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Critique Barbie : un joyau rose bonbon

Le jour de gloire est arrivé : ce mercredi 19 juillet 2023 marque la sortie du (très attendu) Barbie de Greta Gerwig. Un aller-simple pour un univers rose pétillant mais bien plus encore.

À 64 ans, il était l’heure pour Barbie de s’offrir une nouvelle jeunesse. Pour cela, la poupée de Mattel peut compter sur Greta Gerwig, réalisatrice pleine d’ambitions, de talent et d’intelligence. Annoncé depuis 2019, le long métrage Barbie s’est fait attendre. Mais tout nous laissait présager qu’il pourrait être question du film de l’année. Depuis plusieurs mois, l’engouement autour du projet est ahurissant et la campagne marketing redoutable de Warner Bros. a fini le travail. Du rose, en veux-tu, en voilà.

Ainsi, malgré notre foi infaillible envers Greta Gerwig, on commençait à se demander si le long métrage serait capable de répondre à toutes nos exigences. Alors quand on arrive dans la salle obscure pour (enfin !) découvrir Barbie, le mystère reste entier : est-ce que le film sera à la hauteur ? Sera-t-il, soyons fous, même mieux que ce à quoi nous nous attendons ? Les lumières s’éteignent et c’est l’heure du verdict pour Barbie.

Nous n’allons pas faire durer le suspense plus longtemps. Alerte rose : nous avons vu Barbie et nous avons adoré. On vous dit tout dans notre critique du long métrage dédié à la plus célèbre poupée du monde entier.

La vie en plastique, c’est fantastique

Êtes-vous prêt à voir la vie en rose ? Forcément, Barbie profite d’une esthétique colorée et acidulée avec du rose bonbon à tout va. Mais qui va s’en plaindre ? Certainement pas nous ! Ainsi, nous découvrons Barbie Land, un monde où les Barbie savent tout faire. Quant aux Ken… Bon, eh bien, ils sont là. Visuellement, nous en prenons plein les yeux. Les décors et les costumes de Barbie sont tout simplement splendides.

Pour tous ceux qui ont déjà joué avec une poupée Barbie, c’est un retour direct en enfance que nous offre Barbie. Ses dialogues sont une mine d’or. Quand on débarque à Barbie Land, les échanges, parfois sans tact, entre les Barbie et les Ken nous rappellent ceux que nous pouvions inventer lorsque nous jouions avec nos poupées.

Ainsi, à Barbie Land, tout est parfait. Chaque jour est idyllique. Hier, aujourd’hui, demain, après-demain. Les Barbie vivent un rêve éveillé. Tous les soirs, c’est “soirée filles” et les fêtes pétillantes avec chorégraphies coordonnées sont tout à fait normales.

Tout va bien dans le meilleur des mondes… Jusqu’au jour où la Barbie Stéréotypée, incarnée par Margot Robbie, constate quelques problèmes : ses pieds touchent le sol (horreur !) et globalement, tout va de travers dans sa vie parfaite. Le seul moyen de régler cela ? Un tour furtif, mais non sans conséquences, dans le Vrai Monde. Pour cette Barbie qui n’a jamais mis un orteil en dehors de Barbie Land, il s’agit d’un véritable voyage initiatique qui commence.

À bas le patriarcat ?

Alors que son passage dans le Vrai Monde doit permettre de régler tous les problèmes de Barbie, le choc avec la réalité devient une véritable menace pour Barbie Land. Si le Vrai Monde déçoit notre Barbie Stéréotypée, qui pensait sincèrement que ses copines et elle avaient fait bouger les choses pour les filles et les femmes du monde entier, il devient un Eldorado pour son collant et insipide Ken qui découvre son pouvoir en tant qu’homme.

Car Barbie sait tout faire. Barbie est astronaute, présidente, docteure, physicienne ou détient un prix Nobel. Depuis toujours Ken n’est qu’un simple accessoire servant Barbie. Puis, soyons honnêtes, la plupart des petites filles préféraient Action Man à Ken. Dans tous les cas, la place des Ken à Barbie Land reflète la réalité du copain de Barbie.

Deux salles, deux ambiances, donc. Après avoir découvert le sexisme et le harcèlement de rue, Barbie n’a pas d’autre choix que de voir la (triste) réalité en face. Ainsi, Barbie porte un regard très juste sur notre société à travers les yeux de la poupée la plus stéréotypée du monde.

Tout en gardant un ton relativement léger, le long métrage de Greta Gerwig dénonce les problèmes de notre société et entend bien réveiller les consciences (pour ceux qui en ont besoin). Oui, Barbie est un film réalisé par une femme pour les femmes. Les diverses thématiques et messages sous-jacents de Barbie feront écho à toute la gent féminine. Mais le long métrage s’adresse aussi aux hommes qui, précisons-le, subissent également le patriarcat.

Extrait de Barbie
© Warner Bros.

Outre une douce ode au féminisme, Barbie est un long métrage qui parle d’émancipation et d’identité. Qui sommes-nous ? Qui voulons-nous devenir ? Quelle est notre voie ? Que pouvons-nous faire ? Toutes ces questions n’étonneront pas les adeptes de la réalisatrice puisqu’on les retrouve régulièrement dans ses œuvres. Finalement, ce film ressemble à Greta Gerwig et c’est tant mieux.

Si Barbie a entretenu cette couche de vernis rose bubblegum, le film est bien plus que cela. Le premier teaser, qui est également le prologue du métrage, nous avait déjà mis la puce à l’oreille. En reprenant une scène emblématique de 2001 : L’Odyssée de l’espace, Greta Gerwig posait les bases. Le long métrage multiplie les références subtiles et les clins d’œil intelligents. Barbie n’hésite pas à tremper dans le meta et à disséminer des piques bien senties, ce qui a le don de déclencher l’hilarité des spectateurs.

Des acteurs étincelants

Outre un scénario intelligent et une mise en scène ingénieuse, Barbie peut compter sur une distribution aux petits oignons. À l’affiche du film, il y a du beau monde. La petite troupe est menée tambour battant par Margot Robbie et Ryan Gosling.

L’actrice australienne est comme un poisson dans l’eau dans ce rôle. Il n’y a pas plus Barbie que Margot Robbie. L’interprète brille de mille feux et son incarnation de la Barbie Stéréotypée est aussi drôle que touchante. Face à sa crise existentielle, on ne peut que se retrouver en elle. Même sans être grande, blonde et fine.

De son côté, Ryan Gosling crève l’écran. S’il n’est peut-être pas question du meilleur rôle de sa filmographie, son interprétation de Ken s’inscrit tout en haut du classement. Pour faire simple, Ryan Gosling semble né pour jouer Ken. Entre tête à claques et clown de service, le Ken de Ryan Gosling est impeccable. Avec une mention spéciale pour son solo musical entêtant.

Ryan Gosling et Margot Robbit dans Barbie
© Warner Bros.

Que dire de Kate McKinnon, la Barbie bizarre, et Michael Cera, qui interprète Allan ? Les deux tirent leur épingle du jeu face à toute une armée de Barbie et Ken. Mais nous ne pouvons pas passer sous silence la prestation d’America Ferrera (Ugly Betty). Cette humaine joue un rôle primordial dans le film, bien plus que ce que les bandes-annonces ont voulu nous faire croire. L’actrice rayonne et livre, notamment, un monologue surprenant et poignant sur la condition féminine.

Oui à Barbie !

Frais, drôle, touchant, intelligent, juste en tous points… Barbie s’impose comme le film de cet été. Nous pourrions même dire qu’il est question du métrage de l’année. Pour tout ce qu’il représente. Pour les acteurs qui se sont surpassés. Pour l’esthétique, les costumes, les décors. Pour le scénario. Pour son humour. Pour son regard sur notre société. Pour sa mise en scène. Pour sa bande-son. Que vous soyez fan de la poupée de Mattel ou pas, Barbie est à voir absolument.

Greta Gerwig réussit à nous faire rêver avec une poupée que beaucoup jugent ringarde depuis un moment. À 64 ans, Barbie est plus en forme que jamais. Il y a de quoi voir la vie en rose… Barbie nous avait promis monts et merveilles et, chose rare, a réussi à tenir ses promesses. Le long métrage répond à toutes nos exigences et les deux heures passent sans que nous puissions nous en apercevoir.

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Barbie

9.5

Note Globale

9.5/10

On aime

  • Un scénario drôle et intelligent
  • Un jeu d'acteurs exceptionnel
  • Des décors et des costumes magnifiques
  • Une bande-son au top
2 commentaires
2 commentaires
  1. Encore une très bonne critique, je ne suis pas allé jusqu’au bout ayant peur de me faire spoil. Mais les premiers paragraphes m’ont déjà assez hypé. Merci Manon pour cet article.

  2. Ce film est une daube monumentale, les acteurs acceptent vraiment n’importe quoi pour le fric ! Arretez de faire une telle promotion pour un tel navet, plusieurs personnes ont quitté la salle en milieu de séance tellement c’était nul et je pèse mes mots ! Sans nul doute le 1er prix pour la ceremonie des Gerard !

Les commentaires sont fermés.