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Avec Apple Intelligence, Apple fait la leçon aux géants de l’IA (Edito)

Pressée par les investisseurs inquiets, Apple a dévoilé lors de la keynote inaugurale de la WWDC sa vision de l’intelligence artificielle. Elle y fait une entrée fracassante avec Apple Intelligence, une copie très propre dans un secteur encore brouillon.

Intelligence artificielle. Depuis plusieurs mois, ces deux mots font la pluie et le beau temps dans l’industrie tech, propulsant certaines entreprises (Nvidia notamment) à des sommets de valorisation. Un an et demi après la rencontre de ChatGPT avec le grand public, Apple s’est enfin décidée à dévoiler son modèle d’intelligence artificielle. En retard la Pomme ? Pas vraiment. Mais pas tellement en avance non plus.

Résumé de la WWDC 2024 en vidéo

L’IA simple et accessible

Apple Intelligence Interface
© Apple

Dans l’absolu, Apple Intelligence ne réinvente pas la roue de l’intelligence artificielle. Les fonctionnalités intégrées à ses produits existent déjà grâce aux applications ChatGPT (OpenAI), Gemini (Google) ou Copilot (Microsoft). Samsung s’est d’ailleurs liée à ces acteurs pour propulser l’IA dans ses derniers appareils.

Concrètement, Apple Intelligence propose les mêmes outils de traduction, retranscription, création d’image etc. Comme Copilot dans les machines Windows, Apple Intelligence peut aussi puiser dans les données de l’iPhone, l’iPad ou le Mac pour comprendre le contexte, suggérer des actions, créer des documents, le tout par l’intermédiaire de Siri. Rien de bien nouveau dans l’univers de l’IA, mais là n’est pas le talent d’Apple.

Fidèle à son habitude, l’entreprise a su récupérer des technologies existantes afin de les intégrer dans ses produits ou  en développer en interne. Avec le même objectif en ligne de mire : les rendre simples à utiliser au quotidien en invisibilisant leur technicité.

Apple Intelligence s’inscrit pleinement dans cette mouvance. Sa force réside dans son intégration parfaite à l’écosystème Apple. L’IA est partout et nulle part en même temps. Elle est accessible en un clic, une touche, une phrase, une requête vocale. Ainsi, l’iPhone, l’iPad et le Mac deviennent des assistants personnels tels que nous les avons imaginés dans nos rêves les plus fous (ou au moins comme on les voit depuis des décennies dans les films de science-fiction).

Protection de la vie privée

Apple Intelligence Fonctions
© Apple

En ajoutant une solide dose de protection de la vie privée, le californien dégaine un atout qui pourrait faire la différence. Alors que tous les observateurs craignent pour la confidentialité des données personnelles, Apple propose une IA totalement chiffrée. « Aucune donnée n’est stockée ni accessible » insiste l’entreprise. Elle a même développé une protection dans le Cloud, histoire de sécuriser aussi les données qui sortiraient de l’appareil pour une raison ou pour une autre.

Grâce à toutes ces optimisations, Apple chasse les craintes circulant autour de l’IA : la peur de l’exploitation des données, la complexité des services ou la pertinence des réponses. Il faudra bien sûr tester tout cela pour prendre la mesure de ces nouveautés, surout quand on a en mémoire les premières démos de Siri bien plus impresionnantes que la réalité.

En s’associant à OpenAI (Apple Intelligence intègre aussi ChatGPT 4o), la Pomme assure ses arrières en s’offrant une sorte d’assurance tout-risques. Très logiquement, l’IA maison tente de répondre à toutes les requêtes. Mais si elle sèche, ChatGPT 4o prend le relais pour fournir une réponse. Un plan presque parfait qui risque de faire d’Apple la marque qui aura démocratisé l’intelligence artificielle.

Lancement hésitant

Apple Intelligence Interface Ecosysteme
© Apple

Malgré tout, les premiers pas d’Apple Intelligence peuvent être un peu hésitants. Quelques indices indiquent que l’entreprise a bel et bien été prise de court.

Ainsi, le milliard et demi d’utilisateurs d’iPhone ne profiteront pas tous de l’IA d’Apple, leur puissance de calcul ne le permettant pas. A en croire le constructeur, le traitement local des données  nécessite des ressources que la plupart des iDevices n’ont pas. Elle ne sera disponible que ceux équipés de puces Apple Silicon (iPhone 15 Pro et Pro Max, iPad et Mac avec puces Mx).

Autre limitation de taille : Apple Intelligence ne sera proposée dans un premier temps qu’en anglais pour les utilisateurs américains. La R&D a-t-elle manqué de temps pour entraîner son IA sur d’autres langages ? C’est plus que probable.

Tim Cook et ses lieutenants transformer doivent  transformer ce qui n’est encore qu’une démonstration impressionnante en une réalité satisfaisante. Et ainsi remettre Apple sur la première marche du podium des entreprises les mieux cotées au monde.

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