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Comment Slack est devenu un outil de révolte qui terrorise les patrons

La messagerie professionnelle change la donne dans de nombreuses entreprises.

Lancée en août 2013, la messagerie professionnelle Slack a connu une croissance très rapide. Ainsi, elle compte aujourd’hui plus de 10 millions d’utilisateurs actifs et parmi ses clients, on retrouve les plus grandes entreprises américaines mais aussi les équipes de certains candidats à l’élection présidentielle. Le service a été racheté l’an dernier par Salesforce pour la somme astronomique de 27 milliards de dollars.

Slack ringardise l’e-mail et crée des relations de travail décontractées

Le magazine The Atlantic a publié une analyse très détaillée pour mieux comprendre à quel point Slack change la donne dans les sociétés qui l’utilisent. On peut tout d’abord noter que cet outil a ringardisé les mails internes. Oubliées la lourdeur des formules de politesse et des chaînes des transferts à répétition, place aux messages sans filtre, qui peuvent être lu à tout moment.

De même, Slack apporte un côté bien plus détendu aux relations de travail. Il en va ainsi des couleurs pétillantes, du robot qui prend les utilisateurs sous son aile, ou encore de l’utilisation des GIFS et des émojis qui donnent à l’interface une ambiance plus décontractée.

Dès lors, la messagerie est devenu le point central de nombreuses entreprises. Un lieu important pour le travail mais aussi pour les relations sociales. Slack est l’équivalent virtuel de la machine à café, du couloir et de l’open space réunis. Un outil d’échanges informels, comme de relation professionnelle très sérieuse. Cela a d’ailleurs assuré son succès en plein cœur de la pandémie, où des employés qui ne se connaissaient pas forcément très bien jusque là, ont pu rentrer en contact.

Des collectifs renforcés pour le meilleur et pour le pire

Si Slack permet de fluidifier les communications, il entraîne aussi un certain nombre de changements qui déplaisent parfois aux directions. The Atlantic cite l’exemple d’une employée d’origine musulmane devenue l’objet de brimades de la part de ses collègues. Elle a été visée par des blagues racistes et un fil de discussion baptisé « le jambon » permettait de pointer du doigt un salarié qui avait fauté. Cet humour nauséabond s’est soldé par le licenciement de deux d’entre eux et l’archivage du canal.

Dans certains cas, le service permet aussi de libérer la parole dans un sens qui peut déplaire aux patrons. Sur Slack, chaque voix peut potentiellement avoir le même impact, du salarié débutant au grand PDG. Il y a aussi un effet grisant qui peut inciter des employés à prendre la parole, alors qu’ils ne le feraient pas en public.

Chez Apple, la direction a ainsi décidé d’empêcher ses salariés de créer un canal dédié à l’équité salariale. Ils ont pour cela invoqué un règlement selon lequel la messagerie est censée « faire progresser le travail, les résultats ou la mission des départements et des équipes » et pas autre chose.

Autre exemple cité par nos confrères, le magazine BuzzFeed où le CEO, Jonah Peretti, s’est fait directement attaquer sur le canal général. En juin, CNBC a publié un article indiquant que le groupe allait rentrer en bourse. Des employés ont alors créé le #aja pour ask Jonah (demandez à Jonah Ndlr). La parole s’est alors libérée et l’un d’entre eux a par exemple dit : « Nous aurions aimé l’entendre directement de votre bouche, Jonah, car la plupart d’entre nous l’ont appris par CNBC ». Dans la foulée, de nombreux émojis pouces en l’air ont approuvé et les messages ont afflué. Le directeur a fini par prendre la parole pour expliquer que les règles en vigueur l’avaient empêché d’en informer son équipe.

Au final, et comme l’analyse Stephen Miles, un consultant cité par le journal américain, Slack revêt des côtés positifs et négatifs pour les entreprises. Un collectif peut se dégager et aller à l’encontre des plans voulus par l’encadrement. « Que vous considériez cela comme une opportunité ou une menace dépend probablement de votre place dans la hiérarchie », précise l’expert.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. En effet petite coquille dans le texte.. ce n’est pas 27 Millions mais 27 Billions, soit 27 Millards.. pas pareil! Ça fait cher la lettre.. 😉

Les commentaires sont fermés.