Le 26 avril 1986, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire s’est produite à Tchernobyl en Ukraine, à quelques trois kilomètres de la ville de Pripiat. Les conséquences de l’explosion des réacteurs 4 et 5 de la centrale ont été catastrophiques avec plus de 200 000 personnes évacuées, des centaines de décès liés aux radiations et une nature bouleversée à tout jamais.
La zone touchée, qui s’étend sur une superficie de 2 600 km², a subi des dommages importants pour la faune et la flore mais la nature y a depuis repris ses droits. A cet égard, la mini-série Chernobyl écrite par Craig Mazin offre une narration fluide du déroulé des faits, depuis le début de la catastrophe jusqu’à aujourd’hui.
Une signature génomique unique
Comme le rappellent nos confrères de Sciences et Avenir, les effets des radiations ont seulement été étudié sur des souris “mais jamais aucune étude génétique sur les gros mammifères n’avait été menée”.
En 2017, une équipe de chercheurs américains a prélevé environ 300 échantillons sanguins de chiens errants dans trois zones spécifiques : l’une proche de la centrale, une autre à 15 kilomètres, dans la ville de Tchernobyl, et la troisième à 45 kilomètres, dans le village de Slavoutytch.
Publiés au courant du mois de mars (ici), les résultats de cette enquête montrent que les cas les plus proches de la centrale possèdent un taux de césium-137, un radioélément toxique, deux cents fois supérieur à ceux qui vivent dans la ville proche de Tchernobyl.
Par ailleurs, les populations de chiens errants étudiés sont génétiquement différentes entre elles. “La différenciation génétique par rapport aux autres chiens de race pure et en liberté suggère que les populations de Tchernobyl ont une signature génomique unique”, décryptent les experts dans leur rapport.
Comment ont-il survécu ?
De ces premières conclusions, les scientifiques veulent aller plus loin et comprendre comment les chiens sont parvenus à s’adapter pour survivre dans l’un des endroits les plus radioactifs au monde. Tout l’enjeu de ces analyses est ensuite de comprendre les effets de l’exposition à long terme aux radiations sur la génétique et la santé humaine.
David Brenner, un bio-physicien à l’université de Columbia qui a mené cette étude et cité par le magazine Geo, reconnait qu’il sera toutefois compliqué de déterminer les changements génétiques qui ont été causés par les radiations de ceux résultants d’autres facteurs.
Christophe Hitte, de l’équipe Génétique du chien (IGDR, Rennes), relayé par nos confrères de Sciences et Avenir estime “que les gènes impliqués dans la réparation de leur ADN devaient être plus efficaces en situation hostile que chez un chien lambda qui n’aura pas survécu”. Le scientifique est toutefois très enthousiaste : “Une colonie de chiens relativement isolés qui se sont reproduits depuis 30 ans dans un environnement aussi mutagène, c’est un matériel de choix pour un généticien !”.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.