Dans un peu plus d’un mois, certains d’entre nous célébreront Halloween, des festivités dont les racines remontent à l’Antiquité, avec la fête celtique de Samain. L’Église catholique a ensuite établi la Toussaint le 1ᵉʳ novembre pour christianiser cette tradition païenne, donnant naissance à All Hallows’ Eve, ou « la veille de la Toussaint ». Outre-Atlantique, c’est une tradition avec laquelle on ne plaisante pas et dans nombre de quartiers pavillonnaires, les maisons se parent de décorations grandiloquentes. Citrouilles, squelettes et tombes en plastiques, fausses toiles d’araignée, lumières stroboscopiques et effets de fumée : les américains adorent célébrer cette fête ainsi et y mettent donc les moyens.
Bien que cette tradition soit un peu moins répandue en France, la culture américaine a tendance à se répandre un peu partout sur la planète. En effet, il est de moins en moins rare de trouver par chez nous, en zone rurale, des maisons décorées de ces artifices de plus ou moins bon goût. Un folklore importé qui n’est pas sans conséquence pour la faune sauvage de nos jardins. Jennifer Bloodgood, vétérinaire spécialisée en faune sauvage à l’Université Cornell (Ithaca, État de New York), a tiré la sonnette d’alarme auprès de Popular Science sur les impacts de cette pratique.
Halloween : des ornements qui deviennent des pièges mortels
Pour Bloodgood, parmi les décorations les plus problématiques figurent les fausses toiles d’araignées ; elle explique que les oiseaux sont les principaux animaux concernés, car ils risquent de s’y emmêler en plein vol. Elle ajoute également que « de petits mammifères peuvent aussi être touchés s’ils se déplacent au sol : souris, campagnols, taupes, voire des animaux un peu plus gros comme des opossums ».
Dans le cas des opossums, aucun risque d’en croiser chez nous ; ce sont de petits marsupiaux vivant uniquement sur le continent américain. En revanche, les autres animaux cités par la vétérinaire existent bien chez nous et la faune européenne, déjà en danger, n’a pas besoin de se retrouver avec cette menace supplémentaire.
Ces toiles artificielles, si elles sont accrochées aux branches d’un arbre ou au milieu d’un jardin, barrent le passage des oiseaux ou chauve-souris, qui s’y retrouvent piégés. Ces fibres synthétiques, souvent conçu en polyester, peuvent être aussi avalées par erreur. Bloodgood précise qu’« un animal pourrait, par exemple, tenter de manger une proie coincée dans la toile factice, et avaler le matériau en même temps ». Même s’il n’est pas toxique, il peut obstruer le système digestif des animaux et les mener à la mort.
Les fameuses citrouilles creusées et illuminées par des bougies posent aussi problème. Même si ces cucurbitacées ne sont pas les variétés les plus savoureuses pour l’humain, elles sont une source de nourriture aisément accessible pour certaines bêtes, qui y voient un festin. En se précipitant sur ces décorations, ces animaux peuvent traverser une route et se faire percuter par une voiture.
Si vous tenez absolument à décorer votre maison, gardez cette idée en tête : vous n’êtes pas seuls et ces petites bestioles étaient là avant vous et n’ont pas demandé à risquer leur vie pour un décor qui ne durera que quelques jours. Pollution lumineuse, déchets, bruits, urbanisation : ils ont déjà beaucoup à affronter pour que nous leur rajoutions des entraves dispensables. L‘ambiance restera intacte si vous collez vos toiles d’araignées aux murs, posez vos citrouilles à l’abri des routes et ne laissez pas trop traîner vos décorations après le 31 octobre. C’est promis !
- Les toiles artificielles tendues dans les jardins à Halloween sont de véritables filets où oiseaux et chauves-souris peuvent rester coincés.
- Ces fibres synthétiques risquent aussi d’être avalées par des animaux en quête de nourriture, avec des conséquences graves.
- Même les citrouilles décoratives peuvent attirer la faune sur les routes et provoquer des accidents.
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