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Comment le Français Coyote tient tête aux géants Waze et Google Maps

Autrefois leader incontesté de l’alerte en temps réel, Coyote a dû s’adapter à l’arrivée de concurrents gratuits comme Waze. S’il n’est plus numéro 1 de l’avertissement, il réussit à tenir tête à ces géants grâce, notamment, à une excellente stratégie de diversification.

Si vous aviez l’habitude de sillonner les routes au début des années 2000, vous n’avez pas pu passer à côté de Coyote. Lancé en 2005, le système d’alerte communautaire s’est vite imposé comme une référence jusqu’à devenir leader des services du genre. Mais face à l’arrivée de solutions gratuites comme Waze, l’entreprise française a dû s’adapter. Et elle le fait de fort belle manière. Pour preuve, les clients historiques (Coyote compte 5 millions d’utilisateurs à ce jour, dont une majorité de clients premium) continuent de lui faire confiance.

Stéphane Curtelin, directeur marketing de Coyote (ex-Sony puis Huawei), admet tout de même que « pendant un temps, Waze a freiné l’adoption de Coyote ». Mais l’entreprise française a très vite su réagir. Grâce à ses équipes à Suresnes et Bordeaux (aujourd’hui 300 personnes dont plus de 100 développeurs), l’entreprise, qui maîtrise à la fois le hardware et le software, annonçait 135 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022.

« Éviter la faute d’inattention »

Pour se distinguer de Waze et consorts, Coyote se veut plus qu’un simple service d’alerte, même si cela reste dans son ADN. L’idée de l’entreprise, au-delà de signaler les zones de contrôle et de danger, est de « libérer l’esprit du conducteur au quotidien » explique Stéphane Curtelin. Coyote se veut la « solution pour éviter la faute d’inattention ».

Une proposition qui a du sens. En France, malgré la démocratisation de Waze, on compte encore 14 millions de véhicules flashés pour 760 millions d’euros. « Sur certaines portions de route, on peut compter 17 changements de vitesse sur 100 km seulement » explique le directeur marketing de l’entreprise.

La plus-value de Coyote est donc son fameux son « bip-bip » qui avertit le conducteur d’une zone de contrôle ou de danger, tout en ne détournant pas ses yeux de la route. Les développeurs ont aussi revu l’interface de l’application afin que l’alerte soit plus visible et plus précise pour celles et ceux qui ne pourraient s’empêcher de consulter leur écran l’espace de quelques dixièmes de secondes.

Certes, le service est payant (14 euros par mois maximum avec Android Auto et Apple CarPlay) contrairement à Waze. Mais il est vite rentabilisé, une amende pour excès de vitesse coûtant 135 euros (presque un an d’abonnement).

Coyote insiste : « l’idée n’est pas d’inciter les conducteurs à rouler plus vite mais de les protéger de la faute d’inattention ». Par ailleurs, l’entreprise n’a pas vocation à rivaliser avec Waze. Ses chiffres le démontrent : les adeptes des deux services n’ont pas les mêmes profils.

Si Waze est pertinent pour les conducteurs occasionnels, Coyote adresse un public de conducteurs réguliers : les Français qui prennent leur voiture matin et soir pour les trajets domicile-travail (65% des français vivent en zone périurbaine), les gros rouleurs et les professionnels de la route. « Il y a de la place pour tout le monde » assure Stéphane Curtelin, beau joueur.

Cap sur la sécurité

Face à la montée de la concurrence, Coyote a eu la bonne idée de développer de nouvelles activités. Toujours dans l’optique de faciliter la vie des conducteurs, l’entreprise a lancé Coyote Secure en 2018, un service de récupération de véhicules volés. « En France il y a un vol toutes les 4 minutes et les chiffres sont en augmentation de 9% après une décennie de baisse » explique Stéphane Curtelin.

Le principe de Coyote Secure est simple : un boîtier – disponible sur le site officiel, chez les assureurs ou chez l’un des 1 000 concessionnaires partenaires – est installé dans le véhicule par le concessionnaire ou Carglass, partenaire de Coyote. Ce traceur émet des signaux multiples (GPS, Sigfox et Lora) pour une localisation précise du véhicule. Une fois déclaré volé, un mode track est déclenché pour accéder à la localisation.

Des détectives, salariés de Coyote (issus des forces de l’ordre ou de métiers de la sécurité) cherchent ensuite à retrouver le véhicule directement sur le terrain. Le détective est équipé d’un boîtier à ondes courtes pour repérer le véhicule dans les derniers mètres.

Selon Coyote, 91% des véhicules sont retrouvés en 48 heures grâce à ce dispositif et dans 93% des cas en bon état, 9 véhicules sur 10 étant volés par des moyens électroniques.

À ce jour, Coyote Secure a convaincu 400 000 utilisateurs, sans communication de l’entreprise… pour le moment. Coyote compte s’appuyer sur ses partenaires, les assureurs Axa, Covea ou encore Generali pour recommander voire rendre obligatoire Coyote Secure dans leurs contrats d’assurance.

La start-up compte pousser cette offre tout au long de l’année 2024 avec plusieurs objectifs : consolider sa dynamique en France mais aussi développer les pays limitrophes et l’Europe. Parmi les adeptes de Coyote, la Belgique, l’Italie et l’Espagne figurent en tête. Et les Etats-Unis, pays de gros rouleurs ? « Ce n’est pas prévu pour le moment, on y va étape par étape » conclut Stéphane Curtelin.

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