Lorsqu’on regarde la météo du jour ou de la semaine, il est plus fréquent pour nous de nous arrêter aux données « sensibles » (celles qu’on voit ou ressent) : température, aspect du ciel, présence de précipitation ou non, etc. Pour beaucoup d’entre nous, nous prenons moins gare à l’indice UV, alors qu’il est tout aussi important, voire plus, sous certains aspects, que les autres données.
En permanence en rotation sur elle-même, la Terre alterne entre le jour et la nuit. C’est durant la journée que notre planète reçoit la lumière du Soleil, ainsi que ses rayonnements ultraviolets (UV) qui traversent l’atmosphère et atteignent la surface terrestre. L’indice UV traduit simplement l’intensité de ceux-ci ; il ne reflète donc pas la chaleur elle-même, mais la puissance des rayons de notre astre pouvant agresser les cellules de notre peau.
L’indice UV : le vrai baromètre du risque solaire
Défini par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), l’indice UV est gradué sur une échelle allant de 1 (faible) à 11 (extrême), comme vous pouvez le voir sur le tableau ci-dessous. Plus il est élevé, plus le délai avant l’apparition d’un coup de soleil ou de lésions cutanées diminue, parfois réduit à quelques minutes seulement.

Le dermatologue Sameer G. Gupta, interrogé par Popular Science, tenait à souligner une notion qui prête souvent à confusion. « Les gens pensent parfois qu’un indice UV élevé n’existe que lorsqu’il fait très chaud, mais en réalité ce sont deux concepts distincts », explique-t-il.
C’est pourquoi il est tout à fait possible de prendre un coup de soleil même lorsque les températures sont fraîches, voire froides. L’exemple le plus probant étant certainement en pleine montagne en hiver, lorsque vous skiez ou randonnez : plus l’altitude où vous vous situez est élevée, plus le risque de brûlure l’est aussi.
Comment celui-ci est calculé ? Il résulte d’un calcul prenant en considération plusieurs paramètres différents. Le premier est la position du soleil dans le ciel ; plus il est haut, plus son rayonnement parcourt une courte distance dans l’atmosphère, et plus l’intensité des ultraviolets est forte. À l’inverse, lorsque le soleil est bas dans le ciel, ses rayons traversent une plus grande épaisseur d’air, ce qui les atténue davantage.
Deuxième élément de l’équation : la latitude et l’altitude. Plus on se rapproche de l’équateur, plus le soleil est perpendiculaire à la surface et émettra de rayonnements UV. Plus on monte en altitude, plus ces derniers sont intenses ; tous les 1 000 mètres, notre exposition augmente en moyenne de 10 à 12 %, ce qui explique pourquoi la montagne est un environnement très propice aux coups de soleil.
La couverture nuageuse joue aussi un rôle : certains nuages filtrant une partie des UV (cumulonimbus, par exemple) mais d’autres (cirrus), au contraire, tendent à les diffuser en les réfléchissant. Voilà pourquoi il est tout à fait possible d’être brûlé par le Soleil, même si on ne le voit pas.
Autre paramètre : l’épaisseur de la couche d’ozone, qui filtre également la quantité d’UV qui atteignent le sol. Plus elle est dense, plus elle va absorber de rayonnements. Dans les zones où celle-ci est mince, comme le trou de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, l’indice UV peut atteindre des niveaux très élevés à certaines périodes de l’année, parfois supérieurs à 8.
À ces quatre facteurs, un autre doit être rajouté : la réflexion du sol. L’eau, le sable, mais surtout la neige fraîche, renvoient une grande partie des rayons UV dans l’atmosphère. Dans le cas de la neige, la réflexion peut atteindre 80 à 90 % ; la peau reçoit alors les UV venant du ciel, mais également ceux renvoyés par le sol. Si vous vous êtes déjà demandés pourquoi les coups de soleil en montagne sont si douloureux, vous avez désormais la réponse.
Comprendre les UV pour mieux s’en protéger
Les rayons UV sont séparés en trois différentes catégories. La première, les UVA, sont les rayons les moins énergétiques, mais les plus abondants, puisqu’ils représentent 95 % du spectre total des UV. Ce sont eux qui provoquent le bronzage immédiat en oxydant la mélanine déjà présente dans votre peau, lui donnant cette belle couleur foncée. En revanche, ils sont en grande partie responsables du vieillissement cutané (rides, taches, perte d’élasticité) et peuvent affaiblir les défenses immunitaires de la peau, augmentant ainsi les risques, au long terme, de développer des cancers.
Deuxième catégorie : les UVB. Bien plus énergétiques que les UVA, ils sont heureusement en grande partie filtrés par l’atmosphère, mais 5 % arrivent directement au sol. Ces rayons, une fois qu’ils touchent votre peau, stimulent les mélanocytes, les cellules de la peau chargées de fabriquer la mélanine. La production de ce pigment augmente, donnant ainsi un bronzage qui va durer davantage dans le temps. Eux aussi, à forte dose, sont nocifs et peuvent être très agressifs pour la peau (coup de soleil) et altèrent votre ADN, le matériel génétique des cellules.
Enfin, la troisième, les UVC : extrêmement dangereux, ils ne nous atteignent jamais, car la couche d’ozone les filtrent complètement. Ils ne nous menacent donc pas directement, à part dans certains contextes particuliers, où ils sont produits de manière artificielle : lampes germicides, appareils de soudure, etc.
Pour limiter l’effet délétère des rayons UV sur votre derme, il est impératif de ne pas s’exposer au soleil sans s’être protégé grâce à de la crème solaire. Préférez des références à large spectre (celles protégeant des UVA et des UVB), avec un indice d’au moins 30. Il correspond à l’IPS (Indice de Protection Solaire) ; plus il est élevé, plus sa protection est forte.
Prenons l’exemple d’une crème avec un indice 30. Si votre peau rougit après 10 minutes sans protection, elle vous permettra de rester au soleil 30 fois plus longtemps (soit 300 minutes ou 5 heures) avant d’obtenir le même coup de soleil. En cas d’exposition prolongée, il est nécessaire de renouveler l’application au moins toutes les deux heures.
La crème solaire seule ne suffit pas : protégez-vous avec des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil. Par forte chaleur, il est fortement déconseillé de s’exposer entre 11 et 16 h ; c’est le moment où le soleil est le plus haut dans le ciel, l’indice UV est donc très élevé.
Ce repère visuel peut aussi vous aider : la « shadow rule » (« règle de l’ombre »). Si votre ombre projeté au sol vous paraît plus courte que vous, c’est que le soleil est haut et ses UV sont forts ; si elle est plus longue, le risque est moindre. Simple, mais efficace pour sensibiliser les enfants comme les adultes.
Il est tout à fait banal de se couvrir du froid par des vêtements chauds et une écharpe ou de se protéger la pluie par des habits imperméables. Le même réflexe devrait être adopté lorsque vous constatez que l’indice UV commence à passer la barre des 3, ce qui est considéré comme un indice « modéré », selon la classification officielle. « Modéré » ne signifie pas « sans danger », puisque c’est le seuil où les défenses naturelles de la peau ne suffisent plus à contrer l’intensité des UV. Les premiers coups de soleil peuvent déjà apparaître et l’ADN cutané souffre, lui aussi, des rayonnements, même si le soleil n’est pas visible.
- L’indice UV mesure la force des rayons ultraviolets et indique à quelle vitesse ils peuvent endommager la peau, indépendamment de la température.
- Plusieurs facteurs influencent son niveau : hauteur du soleil, latitude, altitude, nuages, ozone et réflexion du sol (notamment neige et sable).
- Même à un niveau qualifié de « modéré », les dommages cutanés commencent : protections (crème, vêtements, lunettes, horaires adaptés) doivent être un réflexe.
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