Suivez-nous

Lifestyle

Ces t-shirts rendent fous les systèmes de surveillance de masse

Cette startup crée des vêtements qui brouillent les systèmes de surveillance par caméras.

Il y a

  

le

 

Par

Adversarial Fashion
© Adversarial Fashion

Parfois, les technologies les plus sophistiquées peuvent être sérieusement mises en difficulté par des parades très simples, qui n’ont recours à aucune… technologie. Parfois, il suffit même d’une paire de ciseaux, d’un peu de tissu et d’une bonne idée née d’un sens de l’observation un peu plus aiguisé que la moyenne.

C’est un peu le concept d’Adversarial Fashion, une startup californienne menée par une jeune femme un peu taquine, qui s’est spécialisée dans la création d’une ligne de vêtements ornés de motifs destinés à perturber les systèmes de surveillance. Si vous avez déjà eu du mal à lire un slogan sur le t-shirt de quelqu’un que vous croisez, Adversarial utilise la même idée. Sauf que sa gamme de fringues est conçue pour faire perdre du temps et de la puissance de calcul aux lecteurs automatiques de plaques minéralogiques.

L’idée de Kate Rose, la fondatrice d’Adversarial Fashion, également informaticienne, lui est venue alors qu’elle discutait avec Dave Maass, chercheur principal à l’Electronic Frontier Foundation, de l’essor de la technologie de reconnaissance automatique des plaques minéralogiques, qui a été largement adoptée aux États-Unis par les villes, les comtés, les États et le gouvernement fédéral.

Cette technique de traçage est destinée à suivre les déplacements des gens non seulement en reconnaissant les plaques d’immatriculation, mais aussi en les reliant à des emplacements GPS spécifiques. Lorsqu’une personne se déplace et est captée par plusieurs caméras, les systèmes de reconnaissance automatique des plaques minéralogiques fournissent un moyen constamment mis à jour pour surveiller leur emplacement approximatif (ou même spécifique). Seulement d’après Dave Maass, cela ne fonctionne pas toujours très bien.

Selon Kate Rose, « Lorsque les systèmes analysent les données des lecteurs de plaques, il parait évident que celles-ci ne sont pas très précises, avec des éléments provenant de choses mal classifiées comme les panneaux d’affichage ou des clôtures. J’ai pensé que si la technologie était vraiment si faible, je pourrais peut-être trouver un moyen de créer un tissu qui pourrait délibérément causer une confusion similaire. »

Le projet était né. Kate Rose a commencé à faire des expériences. « J’ai réussi à déterminer quelle quantité d’information la caméra peut recueillir pour faire croire qu’il s’agit d’une plaque d’immatriculation », dit-elle. Réunissant son intérêt pour la mode et les systèmes de sécurité informatique, elle a commencé à s’amuser en créant des designs destinés à embrouiller les machines les plus diligentes.

Une gamme de fringues pour dire m… aux caméras de l’Oncle Sam

Une fois ses dessins terminés, la créatrice s’est mise au travail pour les transformer d’abord en tissus, puis ces tissus en vêtements. À ce jour, elle a créé plusieurs articles de mode Adversarial Fashion, allant des chemises et sweats à capuche aux vestes, jupes et robes. Ceux-ci sont disponibles à l’achat sur son site Web, pour des prix variant entre 25 et 55 dollars, selon l’article.

Kate Rose semble avoir trouvé un bon filon commercial, mais c’est surtout le symbole et la portée politique de ses créations qui semblent rester ses motivations premières car elle pense que de tels vêtements peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre la surveillance de masse. : « Il s’agit en partie d’enseigner aux gens le fonctionnement de la technologie et d’améliorer leur compréhension des dispositifs de surveillance. Mais ça marche vraiment. Même s’il n’y a qu’une seule personne qui porte l’un d’entre eux et que ces caméras ingèrent de 10 à 50 plaques, ce qui est un déchet total, c’est déjà ça. Il s’agit encore d’informations qui doivent être stockées et analysées, ce qui coûte de l’argent. Cela rend le système un peu moins utile. J’aimerais bien penser à des façons dont cela pourrait être adopté par des communautés entières qui disent qu’elles ne veulent pas être en conformité avec ces systèmes. »

En fin de compte, Rose considère que ce qu’elle fait l’aide à susciter une conversation. Comme elle le souligne, l’utilisation des technologies de surveillance de masse est encore largement méconnue d’une grande partie du public. Leur invisibilité est une caractéristique qui, eh bien, les rend inaperçues par beaucoup. En surface, du moins.

« Par exemple, là où j’habite en Californie du Sud, il y a des centres commerciaux dans lesquels vous pouvez vous garer, et qui vous indiquent où votre voiture est garée lorsque vous placez votre ticket de parking dans la borne de paiement. La première fois que j’ai vu ça, j’ai pensé : Oh mon Dieu, c’est si pratique. Mais il s’avère que le centre commercial dispose d’un lecteur de plaques d’immatriculation visant chaque place de parking. Les données de l’exploitant du parking sont ensuite vendues à l’Agence fédérale de police aux frontières des États-Unis. Et rien dans votre champ de vision n’indique qu’en entrant dans cette zone, vous acceptez que vos données puissent être utilisées ».

Des arguments et une posture auxquels certains pourront lui opposer le fait que la surveillance est d’abord censée participer d’abord à la sécurité d’une nation, et que son système peut finir par coûter de l’argent au contribuable. A condition que ces dispositifs soient eux-mêmes surveillés et sérieusement réglementés, ce ne semble malheureusement pas toujours être le cas. Aux USA ils n’ont pas le RGPD, ils ont des t-shirts.

Newsletter 🍋 Inscrivez-vous à la newsletter tout juste sortie du four, rien que pour vous

4 Commentaires

4 Commentaires

  1. arthur

    29 août 2019 at 12 h 10 min

    Une bonne grosse idée de con et de merde !
    Quel est l’intérêt de cela : Mettre des bâtons dans les roues de la police ? Réduire le niveau de sécurité ?

    Faudra pas venir pleurer au prochain attentat !

  2. stef

    29 août 2019 at 14 h 10 min

    Quand le chef refait un article sur le même thème que son collaborateur, avec 1 semaine d’écart…
    https://www.presse-citron.net/ces-vetements-sont-concus-pour-tromper-les-cameras-de-surveillance/

    • Eric

      29 août 2019 at 14 h 59 min

      Exact, bien vu. C’est la reprise après de longues vacances, j’ai dû rater quelques épisodes (mais pas vous apparemment) 🙂 Merci, on va être vigilants.

  3. Gammarnazi

    29 août 2019 at 20 h 49 min

    Et sans fautes ça serait pas mal aussi ^^ une « gramme de fringues »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les bons plans 🔥

Dernières news

Newsletter 🍋 Inscrivez-vous à la newsletter tout juste sortie du four, rien que pour vous

Les tests