Imaginez la situation suivante : un événement indépendant de votre volonté vous contraint à annuler un rendez-vous médical. Une telle perspective pourrait vous coûter cher. C’est en tout cas ce qu’a découvert un patient allemand qui réside en Suisse, après plusieurs mois d’attente pour obtenir une gastroscopie.
Selon Nau.ch, cet homme avait en effet enfin décroché un rendez-vous pour cet examen important. Malheureusement pour lui, une urgence familiale l’a contraint à partir précipitamment dans son pays d’origine. Il a donc dû annuler sa consultation à moins de 24 heures de l’intervention prévue.
D’après nos confrères, le médecin lui a malgré tout facturé des frais de non-présentation de 850 francs suisses, soit près de 930 euros. Une somme que le patient dit avoir découverte avec stupeur : « Je ne savais pas que les frais en cas d’annulation de dernière minute pouvaient être aussi élevés ».
De manière logique, l’homme a alors pris contact avec le cabinet médical dans l’espoir d’obtenir un nouveau créneau et une réduction, ou une annulation de la facture. Le praticien a toutefois maintenu sa demande de paiement intégral. Il estime ainsi que la relation de confiance entre lui et son patient était désormais brisée et il refuse de poursuivre son suivi médical.
Patients et professionnels de santé réagissent
L’Association suisse des patients a par la suite réagi à cette affaire. Sa directrice, Susanne Gedamke, estime qu’une compensation financière reste légitime en cas d’annulation tardive si le montant demandé reste raisonnable et justifié par un préjudice réel. Elle rappelle surtout qu’une urgence familiale ne se prévoit jamais, et qu’elle ne devrait donc pas être traitée comme un simple oubli de rendez-vous.
Sur le plan légal, la directrice de l’association précise qu’aucune règle fixe n’impose un délai strict de 24 heures en Suisse. Il s’agit d’un usage courant dans la profession, mais sans véritable base juridique. Elle souligne aussi que seul le préjudice réellement subi devrait être facturé, et non le prix complet de la prestation prévue.
La Fédération des médecins suisses préfère de son côté ne pas se prononcer sur ce cas précis, et indique que chaque situation doit être examinée individuellement. L’organisation ajoute qu’un médecin ne peut rien facturer lorsqu’un patient est objectivement empêché, en cas de maladie ou d’accident par exemple. Un geste de bonne volonté peut aussi se justifier face à des circonstances familiales exceptionnelles.
Elle précise toutefois que certains rendez-vous manqués, notamment ceux qui nécessitent une préparation spécifique ou un équipement réservé, peuvent occasionner une perte financière réelle pour le médecin, parfois de plusieurs centaines d’euros.
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