Passer au contenu

Un implant pour discuter avec l’IA : la prochaine folie de Musk et de Neuralink

Le cerveau à la place d’un clavier : c’est le pari du prochain essai de Neuralink.

Dialoguer avec une intelligence artificielle comme ChatGPT ou Gemini nécessite aujourd’hui un clavier, ou a minima, que l’on puisse utiliser sa voix. Pour Neuralink, l’entreprise de Musk spécialisée dans les interfaces cerveau-machine (ICM), la prochaine étape semble être de pouvoir s’affranchir de cette « limite ».

Forte de ses succès avec ses premiers patients, la société a annoncé vouloir tester un nouvel implant cérébral permettant de traduire directement la pensée en texte. Un essai clinique doit démarrer dès octobre aux États-Unis, sous supervision de la FDA (Food and Drug Administration), qui a fourni à Neuralink une autorisation spéciale pour qu’elle mène une étude clinique sur un dispositif médical non encore approuvé (Investigational Device Exemption).

Redonner une voix à ceux qui l’ont perdue

Neuralink vise, comme elle l’a fait lors de ses précédentes réussites, les personnes affectées par un handicap ; cette fois des patients ayant perdu l’usage de la parole. Ce nouvel implant, encore sans nom, sera inséré dans les zones corticales qui s’activent lorsqu’une personne se prépare à parler, pour capter ces signaux neuronaux et les convertir en texte ou en commandes.

« Si vous élaborez mentalement une phrase, nous pouvons la capter [grâce à cet implant] » a déclaré cette semaine Dongjin Seo (DJ Seo), président de Neuralink (voir vidéo ci-dessous). On sait déjà, grâce à certains prototypes expérimentaux, capter des intentions motrices pour écrire via un pointeur ou un clavier virtuel. Des étapes que Neuralink veut supprimer en décodant les phrases directement au moment où elles sont pensées par le patient, comme si elles étaient vraiment prononcées.

Neuralink : réparer l’humain, ou en créer un nouveau ?

Même si, pour l’instant, Neuralink ne se positionne que sur le champ médical, rappelons que son propriétaire, Elon Musk, n’a jamais vraiment caché ses penchants pour le transhumanisme. Un courant de pensée qui transpire déjà dans les déclarations de DJ Seo, qui imagine déjà des personnes en bonne santé porter cet implant. « Dans trois à quatre ans, il sera possible de dialoguer avec les modèles d’IA les plus récents aussi vite que l’esprit le formule, peut-être même plus vite que par la parole », affirme-t-il.

L’information, selon lui, pourrait même être restituée directement via des écouteurs, créant un aller-retour complet entre le cerveau et la machine ; une boucle parfaitement scellée.

Lorsque l’essai démarrera au mois d’octobre, il ne sera le commencement qu’une longue période d’expérimentations pour juger si le dispositif imaginé par Neuralink est viable et que son potentiel clinique est réel. Quels seront les critères que le FDA retiendra pour estimer qu’il sera un « succès » (taux d’erreurs par mot, latence, usage en conditions réelles) ? Quelle rééducation sera nécessaire en parallèle et quelle fatigue cognitive induira-t-il chez les patients ? Que sait-on des conséquences à long terme (biocompatibilité, fibrose, infections, nécessité d’explanter, cycles de remplacement, mises à jour du firmware) ?

Si Neuralink souhaite étendre l’usage de ce nouvel implant vers le grand public, il sera impossible pour elle de passer outre ces questions. Sans compter que le cœur même du projet rallume la flamme d’un débat remontant au début du courant transhumaniste : jusqu’où peut-on soigner sans commencer à transformer l’humain pour finir par en faire un « humain augmenté » ?

  • Neuralink prépare un nouvel essai clinique aux États-Unis pour tester un implant qui convertirait directement l’activité cérébrale liée au langage en texte.
  • L’objectif affiché est d’aider les patients privés de parole, mais la société évoque déjà la possibilité d’un usage grand public connecté à l’IA.
  • Cette perspective soulève de nombreuses questions médicales, techniques et éthiques, notamment autour du transhumanisme et de la transformation de l’humain.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech