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D’incontournable à dépassé : 5 raisons qui expliquent la mise aux oubliettes de Skype

Choix douteux de la part de Microsoft, concurrence… Skype appartient désormais aux reliques du passé.

Avant la montée en puissance du smartphone, il fut un temps où Skype était la plateforme incontournable pour effectuer des appels vidéo. Son succès était tel que Microsoft l’a rachetée pour 8,5 milliards de dollars en 2011, en faisant, à l’époque, sa plus importante acquisition. 14 ans plus tard, la firme de Redmond a officiellement mis le service aux oubliettes. Comment expliquer une telle chute ?

Une intégration difficile chez Microsoft

Lors de son rachat par Microsoft en 2011, Skype possédait une culture startup marquée par une grande flexibilité, une hiérarchie allégée et une approche agile du développement logiciel. À l’inverse, Microsoft fonctionnait avec une structure plus rigide, un usage intensif des e-mails et des processus décisionnels lourds.

Cette différence culturelle a rapidement posé problème : les ingénieurs de Skype, habitués à une grande autonomie, ont eu du mal à s’adapter aux méthodes de travail imposées par leur nouveau propriétaire. D’autant plus que Microsoft a progressivement dissous l’identité propre de Skype, plateforme européenne, en fermant des bureaux locaux comme celui de Stockholm.

Des choix techniques problématiques

Avant son acquisition, Skype se basait sur une architecture réseau décentralisée, baptisée peer-to-peer (P2P). Elle permettait à chaque utilisateur de se connecter directement à son interlocuteur sans passer par un serveur central, réduisant la latence et la charge.

Mais en 2012, Microsoft a décidé de migrer Skype vers une infrastructure centralisée basée sur son service Messenger. L’objectif était d’améliorer la synchronisation des messages et appels sur plusieurs appareils, un domaine où le P2P montrait des limites. La transition s’est avérée lente et chaotique.

Une expérience utilisateur dégradée

De nombreux bugs sont survenus dans la foulée : appels interrompus, messages reçus en double, etc. De quoi éroder la confiance des utilisateurs. Et au-delà des dysfonctionnements, Skype a opéré plusieurs refontes design, sans grand succès. En 2017, l’interface, censée ressembler à Snapchat, a même été moquée par de nombreux internautes.

En amont, Microsoft a ajouté des emojis et d’autres fonctionnalités superflues au lieu de résoudre les problèmes fondamentaux de l’application, s’enlisant dans des mises à jour maladroites.

Une concurrence accrue

L’essor de messageries comme WhatsApp, Facebook Messenger ou FaceTime, n’a fait qu’empirer la situation. Car ces plateformes, elles, se sont tout de suite adaptées aux nouveaux usages mobiles. Skype, de son côté, a longtemps conservé une interface caduque.

Elles proposent, en outre, une expérience unifiée et légère, où l’envoi de messages, d’appels vocaux et vidéos se fait sans friction, avec une synchronisation impeccable entre les appareils. Résultat, au moment où la visioconférence a explosé en 2020, Skype a été supplantée par Zoom et consorts, signalant très probablement le début de la fin pour la plateforme.

Le pivot de Microsoft vers Teams

Dès 2016, la firme de Redmond a progressivement délaissé Skype au profit de Teams, plateforme conçue pour les entreprises et intégrée à la suite Microsoft 365. Car elle a été pensée dès le départ comme un outil collaboratif, combinant messagerie, appels vidéo, partage de documents et gestion de projets en un seul espace de travail.

Cette orientation a permis à Microsoft de rivaliser avec Slack et Zoom dans le secteur professionnel, notamment grâce à l’essor du télétravail pendant la pandémie. Mais cette stratégie a aussi laissé Skype sur le carreau, sans réelle innovation ni vision claire pour l’avenir.

L’annonce de la fermeture de Skype scelle définitivement le choix de Microsoft de privilégier Teams, produit plus stratégique et monétisable.

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