Passer au contenu

French Tech : de collectif à réseau social pour freelances, zoom sur la transformation de la start-up française Collective

La start-up Collective prend un virage aussi audacieux que risqué. Cette jeune pousse transforme son modèle en passant de collectif pour free-lances à réseau social. Décryptage.

Voilà un revirement stratégique pour le moins inattendu. La start-up Collective, spécialisée dans la création de collectifs de travailleurs indépendant et leur monétisation, devient un réseau social pour freelances. Un virage aussi audacieux que risqué, les revirements stratégiques n’étant pas toujours bien perçus dans l’univers des start-ups.

Un virage audacieux

Pourtant, si l’on regarde le verre à moitié plein, une telle décision traduit une capacité entrepreneuriale à s’adapter et à changer de braquet lorsque le modèle précédent n’a pas donné les résultats escomptés. Ainsi, trois ans après sa création, Collective se réinvente avec les risques que cela représente.

La jeune pousse cible ainsi une population spécifique de travailleurs indépendants, avec pour objectif de les accompagner dans le renforcement de leur réseau, la communication, l’obtention de missions et l’utilisation d’outils de collaboration et de facturation. Ce dernier élément est d’ailleurs l’un des héritages de l’offre historique de la start-up.

Pour l’instant, Collective n’intègre pas de “feed” (fil d’actualité) comme on peut en trouver sur LinkedIn. “Nous avons besoin de développer les logiques de connexion et de réseau entre les membres avant de le mettre en place, sinon, le risque est que ce flux reste lettre blanche”, explique Jean de Rauglaudre, cofondateur de la start-up, aux Echos.

Du côté des recruteurs, il sera possible de créer des listes, effectuer des recherches personnalisées et contacter les free-lances, à l’image des offres “premium” de LinkedIn, qui vient d’ailleurs de dépasser le milliard d’utilisateurs.

Nouveau modèle économique en construction

Les observateurs s’accordent à dire que les principales difficultés dans la gestion d’un réseau social sont la monétisation et la modération.

Pour le premier point, contrairement aux plateformes d’indépendants comme Malt ou Fiverr, Collective ne prélève pas de commission sur les missions réalisées. Son modèle économique repose uniquement sur la facturation de l’utilisation des outils par les freelances et le développement d’offres payantes pour les recruteurs.

Pour le lancement, Collective prévoit d’épargner les recruteurs en ne les facturant pas. L’objectif pour la start-up est d’abord de développer le volume d’utilisateurs avant de mettre en place un modèle payant. Rien de très original, la plupart des réseaux sociaux ont adopté cette stratégie.

Internationalisation

À cette heure, 500 recruteurs utilisent la version bêta de la plateforme pour 20 000 free-lances inscrits. « La commission à 0% intéresse beaucoup » se félicite Jean de Rauglaudre mais reste prudent : « un réseau social est un modèle risqué, mais s’il réussit, le retour potentiel est élevé » déclare-t-il aux Echos.

Côté modération, Collective ne semble pas encore avoir de plan bien établi. La start-up compte « surveiller » les sollicitations des membres, les contenus et les échanges. Mais elle n’a pas encore prévu de déployer une modération active digne de ce nom. Avec un nombre limité d’utilisateurs, ce point ne devrait pas freiner les ardeurs de l’entreprise. Mais avec le nombre arrivent aussi les problèmes.

Collective mise donc sur une croissance lente mais pérenne, basée sur le bouche-à-oreille. Pour absorber les coûts, la start-up compte s’appuyer sur sa dernière levée de fonds de 7 millions d’euros (en 2022). Si elle explique toujours avoir de la trésorerie grâce à son modèle d’outillage pour les freelances, elle prévoit une autre levée d’ici la fin de l’année. Objectif : se développer dans des grandes villes très prisées par les freelances, comme Barcelone ou Lisbonne.

  • La start-up française Collective se transforme en réseau social dédié aux freelances, trois ans après sa création.
  • Son modèle économique repose sur la facturation des outils aux freelances et le développement d’offres payantes pour les recruteurs.
  • Le succès de cette transformation dépendra de la capacité de Collective à créer une communauté importante et à modérer efficacement les contenus et les échanges.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech