La rigueur, la discipline, et maintenant la sobriété. Parmi les codes des nouveaux entrepreneurs de la tech, l’alcool est prohibé. Aux États-Unis, mais également dans les capitales européennes, les soirées sont devenues non alcoolisées et cela ne résulte pas d’un simple éveil pour une meilleure santé. À l’image de la cigarette ces dix dernières années, c’est au tour des boissons de permettre ou non d’être intégré dans la nouvelle vague des gens cool.
Jusqu’à dire que si la bière était un vêtement, on la classerait dans la pile des “fashion-faux-pas”.
Ils sont de plus en plus à l’évoquer dans leurs interviews ou d’en faire des billets de blog, à l’image d’Andreessen Horowitz, à la tête de la société de capital-risque éponyme. Fondateurs et investisseurs restent sobres et se réveillent “l’esprit clair tous les matins”, comme l’expliquait la cofondatrice de la communauté The What, Gina Pell. Elle comme d’autres parlaient de leur stupéfaction le jour où ils ont repris un verre un soir, et à quel point la perte d’habitude montre aisément l’impact négatif de l’alcool sur notre condition physique, notamment en semaine.
Leur motivation ne se forge pas que sur leur bien-être. On y trouve une nouvelle tendance à vouloir à la fois mettre fin à tout excès et plaisir superficiel, et de garder le contrôle. Comme pour les jeunes, Internet a aussi éloigné ces personnalités des soirées et de la convivialité en club ou au bar, pour des sorties plus intimes, dans lesquelles aussi les individus peuvent rester au contrôle de leur image sur les réseaux sociaux. C’est un point non négligeable : en plus de la préférence d’un large public à jouer à des jeux vidéo ou discuter virtuellement plutôt que d’organiser des soirées, l’alcool crée aussi cette peur d’être affiché en ligne en état d’ébriété.
“Dans cette industrie, il faut être très énergétique”
Devant les autres, on parlera surtout de travail. Pour se motiver à mettre fin à l’alcool, les entrepreneurs et investisseurs de la tech jouent la carte de la productivité et de la confiance. “J’ai découvert qu’un seul verre la nuit précédente pouvait interférer avec le lendemain”, écrivait Andreessen Horowitz il y a un mois sur Twitter. Certains “technophiles” cela dit, croient dur comme fer que leur secteur a ce petit besoin en plus : il faut être sobre pour pouvoir tenir la cadence. C’est ce que tirait de son expérience le fondateur de la plateforme de data pour ressources humaines Revelio Labs, Ben Zweig, dans un article de Business Insider.
C’est vraiment difficile parce que dans cette industrie, il faut être très énergique. Pour moi, c’est tout simplement un prix trop élevé à payer que de boire de l’alcool.
Un avis rejoint par celui de la fondatrice de la startup Lunchclub, qui propose une plateforme de mise en relation boostée à l’intelligence artificielle : “toute quantité d’alcool est préjudiciable pour la santé”, expliquait-elle sur les réseaux, en ajoutant qu’après une formation en tant que sommelière, elle avait commencé à démystifier ce que l’on dit aujourd’hui sur l’alcool, notamment le vin et les bienfaits pour la santé cardiaque de s’en accorder un par jour.
“Le changement vient directement des gens”
Ailleurs sur le web, le fondateur de Twitch, le fondateur de Eight Sleep ou encore le fondateur de Flexport se retrouvaient ensemble pour partager leur expérience dans le cadre d’un épisode spécial du podcast du fonds d’investissement britannique 20VC. Avec ce genre de contenus, c’est aussi toute une nouvelle gamme de marques qui envahit les bars, les magasins et les portefeuilles des fonds d’investissement, alors que les boissons les plus en vogue voient leur classement bouleversé.
La hype créé des nouvelles startups pour des boissons sans alcool, elles mêmes rachetées par des géants de l’alcool en quête de compenser leurs pertes. “Avant, nous essayions de convaincre les gens de s’éloigner de l’alcool. Aujourd’hui, ce changement vient directement des gens”, finissait par expliquer Gina Pell de The What, dont la newsletter est suivie par des milliers de femmes aux États-Unis, en particulier dans la tech. À l’échelle des États-Unis, 33 % des individus de 18 ans et plus n’ont pas touché à l’alcool l’année dernière.
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