Huawei s’accroche. Mais depuis quelques années, le fabricant chinois rencontre de nombreuses difficultés avec les autorités. En plus des smartphones, écouteurs ou encore ordinateurs, il propose également des équipements de télécommunications, notamment pour le déploiement de la 5G.
Aux États-Unis comme dans l’Union européenne, Huawei est pointé du doigt et surveillé attentivement. Cela fait plusieurs années que le constructeur, qui était pourtant sur une très bonne lancée, est soupçonné d’espionnage pour le compte des autorités chinoises. Si Huawei conteste fermement ces accusations, cela ne suffit pas à éradiquer tous les soupçons. En 2019, une loi “anti-Huawei” est promulguée, restreignant fortement les autorisations d’exploitation, qui sont toutefois cruciales. Malgré tout, Huawei revendique une part de 20% du marché français des infrastructures télécoms.
Ce mardi 6 février 2024, le Parquet national financier (PNF) a fait irruption dans les locaux français de Huawei, à Boulogne-Billancourt. C’est ce qu’a révélé L’Informé jeudi dernier. Il semblerait que des soupçons d’atteintes à la probité aient poussé les autorités à effectuer cette perquisition. Cette dénomination englobe six infractions : la corruption, la prise illégale d’intérêts, le trafic d’influence, le détournement de fonds publics, la concussion et le favoritisme. À l’heure actuelle, nous n’avons pas d’informations supplémentaires concernant les raisons précises de cette perquisition.
Un nouvel obstacle pour Huawei
Si une enquête préliminaire a été ouverte en 2021 par la brigade financière de Paris, suite à un signalement de l’Agence française anticorruption (AFA) à propos de possibles abus de biens sociaux et de fraude fiscale, comme cela a été révélé par Challenges en avril 2022, la source judiciaire interrogée par l’AFP affirme que cette perquisition n’a aucun lien.
Le jeudi 8 février 2024, Huawei s’est exprimé à propos de cette perquisition dans ses locaux français. Le message est bref, concis et serein. Le groupe confirme la perquisition et déclare avoir pleinement coopéré avec les enquêteurs.
Comme le rappelle Huawei dans ce communiqué, le groupe est présent dans l’Hexagone depuis plus de deux décennies et “a toujours respecté l’ensemble des lois et réglementations françaises”. Sans vouloir en dire plus, Huawei conclut en affichant sa confiance dans la conclusion de l’enquête en cours.
Depuis 2003, Huawei a ouvert six centres de recherche ainsi qu’un centre mondial de design à Paris. Avec la construction actuelle d’une usine en Alsace, la première en dehors de la Chine pour l’entreprise, Huawei affiche des liens forts avec l’Hexagone. Malgré tout, le temps n’est pas au beau fixe pour Huawei. Avant cette perquisition, la Commission européenne a estimé en juin 2023 que Huawei représentait un “risque pour la sécurité de l’Union européenne”. Même si cette nouvelle enquête n’enterre pas le groupe chinois, il devrait certainement accentuer une posture qui est déjà mauvaise depuis un moment.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.