Un million de téléchargements pour une application de grande distribution, dans un pays où les apps de courses peinent encore à s’imposer dans les usages quotidiens, c’est ce que l’on appelle une belle performance pour Grand Frais. C’est surtout la confirmation que son repositionnement sur le numérique commence à prendre corps, trois ans après son rachat par le fonds d’investissement américain Apollo. Pour preuve, Grand Frais est la troisième enseigne préférée des Français, selon le cabinet OC&C.
L’application permet de consulter les offres en cours, de géolocaliser le magasin le plus proche, de suivre les promotions rayon par rayon. D’un point de vue technologique, rien de bien innovant. Mais dans l’univers du frais, où le lien au point de vente physique reste central, cette rupture est audacieuse. Au regard du succès de l’application, il semble que les clients de Grand Frais veulent désormais un rapport continu à l’enseigne, y compris en dehors de ses murs.
Pour comprendre ce changement de philosophie, il faut remonter à la naissance de Grand Frais, en 1992. À l’époque, alors que la plupart des acteurs de la distribution proposent à peu près tous les produits disponibles, Grand Frais est organisé comme un marché couvert. On y trouve des comptoirs spécialisés (fromages affinés, boucherie, poissonnerie, fruits et légumes) tenus par des professionnels dédiés, sous un même toit. Un modèle à mi-chemin entre la grande distribution et l’épicerie fine, qui s’est révélé particulièrement bien adapté au contexte économique des dernières années.
Quand l’inflation alimentaire s’est envolée en grande surface, Grand Frais a joué la carte d’une politique tarifaire perçue comme plus compétitive sur les produits frais, sans sacrifier la qualité. « On permet aux gens de faire de belles assiettes à prix accessibles, chaque semaine », résume au Parisien Jean-Paul Mochet, le dirigeant de l’enseigne.
L’appli comme outil de conquête
Mais en 2026, les clients ont changé. Plus connectés, ils disposent aussi de moins de temps pour les corvées. Il fallait donc que Grand Frais trouve une formule répondant à ces contraintes, sans renier ses origines. Son application ne vend donc pas de livraison à domicile, ne surfe pas sur les tendances de la foodtech. Elle est sobre, fonctionnelle, orientée vers le magasin physique, et c’est précisément ce qui en fait un outil de conquête plutôt qu’un gadget.
L’enseigne, qui exploite aujourd’hui 338 magasins en France, prévoit l’ouverture de 25 nouveaux points de vente en 2026, notamment en centres-villes. Dans cette logique, l’application sert à créer l’appétence avant même que le magasin n’existe : recruter des clients potentiels, installer la marque dans le téléphone des Français, avant d’ouvrir les portes. Jean-Paul Mochet ne cache pas ses ambitions : le réseau pourrait, à termes, “plus que doubler”.
- L’application Grand Frais dépasse le million de téléchargements.
- Elle se distingue des autres applis de distributeurs par sa simplicité et son lien avec les magasins physiques.
- L’enseigne compte s’appuyer sur son application pour accélérer son expansion et prévoit d’ouvrir de nouveaux magasins partout en France.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.