité d’affichage, lorsqu’on utilise le PC portable en intérieur (et de préférence dans une pièce assez peu éclairée), la lisibilité sous le soleil pourrait poser problème (il pleuvait lors de la randonnée, donc le problème était moins important).
Autonomie
Le ProArt PX 13 intègre une batterie de 73 Wh, ce qui constitue une bonne capacité compte tenu des dimensions de la configuration. Pour évaluer son autonomie, nous avons utilisé non stop le PC portable pendant une demi-journée (avec quelques courtes pauses tout de même), pour effectuer diverses tâches bureautiques (Web, mail, Whatsapp, etc.) et graphiques (retouche photos, génération d’images par IA et montage vidéo). Le tout avec un fond sonore musical. Ce dernier nous a d’ailleurs permis de constater l’excellente qualité audio délivrée par les haut-parleurs. La spatialisation du son dans les premières scènes de The revenant, lorsqu’on active les effets Dolby Atmos dans l’application Dolby, est assez bluffante (mais il est préférable de les désactiver lorsqu’on écoute de la musique).
Dans ces conditions, le niveau de la batterie a baissé de 60 % au bout de quatre heures. On devrait donc du mal à avoir une activité graphique intensive pendant une grosse journée. Il faut plutôt miser sur 6 à 7 heures d’utilisation. Si ce n’est pas très satisfaisant dans l’absolu, on peut se rassurer en se disant que dans le cadre d’une utilisation moins soutenue, la configuration devrait fonctionner plus longtemps.
Cela est d’ailleurs confirmé par le test d’autonomie Modern Office intégré à l’application PC Mark, qui a fonctionné un peu moins de 10 heures (avec une luminosité de 250 nits). Certes, c’est un peu mieux que notre test pratique, sans être extraordinaire. Cela s’explique par le fait que ce benchmark – même s’il fonctionne sans interruption – ne simule pas une séance de travail très intensive (moins intensive en tout cas que ce que nous avons pu faire). C’est pourquoi les PC portables compacts les plus endurants arrivent généralement à faire fonctionner ce benchmark pendant 12 à 16 heures.

L’ultrabook se recharge rapidement par l’intermédiaire d’un adaptateur secteur propriétaire de 200 W. En effet, ce dernier permet à la batterie de retrouver 58 % de sa charge totale en 30 minutes, puis 89 % au bout d’une heure. Toutefois, pour éviter de l’emporter avec soi en déplacement, on a aussi la possibilité d’utiliser le chargeur d’un smartphone, sur un des deux ports USB C. Dans ce cas, la puissance maximale de recharge est alors “limitée” à 100 W. On apprécie au passage le fait que les ports USB C soient répartis des deux côtés du PC portable.
Le reste de la connectique est composé d’une sortie vidéo HDMI 2.1, d’un port USB A 3.2 et de la prise jack casque / micro. D’autre part, pour les transferts sans fil, le PC portable supporte les technologies Wi-Fi 7 et Bluetooth 5.4. De plus, l’accès à Windows est sécurisé par la webcam 1080p, complété par un capteur IR qui permet de déverrouiller le PC portable par reconnaissance du visage de l’utilisateur (Windows Hello). Cela compense l’absence de lecteur d’empreintes digitales.
Quid de la résistance à la vie sauvage
D’autre part, le boîtier du ProArt PX13 GoPro Edition n’est pas vraiment conçu pour résister aux conditions d’utilisation, parfois dures, auxquelles peuvent être confrontés les baroudeurs ou les utilisateurs qui se filment dans la nature et désirent partager immédiatement leurs séquences vidéo.

En l’absence de certification IP, à l’instar des smartphones, la configuration n’est étanche ni à l’eau, ni à la poussière. Il est donc impossible de sortir le ProArt, s’il pleut, sans être à l’abri. Un vrai modèle « GoPro » devrait pouvoir être utilisé sans crainte dans les environnements humides ou poussiéreux. On peut juste faire confiance à ce qu’annonce le constructeur : “le PC portable a été testé dans des environnements très humides ou poussiéreux”. En revanche, le châssis – en aluminium – est certifié MIL-STD 810H, ce qui devrait lui permettre de résister à des manipulations quelque peu brutales et aux chocs. Mais, encore une fois, l’écran n’est pas équipé d’un verre qui pourrait résister aux mauvais traitements.
La gestion du stylet
Comme nous l’avons déjà indiqué, le ProArt PX13 GoPro Edition est fourni avec un stylet, qui peut rendre différents services, surtout si on utilise le PC portable en mode tablette. Le petit problème, c’est qu’aucun dispositif n’est prévu pour le fixer au boîtier, ne serait ce que par aimantation. Au lieu de cela, le constructeur fournit un « boîtier à stylet », qui sert principalement à la recharge de l’accessoire, via un port USB C. Ce n’est pas très pratique lorsqu’on est en déplacement. Sans parler des risques de perte.

La portabilité
Le PC portable pèse 1,4 kg. Si ce n’est pas beaucoup, le constructeur aurait pu mieux faire, à l’image d’un Dell XPS 13 (1,2 kg) ou d’un Lenovo ThinkPad X9-14 Gen 1 (1,24 kg). Cela peut sembler peu, mais c’est une caractéristique à prendre en compte si on doit se déplacer de longues heures avec son sac en bandoulière avec le PC dedans. D’autant que si la sacoche fournie assure une bonne protection, elle n’est pas très légère (815 grammes).

Le prix !
3600 euros… sérieusement ? Ok, la configuration ne manque pas d’atouts et – surtout – embarque 128 Go de Ram, ce qui s’apparente à du luxe, car – en ce moment – la mémoire vaut son pesant d’or. Mais tout de même ! Une version 64 Go, voire même 32 Go pourrait faire baisser quelque peu la facture.
Alors, on achète ?
Autant le Zenbook Duo m’avait tapé dans l’œil, malgré son prix (décidemment !), en raison de l’originalité de son dispositif d’affichage, autant ce ProArt PX13 me laisse un peu plus dubitatif. La présence de cet écran OLED brillant sur une configuration que l’on va utiliser en extérieur peut poser question. Une dalle LCD mate, à rétro éclairage miniLED, serait plus adaptée. D’autre part, tous les éléments illustrant le partenariat entre Asus et GoPro font quelque peu figure de gadgets, si on utilise une caméra d’action d’une autre marque, ou si on réalise ses vidéos avec un appareil photo ou même son smartphone. Néanmoins, le PC portable bénéficie d’une excellente finition, avec un clavier convaincant et des haut-parleurs performants, et d’un niveau de performances extrême. De plus, la configuration peut s’utiliser de plusieurs façons, grâce à son écran tactile pivotant.
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