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Fan absolu du Tour de France, je m’ennuie de plus en plus devant les étapes : le coupable est connu

Quelque chose a changé sur la Grande Boucle.

Les images ont marqué l’histoire du sport français. Ces après-midi de juillet 2011 où Thomas Voeckler, cramponné à son maillot jaune dans les Alpes et les Pyrénées, finissait par lâcher prise après avoir fait dérailler tous les pronostics pendant l’essentiel du Tour de France. Le croyant largement inférieur en montagne, les favoris lui avaient laissé prendre une avance généreuse au classement général.

 

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Dans les années 90, 2000, et 2010, même face aux plus puissants du peloton, un Indurain, un Armstrong, un Froome, on trouvait également toujours un outsider pour se coller à leurs roues après leurs attaques, parfois par pur orgueil, quitte à exploser cent mètres plus loin.

Depuis quelques années toutefois, ces pratiques ne sont plus de mise, et ce Tour de France 2026 ne déroge pas à la règle. La dictature des statistiques et des capteurs de puissance s’est en effet installée au point de totalement tuer le mystère et de réduire le plaisir de l’incertitude sur la troisième compétition sportive du monde.

Pourquoi plus personne ne tente de suivre les attaques de Pogačar ?

Trois victoires d’étape, une avance qui se compte déjà en minutes sur tous ses rivaux directs, et une question qui tourne en boucle dans le peloton : à quoi bon tenter de le suivre ? Cette Grande Boucle confirme un peu plus chaque jour ce qu’on pressentait depuis quelques saisons : la technologie a tout changé.

Souvenez-vous de la 6e étape entre Pau et Gavarnie-Gèdre qui passait par le mythique Col du Tourmalet. L’équipe UAE Team Emirates lance une grande offensive. Chaque coureur suit sa partition les yeux rivés sur son compteur avant de lâcher prise. Tadej Pogačar s’envole ensuite en solitaire, et Jonas Vingegaard, son rival, craque assez vite. L’addition est salée : plus de deux minutes et demie de retard à l’arrivée.

Sitôt la ligne franchie, le Danois pointe directement ses watts, et précise que les chiffres n’étaient tout simplement pas bons ce jour-là. Il diagnostique donc sa défaite à travers l’écran de son compteur plutôt que par ses sensations.

Cinq jours plus tard, au Lioran, rebelote, en pire. Pogačar attaque dans le col du Pertus, à 15,5 km de l’arrivée. Cette fois, Vingegaard ne tente même pas de rester dans la roue. Il semble gérer, et choisit immédiatement de rouler à son propre rythme. L’Espagnol Juan Ayuso révèle le pot aux roses. Il aurait fallu grimper à 450, 460 watts rien que pour ne pas décrocher, un rythme qu’il a lui-même jugé impossible à tenir.

Plus besoin de se demander si l’attaque va payer. Le boîtier répond avant même que l’effort ne soit total. Quant aux gens restés dans le peloton, ils connaissent généralement les données du courageux qui sont souvent partagées sur l’application Strava au cours de la saison. Aucune surprise n’est de mise.

Pogačar ne serait sans doute pas moins fort sans ces données. Mais ce qui faisait le sel de ce sport, cette part de romantisme et de rêve n’existent plus.

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