L’Etna est un volcan actif, même l’un des plus actifs au monde, et il vient de rappeler, assez brutalement, qu’il ne dort jamais vraiment. Ce lundi 2 juin, des dizaines de touristes ont assisté à son réveil de très près, alors qu’ils randonnaient sur l’un de ses flancs. Les autorités locales l’avaient anticipé, puisque ce monstre de 3 369 mètres de haut avait montré quelques signes avant-coureurs. Une petite éruption était attendue, mais l’Etna en a décidé autrement, obligeant les visiteurs à fuir en urgence cette gigantesque explosion de cendres et de fumée.
Quand la montagne cède, l’Etna explose
Dès quatre heures du matin, l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) avait repéré une recrudescence de l’activité de l’Etna, le volcan montrant des signes plus prononcés qu’à l’accoutumée. Ce fut suffisant pour donner l’alerte : le volcan allait se réveiller, l’accès au sommet a donc été interdit par précaution.
Quelques heures plus tard, à 11 h, tout a basculé : une partie du cratère sud-est s’est effondré, suffisamment pour fracturer la structure du cratère et libérer brutalement les gaz accumulés sous la couche de roches instables. À la suite de cet effondrement s’est ensuivi l’un des phénomènes les plus dangereux et meurtrier provoqué par certains volcans : une coulée pyroclastique.
Un torrent, une vague brûlante composée de gaz, de cendres et de blocs rocheux qui dévale les pentes à une vitesse foudroyante, pouvant atteindre 600 km/h. À ces vitesses extrêmes s’ajoutent des températures infernales qui oscillent entre 200 et 500° C, transformant le flanc du volcan en véritable fournaise.
Si cette violente coulée vous rattrape, il n’y a absolument aucune chance d’y survivre. Une mort instantanée provoquée par la chaleur extrême de la coulée et sa force d’impact. Là où elle passe, l’air est subitement remplacé par des gaz volcaniques chauds et toxiques (comme le dioxyde de soufre, le sulfure d’hydrogène, le chlorure d’hydrogène et le dioxyde de carbone) : même si, par miracle, la coulée elle-même passe à côté de vous, vous seriez tout de même asphyxiés.
En quelques instants seulement, un immense panache sombre s’est élevé au-dessus de l’Etna, projetant un panache de cendres et de gaz jusqu’à plus de 10 km d’altitude.
Plus de peur que de mal
Sur les lieux, les touristes n’ont eu que quelques minutes pour s’abriter. « Cette fumée arrivait vraiment vers nous. On a l’impression qu’on va être ensevelis », témoigne l’une des personnes présentes. Malgré la brutalité de l’éruption, aucun blessé n’est à déplorer : un miracle.
En revanche, un panache d’une telle taille représente un véritable danger pour l’aviation civile, car il peut projeter des cendres abrasives et des gaz toxiques à très haute altitude, souvent proches des altitudes de croisière des avions de lignes. Moteurs ou systèmes de navigation peuvent gravement en pâtir, et des pannes en plein vol ne sont pas à écarter. C’est pourquoi l’INGV a émis une notice rouge à destination du trafic aérien.
Malgré l’émission colossale de cendres, le trafic aérien n’a pas été perturbé. Situé au sud de l’Etna, l’aéroport de Catane, qui est habituellement le premier à subir les retombées en cas d’éruption, est resté opérationnel, la trajectoire du panache ayant, cette fois, dévié hors des couloirs aériens.
Même si l’Etna garde une activité constante tout au long de l’année, il atteint par moments des « paroxysmes », des épisodes courts et très intenses comme ce fut le cas ce lundi. Ses visiteurs qui étaient présents ce jour-là s’en sont tirés avec une belle frayeur et des souvenirs peut-être un peu plus brûlants que ce qu’ils avaient prévu.
- Une brusque instabilité a provoqué une éruption soudaine de l’Etna le 2 juin alors que des touristes étaient sur place.
- Un effondrement partiel du cratère a déclenché une puissante vague de gaz brûlants et de débris.
- Malgré l’ampleur de l’éruption, aucune victime ou blessé n’est à déplorer et le trafic aérien est resté stable.
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