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Critique Oppenheimer : quand Nolan sort l’artillerie lourde

Le maître est de retour avec Oppenheimer, un film consacré au père de la bombe atomique.

Alors que Barbie nous invite à voir la vie en rose, un candidat sérieux lui fait face dans les salles obscures. À l’extrême opposé du nouveau film de Greta Gerwig, il y a Oppenheimer, le dernier métrage réalisé par Christopher Nolan. Avec Oppenheimer, le cinéaste entend bien nous donner une leçon d’Histoire et pas n’importe laquelle. J. Robert Oppenheimer est considéré comme le père de la bombe atomique.

Depuis de longues semaines, Christopher Nolan fait monter la mayonnaise, à deux doigts de nous promettre qu’Oppenheimer est l’expérience cinématographique d’une vie. Le réalisateur a l’habitude de nous transporter et de nous laisser sans voix. En s’intéressant au créateur de la bombe atomique et avec une distribution 5 étoiles, le long métrage dispose de tous les ingrédients pour nous séduire. Ainsi, les attentes sont élevées pour Oppenheimer.

L’Histoire avec un grand H

Christopher Nolan a décidé de s’attaquer à un pan de l’Histoire aussi fascinant que pétrifiant. Sciences et politique rythment la vie de Robert Oppenheimer, le physicien qui deviendra le père de la bombe atomique et aura, ainsi, un rôle primordial dans la victoire des États-Unis face au Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Le film est inspiré de faits historiques bien réels et du livre American Prometheus: The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer écrit par Kai Bird et Martin J. Sherwin

Avec Oppenheimer, Christopher Nolan a beaucoup de choses à nous raconter. Le protagoniste est complexe et son parcours est passionnant. Comme souvent dans les œuvres du réalisateur, les intrigues et les points de vue se mêlent savamment, tout comme le passé et le présent, et nous assistons à un véritable labyrinthe. Le film s’ouvre après la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes en pleine Guerre froide et J. Robert Oppenheimer a perdu son statut de privilégié, soupçonné d’avoir des liens très étroits avec l’URSS par ses relations passées. Nolan décortique alors tout ce qui a pu amener Oppenheimer à ce point précis. En parallèle, nous rencontrons Lewis Strauss, président de la Commission de l’énergie atomique des États-Unis.

Vous l’aurez compris, le synopsis d’Oppenheimer est loin d’être facile à résumer. Il y a de nombreux personnages et de multiples intrigues et sous-intrigues, plus complexes les uns que les autres. Si Oppenheimer nous prend en tripes, tant l’histoire est captivante, le cinéaste s’amuse à nous faire quelques nœuds au cerveau. C’est du Nolan tout craché. Oppenheimer est un long métrage de 3 heures et si cette durée se justifie, on pourrait reprocher au réalisateur de vouloir trop en faire, au risque de perdre les spectateurs en cours de route. Pas question de décrocher une seule seconde, Oppenheimer est un film nébuleux et intense, parfois prétentieux. Ce qui est sa force, mais aussi sa faiblesse.

Une expérience cinématographique désarmante

Outre un scénario parfois inextricable, Oppenheimer offre un véritable moment de cinéma comme Christopher Nolan en a le secret. Le long métrage nous invite à vivre une expérience mémorable et voir Oppenheimer ailleurs que dans une salle obscure serait véritablement regrettable.

Le métrage a été pensé pour être vu sur un grand écran, filmé exclusivement avec ces caméras IMAX. Tout simplement spectaculaire, le dernier bébé de Nolan devrait satisfaire les cinéphiles. Oppenheimer profite d’une mise en scène époustouflante et de plans marquants. Nous nous sommes retrouvés à retenir notre souffle à plusieurs reprises.

Bien plus qu’une pépite visuelle, Oppenheimer nous saisit surtout avec un mixage sonore d’exception. L’ambiance sonore du long métrage est saisissante et presque étouffante. Elle contribue à rendre l’atmosphère d’Oppenheimer lourde et intense. Le son sert l’image, et vice-versa. On ne peut que saluer la prouesse technique qu’il a fallu pour nous offrir Oppenheimer.

Extrait de Oppenheimer
© Universal Pictures

Un casting explosif

Les personnages sont nombreux et pour incarner de telles figures historiques, il fallait bien compter sur le haut du panier. Christopher Nolan a, ainsi, fait appel à l’un de ses acteurs préférés, qu’on a déjà croisé dans moult œuvres du cinéaste. Il s’agit de Cillian Murphy, qui est notamment connu pour son rôle de Tommy Shelby dans Peaky Blinders. Dans Oppenheimer, l’acteur irlandais livre une prestation puissante qui force le respect. Si le personnage est complexe et passionnant, Cillian Murphy réussit à retranscrire toutes les nuances de sa personnalité.

Mais Cillian Murphy n’est pas seul à l’affiche d’Oppenheimer. Robert Downey Junior lui fait face, permettant à l’acteur de nous offrir l’une de ses meilleures performances. Il y incarne Lewis Strauss, le président de la Commission de l’énergie atomique des États-Unis. Emily Blunt, Matt Damon, Ben Safdie ou encore Florence Pugh sont également en grande forme.

Extrait de Oppenheimer
© Universal Pictures

Oppenheimer : fait-il l’effet d’une bombe ?

Techniquement, Oppenheimer est une véritable prouesse qui régalera tous les amateurs de cinéma. L’expérience, sonore comme visuelle, que propose Christopher Nolan est éblouissante. Oppenheimer fait partie de ces films qu’il faut absolument voir au cinéma, dans les meilleures conditions possibles. Malheureusement, à vouloir en faire trop, le réalisateur se perd un peu. Un poil prétentieux, Oppenheimer souffre d’un scénario parfois trop confus qui ferait pousser un soupir à n’importe qui et qui empêche d’être complètement transcendés par l’expérience.

C’est du Nolan, dans le bon sens comme dans le mauvais sens du terme. L’intrigue aux multiples couches (parfois indigestes) est sauvée par des acteurs impressionnants, un mixage sonore magistral, des plans mémorables et une mise en scène ingénieuse. Avec Oppenheimer, le cinéaste nous offre une leçon de cinéma ainsi qu’une leçon d’Histoire. Mais nous aurions aimé que Nolan réfrène ses envies de tout complexifier sans justification.

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Oppenheimer

8

Note globale

8.0/10

On aime

  • Une maîtrise technique impressionnante
  • Le mixage sonore est fantastique
  • Le jeu des acteurs est sensationnel
  • Une scénario fascinant

On aime moins

  • Une surenchère d'intrigues et sous-intrigues trop complexes
  • Quelques lenteurs