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Le Pentagone jette 6 milliards de dollars par la fenêtre : le nouveau système GPS est un fiasco

Après 16 ans de développement et 6 milliards de dollars engloutis, le Pentagone vient de saborder OCX, le futur système de contrôle des satellites GPS. En pleine guerre, l’armée américaine préfère recycler ses vieux logiciels plutôt que de s’enferrer dans un fiasco industriel.

Le Pentagone a tranché et la sentence est irrévocable : le programme OCX, censé révolutionner le système de contrôle au sol des satellites GPS, est annulé. Confié à Raytheon, devenu RTX, en 2010, ce contrat devait être livré en 2016 pour la moitié du prix actuel.

Dix ans plus tard, alors qu’il était en développement depuis 16 ans avec une facture vertigineuse à hauteur de 6,27 milliards de dollars, le système est si instable qu’il est jugé « insurmontable ». Mais que s’est-il passé ?

Pentagone
© Wikipedia

Le système mettait en péril l’ensemble des capacités GPS actuelles

Ce système « nouvelle génération » était censé débloquer les capacités avancées des satellites GPS III, avec une meilleure protection contre le brouillage et un signal civil plus précis. Mais les derniers tests ont révélé des failles critiques : selon le colonel Stephen Hobbs, l’intégration d’OCX mettait en péril les capacités GPS actuelles, tant militaires que civiles.

Concrètement, il risquait de corrompre les données de synchronisation mondiales. De quoi possiblement provoquer un black-out total ou envoyer des missiles sur la mauvaise cible. Plutôt que de basculer vers l’inconnu, l’armée américaine a choisi de rester sur son système actuel, l’Architecture Evolution Plan (AEP), datant tout de même des années 90. Si ce dernier a été modernisé à la hâte pour assurer l’essentiel, c’est bel et bien un aveu d’échec cuisant.

« Il est important que nous affinions et mettions à jour les processus d’acquisition pour donner la priorité à une livraison rapide et incrémentale de capacités, plutôt qu’à des livraisons de systèmes complexes de type “tout ou rien” », martèle Tom Ainsworth, responsable des acquisitions de l’armée de l’air, dans un communiqué de presse.

« Le département de la Guerre a clairement indiqué que nous devions livrer des capacités de combat à un rythme plus rapide. Nous devons continuer à travailler avec l’industrie pour répondre aux besoins de nos combattants, tout en nous concentrant sur la fourniture de la technologie adéquate dans les délais impartis afin de renforcer nos capacités et de maintenir notre supériorité spatiale », poursuit-il.

Notre analyse

Cette annonce intervient dans un contexte géopolitique explosif. Alors que les États-Unis sont engagés dans un conflit direct contre l’Iran et que les tensions mondiales sont à leur paroxysme, la fiabilité du GPS est une question de survie.

Pour répondre aux menaces immédiates, l’armée veut désormais de l’agilité, des mises à jour fréquentes et des résultats concrets. Le grand gagnant de ce changement de cap est Lockheed Martin, qui vient de remporter un contrat de 105 millions de dollars pour moderniser d’urgence le système actuel.

  • Après 16 ans et plus de 6 milliards de dollars investis, le Pentagone annule définitivement le programme OCX.
  • L’armée refuse de déployer un logiciel buggé qui risquerait de paralyser le signal GPS mondial, et préfère moderniser ses anciens systèmes.
  • Ce fiasco marque la fin des mégaprojets « tout ou rien » au profit d’une approche plus agile.

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