Le lancement d’Artemis 2, ce 1er avril depuis la base de Cap Canaveral en Floride, s’est déroulé sans encombre. Mais avant que la capsule Orion n’entame son grand voyage vers la Lune, plusieurs étapes techniques cruciales ont dû – et doivent – être franchies.
Ainsi, quelque 49 minutes après le décollage, l’étage supérieur de la fusée Space Launch System (SLS) a effectué une première manœuvre clé : la relève du périgée. Ce terme désigne le point le plus bas d’une orbite autour de la Terre. Et sans cette correction d’une à deux minutes, Orion aurait progressivement ralenti, risquant de retomber vers notre planète.
The Orion spacecraft successfully separated from the upper stage of the rocket, and the "proximity operations" test is underway. The Artemis II astronauts are manually piloting Orion similarly to how they would if they were docking with another spacecraft. pic.twitter.com/RWW4RSyaoq
— NASA (@NASA) April 2, 2026
Cet allumage a permis de stabiliser la trajectoire de la capsule à 185 kilomètres d’altitude, avant qu’un second allumage ne porte ensuite l’apogée, le point le plus haut de l’orbite, à plus de 70 000 km. L’équipage a également procédé à une série de vérifications des systèmes vitaux d’Orion, et rencontré un léger souci avec les toilettes de la capsule, le seul WC à bord.
De même, une manœuvre de démonstration cruciale a été réalisée, en vue des amarrages orbitaux à venir entre Orion et les futurs atterrisseurs lunaires.

Le moment de vérité
La manœuvre la plus attendue, et la plus redoutée, doit avoir lieu ce soir aux alentours de 20 heures, heure de New York (environ 2 heures du matin en France métropolitaine) : l’injection translunaire. Il s’agit de l’allumage du moteur du module de service d’Orion, développé par Airbus via un partenariat avec l’Agence spatiale européenne) qui va propulser la capsule hors de l’orbite terrestre et l’envoyer définitivement vers la Lune. John Honeycutt, le responsable du programme SLS chez la NASA, l’avait lui-même désignée comme l’une des phases les plus périlleuses de la mission.
Elle repose, d’ailleurs, sur un principe fondamental de physique orbitale : l’effet Oberth. Concrètement, un moteur-fusée est bien plus efficace lorsque le vaisseau se déplace déjà à grande vitesse, et au moment précis où l’injection lunaire doit être déclenchée, Orion sera à son point le plus rapide sur son orbite. Brûler du carburant à cet instant précis génère donc un maximum d’énergie pour un minimum de ressources.

Une fois cette étape effectuée, il n’y aura plus de marche arrière. L’équipage d’Artemis 2 sera engagé sur une trajectoire de retour libre : la gravité lunaire guidera Orion autour de la face cachée de la Lune, avant que la gravité terrestre ne la ramène naturellement vers la Terre. Les astronautes atteindront alors la distance record de 406 841 kilomètres de notre planète, plus loin que n’importe quel être humain dans l’Histoire.
- Artemis 2 a décollé avec succès dans la nuit de mercredi à jeudi.
- Ce soir, la capsule Orion doit franchir l’étape la plus critique de la mission : l’injection translunaire, le grand allumage qui l’enverra définitivement vers la Lune.
- Si tout se passe comme prévu, les quatre astronautes atteindront dans quelques jours la plus grande distance jamais parcourue par des êtres humains.
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