C’est une nouvelle que l’on ne lit certainement pas tous les jours. Quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, ont été mis à l’arrêt à cause d’une « présence massive » de méduses.
Mesure de sécurité
Car l’installation est située à quelques pas seulement du littoral : ses systèmes de filtration d’eau sont ainsi reliés à un canal alimenté par la mer du Nord, afin de refroidir les réacteurs. Concrètement, avant d’être acheminée vers les circuits de refroidissement, l’eau passe à travers de grands tambours filtrants qui retiennent les débris. Et dans certains cas, des méduses.
En effet, la mer du Nord en abrite plusieurs espèces, qui se rapprochent des côtes lorsque la température de l’eau augmente, comme c’est justement le cas actuellement. Problème, nombre d’entre elles se trouvent dans les tambours filtrants de la centrale, une partie heureusement non nucléaire. Un phénomène « pas prévisible » selon EDF, qui a poussé la direction à mettre à l’arrêt quatre des six réacteurs nucléaires.
Car la filtration est primordiale : elle sert non seulement à protéger les pompes et les échangeurs thermiques en évitant que des éléments solides n’obstruent ou n’endommagent le système, mais aussi à garantir un débit d’eau suffisant pour maintenir une température optimale dans les installations. Lorsque ces filtres sont saturés, le refroidissement ne peut plus être assuré correctement, ce qui déclenche automatiquement l’arrêt des réacteurs par mesure de sûreté.
Les deux autres réacteurs de l’installation étant en maintenance, la centrale a dû être complètement mise à l’arrêt.

Clemens van Lay
Un événement rare, mais pas inédit
Cet événement « n’a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l’environnement », précise le fournisseur d’énergie. « Les équipes de la centrale sont mobilisées et procèdent actuellement aux diagnostics et interventions nécessaires pour pouvoir redémarrer les unités de production en toute sûreté », poursuit-il.
Située entre Dunkerque et Calais, est la plus puissante de France et l’une des plus importantes d’Europe. Mise en service entre 1980 et 1985, ses réacteurs à eau pressurisée sont de 900 mégawatts chacun, pour une puissance totale de 5,4 gigawatts. Elle fournit environ 6 à 7 % de l’électricité nationale.
Les arrêts liés à la faune marine ne sont pas inédits dans le nucléaire. En 2011, la centrale écossaise de Torness avait déjà dû interrompre sa production après une invasion de méduses. Plus récemment, en 2022, des algues avaient provoqué un incident similaire à la centrale de Saint-Alban, sur le Rhône.
Ces phénomènes, bien que rares, rappellent que les installations côtières et fluviales restent sensibles aux aléas naturels, et que la hausse des températures de l’eau pourrait en augmenter la fréquence dans les années à venir.
- Quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines ont été stoppés par un afflux de méduses.
- Les filtres d’eau de refroidissement, saturés, ont déclenché l’arrêt automatique des unités.
- EDF assure qu’aucun impact n’a été constaté sur la sûreté, le personnel ou l’environnement.
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