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Disney+ : pourquoi la France a perdu l’accès à la qualité Dolby Vision

C’est assez avare de la part de Disney, mais c’est finalement dans ce genre d’occasion que l’on voit vraiment que nous ne sommes que les pauvres locataires d’un service que l’entreprise peut tronçonner à sa guise.

En à peine cinq ans, Disney+ s’est hissé parmi les grands du streaming, aux côtés de géants comme Netflix, le leader historique, Amazon Prime Video ou Apple TV+. Propriétaire des licences les plus influentes au monde (Marvel, Star Wars, Pixar, Disney, National Geographic, etc.), elle reste solidement ancrée dans le trio de tête global et confirmait, en 2025, son rang de troisième plateforme préférée des Français.

Cette place de sérieux challenger ne l’a néanmoins pas empêchée de se laisser aller à quelques mesquineries. L’augmentation récente du prix de ses abonnements sans contrepartie, par exemple (certes, elle n’est pas la seule), ou, dernière en date, la disparition de la technologie Dolby Vision de son catalogue européen. France, Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Portugal : une sacrée régression pour de nombreux pays, alors même que c’était une fonctionnalité premium vendue comme argument de choc depuis son lancement. Nous voilà donc bridés et revenus au bon vieux HDR10, qui, sans être une catastrophe visuelle non plus, procure une image bien moins agréable à l’œil.

Disney+ : une image au rabais pour protéger les dividendes

Interrogé sur cette disparition soudaine, le géant du divertissement a invoqué des difficultés opérationnelles : « Le support du Dolby Vision pour les contenus sur Disney+ est actuellement indisponible dans plusieurs pays européens en raison de défis techniques », a déclaré l’entreprise dans un communiqué. La firme précise toutefois travailler « activement à rétablir l’accès au Dolby Vision », tout en rappelant que le format 4K UHD et le HDR restent fonctionnels.

Une excuse parfaitement bidon lorsqu’on soulève le rideau pour voir ce qui se trame derrière : Disney est empêtrée dans une guerre de brevets avec la société InterDigital. Si elle n’est pas propriétaire directe de la technologie Dolby Vision, elle contrôle le procédé de multiplexage des métadonnées indispensables à la bonne marche de cette technologie.

En effet, en novembre 2025, un tribunal allemand a tranché en faveur d’InterDigital en prononçant une injonction immédiate contre Disney. Si le lien avec le Dolby Vision n’a pas été explicité par les tribunaux, la coïncidence temporelle est trop parfaite pour être ignorée, d’autant que les références au format ont été supprimées des pages d’assistance allemandes, mais aussi américaines.

Tout apparaît dès lors assez limpide si l’on réfléchit bien : Disney accepte de payer Dolby pour le label de qualité, mais elle refuse de verser des royalties à InterDigital qui détient le brevet sur le processus de doublage du signal vidéo nécessaire au fonctionnement du Dolby Vision.

Pour éviter d’avoir à s’acquitter de lourdes amendes ou d’une condamnation, Disney a déjà commencé (un peu en avance) son ménage de printemps. Mieux vaut amputer un peu le service qu’elle vend à ses clients que d’avoir à verser le moindre centime à InterDigital pour l’usage de son architecture technique de diffusion. Elle échappera ainsi aux foudres des tribunaux et pourra continuer à facturer ses abonnements au même prix, avec une qualité d’image bien moins flatteuse. Tant pis pour ceux qui ont cassé leur tirelire pour s’offrir une TV OLED à 3 000 euros ou des installations de home-cinéma certifiées Dolby Vision ! Si Disney souhaite réellement « rétablir l’accès », comme elle l’a déclaré, une seule solution s’offre à elle : passer à la caisse et signer un accord de licence en bonne et due forme avec InterDigital. Rien à voir avec un quelconque problème technique ; un peu de bonne foi serait la bienvenue.

  • Disney+ a retiré l’accès à la technologie Dolby Vision en Europe, décevant de nombreux abonnés.
  • Cette décision, attribuée à des problèmes techniques, cache un conflit de brevets avec InterDigital.
  • Pour éviter des amendes, Disney préfère réduire la qualité de service plutôt que de payer des royalties.

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Par : Disney