- Une responsable travaillant dans une compagnie d’assurance australienne a fait les frais d’un audit de son employeur pour surveiller la présence devant l’ordinateur de sa responsable exerçant en télétravail.
- Cette technologie observant entre autres la frappe au clavier, a mis en évidence une implication discutable dans les activités de l’entreprise
- Licenciée à cause de cet audit, l’intéressée a tenté sans succès un recours auprès de l’équivalent australien des prud’hommes
La question de savoir si votre employeur peut effectivement vous espionner au travers de moyens comme un ordinateur de fonction, messagerie interne ou mail professionnel mis à votre disposition par l’entreprise revient régulièrement dans l’actualité. De l’autre côté du pacifique, plusieurs barrières semblent en tout cas être tombées en la matière, surtout depuis la hausse du recours au télétravail des suites de la pandémie de COVID-19.
Les employeurs qui autorisent toujours leurs collaborateurs à exercer leur activité en télétravail veulent s’assurer de l’implication de leurs employés. Et pour cela ils sont prêts à user de technologies parfois assez invasives, même s’il faut noter que ces dernières entrent généralement dans le cadre légal en vigueur à de rares exceptions près.
La FWC donne raison à la compagnie d’assurance
Or, il faut bien reconnaître, comme le montre le cas dont nous allons parler, que l’outil déployé en interne par Insurance Australia Group (IAG) est… redoutable. Suite aux manquements répétés d’une responsable, en charge de créer de documents d’assurance, s’assurer du respect des délais réglementaires et de… la “conformité du travail à domicile” sa direction a décidé de soumettre la salariée à un audit et un plan d’amélioration des performances.
Le problème c’est qu’un mouchard sur son ordinateur a permis de constater, pendant la période monitorée, que la responsable n’avait effectivement pas touché son ordinateur pendant 44 jours, avait commencé en retard 47 fois et terminé en avance 29 fois. Mais le plus affligeant est sans doute le taux de frappe clavier enregistré sur cet ordinateur.
Pendant les heures de travail de tout le mois d’octobre, la personne en question n’a rien frappé du tut pendant 117 heures, chiffre qui est monté à 143 heures le mois suivant pour descendre à 60 heures le mois suivant. En moyenne, l’employée avait un taux de 54 frappes sur son clavier par heure, ce qui a immédiatement semblé incompatible avec la réalisation des tâches qui lui étaient assignées.
L’employeur décide donc de la licencier le 20 février 2023. L’intéressée a alors intenté un recours auprès de la Fair Work Commission (FWC), l’équivalent australien des prud’hommes – qui a analysé son cas avec attention. La plaignante estime en effet avoir été victime d’une action concertée de ses supérieurs pour l’écarter, “en raison de [sa] santé mentale”.
La plaignante a toutefois déjà fait les frais d’un avertissement pour ses piètres performances, et s’est montrée incapable d’expliquer ses manquements – tout en accusant les données d’être fausses, avant de se replier derrière ses difficultés personnelles et sa santé mentale comme explication de ses problèmes de performances. De son côté, la FWC n’a pas été vraiment convaincue par les arguments de l’ex-salariée.
Dans sa décision finale, la FWC a ainsi estimé que “la requérante a été licenciée pour un motif valable de mauvaise conduite”, et que même s’il y a des raisons de le regretter, son licenciement n’était “ni sévère, injuste ou déraisonnable”, relevant au passage que l’employée est restée dans les effectifs de l’entreprise pendant 18 ans.
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“La période monitorée”. Tranquille, sans honte ! xD