Sans vouloir arriver à la Semaine de 4 heures de Tim Ferriss, de nombreux employeurs expérimentent des solutions pour adapter les horaires de travail de leurs employés et booster leur productivité.
“Travailler plus pour gagner plus”, le célèbre slogan de Nicolas Sarkozy est remis en cause. D’ailleurs, certains métiers proposent des horaires de travail bien limités que la moyenne nationale – et ils sont plutôt bien rémunérés.
En contrepartie, il faudra parfois être capable de gérer une intensité et un niveau de qualification à la tâche qui n’est pas accessible à tout le monde. On a sélectionné quelques métiers insolites avec un temps de travail limité.
Pilotes d’avion et contrôleurs aériens
La législation européenne, qui a été adaptée en France avec le Code des Transports, est explicite. Un pilote d’avion ne peut pas voler plus de 900 heures par an. C’est moins qu’un travail aux 35 heures, qui correspond à 1 607 heures par an.
Attention, ce chiffre ne ne tient pas compte du travail au sol pour préparer le vol, l’embarquement, l’avitaillement, les calculs de performance au décollage et devis de masse et centrage, tient à nous préciser un pilote de ligne. En prenant en compte le travail en amont du vol, le “temps de service correspond sur du court – moyen courrier à 2 fois le temps de vol, les vols étant relativement courts comparés au temps de préparation et temps passé en astreinte à couvrir les aléas des opérations”.
Chaque compagnie peut adapter le temps de vol de ses pilotes avec cette limite maximum. Selon les données récupérées par Europe 1 et citées par nos confrères de Capital, un pilote Air France ne vol que 650 heures par an. Cela ne tient pas compte du temps de préparation au sol.
Aux côtés des pilotes d’avion, les contrôleurs aériens sont aussi plutôt bien lotis. Alors qu’ils émargent en moyenne à 7 000 euros brut par mois, ils ne travaillent que 32 heures par semaine. De cette durée, il faut aussi retirer les 8 heures de pause hebdomadaires. Par ailleurs, lorsqu’un aiguilleur du ciel travaille une nuit, il obtient ensuite plusieurs jours de repos pour récupérer de son activité. C’est un métier intense malgré les horaires réduites.
Eboueurs, Mobilier national, fonctionnaires
En 2017, une grève des éboueurs éclatait à Marseille. L’employeur, Derichebour, se plaignait de payer certains salariés peu prolifiques. Ce dernier affirmait que ses éboueurs avaient une occupation qui leur prenait “rarement quatre heures par jour”. “Certains salariés quittent leur poste à minuit alors qu’ils sont payés jusqu’à 4 heures du matin, obligeant à engager des moyens de rattrapage”, expliquait la compagnie Derichebour, citée par nos confrères de Capital. Le porte-parole CFDT des salariés de l’entreprise, interrogé par 20 Minutes, n’avait pas nié les faits, se contentant de rappeler que “les horaires de travail varient au jour le jour et dépendent du programme des tournées”.
Vous ne le connaissez peut-être pas, mais le Mobilier national est une institution qui meuble et rénove les bâtiments officiels de la République française. Dans un rapport de la Cours des comptes, on y apprenait que les employés travaillaient en moyenne 30 heures par semaine. A noter que les salariés peuvent même utiliser les ateliers de leur employeurs pour s’offrir un complément de revenus personnels.
Dans la fonction publique, il y a également des abus. Selon un rapport de l’Inspection générale des finances publié il y a quelques temps, 310 000 fonctionnaires (soit 28% du total) travaillent moins de 35 heures par semaine. Pour 190 000 personnes, ce temps de travail réduit n’aurait aucun lien avec la pénibilité de la tâche.
Radio France et ses musiciens
Au sein même de Radio France, on dénombre pas moins de quatre formations musicales : Orchestre national de France, orchestre philharmonique, choeur et maîtrise. Ces 325 musiciens (chiffre de la fin 2017), ne travailleraient que 1 000 heures par an dans le cadre d’un accord collectif. C’est donc presque moitié moins que les salariés qui travaillent 35 heures. La Cour des comptes a aussi publié un rapport au vitriol : seulement 11 personnes sur ces 325 travailleraient effectivement les 1 000 heures mentionnées.
Et le privé ?
La fonction publique n’est pas la seule à offrir des temps de travail réduits à ses employés. La MAIF met également en avant un bon équilibre entre le temps de travail et la rémunération. En effet, les salariés de l’assureur militant ne travailleraient que 1 540 heures par an, toujours selon Capital. C’est donc 67 heures de moins par an qu’une personne aux 35 heures, soit quasiment deux semaines de moins.
Une chose est sûre : le temps de travail n’est pas toujours le bon indicateur pour justifier de l’efficacité d’un salarié. Il est difficile de comparer une tâche à une autre, chaque secteur possède ses spécificités.
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