Après avoir connu un gros passage à vide qui la fit quasiment disparaître au début des années 2000, la photographie instantanée est en pleine renaissance. Le marché, porté par Fujifilm pendant deux décennies, a vu renaître Polaroid de ses cendres.
Le constructeur a ainsi réédité des versions rénovées de ses modèles classiques (OneStep, Now) tout en cherchant à se renouveler. On a par exemple vu apparaître il y a trois ans le Polaroid Go, version ultra compacte utilisant des mini-films carrés créés pour l’occasion destinés à un public jeune et néophyte.
Polaroid s’intéresse désormais aux photographes expérimentés avec le I-2, étonnant boîtier dont tous les automatismes peuvent être débrayés. Cette particularité — une première dans le domaine de la photographie instantanée moderne — donne une plus grande latitude créative au photographe.
Une fois l’effet de surprise passé, que reste-t-il du Polaroid I-2 ? Présente-t-il un véritable intérêt ? Pour le savoir, nous l’avons testé pendant un peu plus d’un mois, on vous dit tout dans notre test !
Prix et disponibilité du Polaroid I-2
Le Polaroid I-2 est disponible en France à partir du 7 septembre au prix de 699 € sur le site du constructeur, mais aussi chez quelques distributeurs.
L’appareil est accompagné d’une sangle, d’un sac de transport souple et d’un protège-objectif. Il est compatible avec les films i-Type, 600 et SX-70. Polaroid les commercialise à partir de 16,99 € la cartouche de huit tirages.
Design néo-vintage… une fois de plus

Le Polaroid I-2 reprend la forme et l’ergonomie de ses prédécesseurs et l’on ne sera donc pas dépaysé lors du premier contact. Ses formes épurées rappellent les modèles originaux, surfant ainsi sur le néo-vintage actuellement à la mode. Faite d’un ABS résistant, la coque inspire confiance et bénéficie d’une finition agréable au toucher.
Il dispose d’un viseur optique dans lequel prennent place une série d’indicateurs semblables à ce que propose un reflex. Comme il est déporté sur le côté gauche de l’objectif, ses concepteurs ont eu la bonne idée de matérialiser un cadre tenant compte de la parallaxe. On l’utilisera afin de réaliser des portraits ou des prises de vue macro.
Dommage qu’il n’y ait pas de correcteur de dioptrie, ce qui forcera les utilisateurs de lunettes à les porter afin de ne pas cadrer dans le flou.
Logé sur la face supérieure, un petit afficheur monochrome OLED surplombe trois touches mécaniques. Elles servent à la mise sous tension, l’activation du flash et à la navigation dans le menu de paramétrage. Celui-ci, d’une redoutable simplicité, donne accès aux différents modes de prise de vue et à leurs paramètres.
On les ajuste en faisant tourner la bague crantée cerclant l’objectif, puis en validant à l’aide de la touche mécanique. L’objectif héberge aussi la commande de correction de l’exposition, dont la présence est plutôt rare sur un appareil instantané.
Le déclencheur se trouve sur la face avant, l’index de la main droite se pose naturellement dessus. L’alimentation électrique est assurée par une batterie non amovible, rechargeable grâce au port USB-C. À ses côtés se trouve une prise de commande externe de flash. On l’utilise au besoin pour substituer un flash plus puissant que celui intégré au boîtier.
Possibilités multiples

Polaroid a apporté un soin particulier à l’objectif 98 mm ouvrant de f/8 à f/64, généralement peu performant sur les appareils instantanés traditionnels. Celui de l’I-2 est constitué de trois lentilles réalisées en un plastique qualitatif. L’ouverture peut sembler petite dans l’absolu, surtout comparée à celle des smartphones et appareils photo conventionnels.
Il ne faut toutefois pas oublier que la surface à impressionner est beaucoup plus grande que celle d’un capteur de reflex ou de smartphone. Avoir une grande ouverture tout en gardant le boîtier compact n’est pas réalisable facilement.
Il est complété par une cellule de mesure d’exposition et un autofocus de type LiDAR assurant une mise au point rapide entre 40 cm et l’infini. Précisons au passage qu’il dispose d’un filetage standard (49 mm) permettant d’ajouter des filtres créatifs destinés aux boîtiers reflex.
L’appareil dispose de six modes de prise de vue : tout-automatique, priorité à l’ouverture, priorité à la vitesse, manuel, multiexposition et retardateur. L’existence de ce dernier nous étonne un peu. A notre sens, il devrait plutôt être un paramètre des cinq modes précédents (ce n’est pas parce que l’on shoote en manuel que l’on n’a pas besoin d’un retardateur, par exemple). Ce parti-pris se justifie sûrement par une volonté de préserver la simplicité de l’interface de commande.
Car il faut bien le reconnaître : malgré l’étendue des fonctions proposées, le Polaroid I-2 reste particulièrement intuitif à utiliser. Une pression sur la touche située sous l’écran permet de faire défiler les différents modes, leur règle s’effectuant alors grâce à la roue crantée entourant l’objectif.
Application compagnon
Autre possibilité, passer par l’application compagnon et la connexion Bluetooth de l’I-2. En plus d’une fonction télécommande et de l’accès aux différents modes, elle permet de mettre à jour son logiciel interne. Espérons que Polaroid nous réserve quelques surprises, comme l’ajout de nouvelles possibilités…
Une fois les réglages achevés, la prise de vue s’effectue par une pression sur le déclencheur. L’image est ensuite éjectée et doit impérativement être protégée de la lumière : c’est le rôle de la « langue de grenouille » qui recouvre la partie exposée du film. Il est fortement conseillé de laisser la photo en place pendant une quinzaine de secondes avant de la retirer, puis de la poser immédiatement face contre table pendant une quinzaine de minutes. Les couleurs n’en seront que meilleures.
Cette contrainte, qui n’existait pas avec les films Polaroid de la fin des années 90, est due au changement de formule imposée par la non-disponibilité de certains éléments chimiques. Les repreneurs de la marque, qui a déposé le bilan en 2001, ont du effectuer de nombreux essais et recherches afin de recréer un film instantané.
Et encore : les couleurs ne sont pas aussi vives que souhaité, même si cela s’améliore au fil des générations. Autre problème, la nouvelle surface sensible est nettement plus épaisse que l’originale. Cela a contraint Polaroid à ne mettre que huit tirages par cartouche (au lieu de dix) afin de conserver une compatibilité avec les appareils d’origine.
Excellentes possibilités créatives

Tout au long de nos tests, nous avons apprécié l’étendue des fonctions proposées. Lors de la réalisation de portraits, on peut obtenir assez simplement le fameux flou d’arrière-plan que les smartphones recréent numériquement.
Les modes de priorité, ouverture ou vitesse permettent de composer des images sophistiquées et l’on pourra même créer de jolis effets de lumières. Enfin, la prise de synchronisation pour flash externe s’avère très pratique si l’on travaille en studio. Les professionnels apprécieront.
Et la qualité des images produites, dans tout cela ? Elle est très correcte, à défaut d’être parfaite. Les couleurs manquent encore un peu de saturation, mais l’essentiel y est. La netteté de l’image est aussi de la partie, l’autofocus et l’objectif permettant de produire un résultat très honorable.
Reste la douloureuse question du prix. Vendu 699 euros, le Polaroid I-2 n’est pas à la portée de toutes les bourses ni à celle des amateurs chevronnés. Polaroid justifie que ce prix élevé s’explique par la complexité de fabrication du boîtier et de la faible taille de son marché. On veut bien l’entendre, mais espérons tout de même que le constructeur réussira à faire baisser le prix en deçà de 400 euros, prix toujours élevé, mais nettement plus abordable.
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pas une seule photo du rendu? serieux?