Internet : et maintenant la Turquie censure le Cloud…

En Turquie, le gouvernement a toujours beaucoup de choses à cacher, ce n’est pas une nouveauté. Régulièrement le pays a recours à la censure pour dissimuler certaines informations et les réseaux sociaux en font souvent les frais. Ces derniers jours, ce sont les services de Cloud qui ont connu la censure dans le pays.

La Turquie bloque Wikileaks

En Turquie, l’ensemble du trafic internet passe par les infrastructures de l’opérateur Turk, ce qui permet d’obtenir un contrôle centralisé de l’accès à Internet et simplifie la mauvaise habitude du gouvernement à censurer le web, lorsque cela arrange ses petites affaires. La censure à grande échelle est devenue une vraie habitude et cette fois, le gouvernement a bloqué l’accès à Google Drive, Dropbox, OneDrive, et Github, afin de limiter la portée d’une fuite d’informations assez gênante.

La Turquie de plus en plus adepte de la censure et du contrôle de l’information

En effet, un groupe de hackers se faisant appeler Redhack a effectué un piratage ce weekend et a réussi à dérober 60000 mails du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, qui n’est autre que le beau-fils du président Recep Tayyip Erdogan… Dans cette correspondance privée, il y est notamment question des méthodes utilisées pour faire pression sur les médias et pour manipuler les informations. Les mails volés s’étalent sur les 16 dernières années.

C’est donc pour empêcher la diffusion des 17 Go de données compromettantes pour le gouvernement d’Erdogan, que Google Drive, Dropbox, OneDrive, et Github ont vu leur accès coupé pendant plus de deux jours. Avec ces nouvelles informations, particulièrement inquiétantes sur le recours à la censure du web, mais également sur des propos accablants concernant la manipulation du contenu éditorial de la presse et sur les pressions utilisées sur la presse pro-gouvernementale, on est en droit de se demander comment la candidature de la Turquie est toujours à l’ordre du jour pour son entrée dans la communauté européenne.

Le blocage du Cloud est une dérive inquiétante

D’autant plus, que le gouvernement actuel souhaite mettre en place des versions nationales aux services les plus populaires du web, comme Twitter ou Facebook, afin de ne plus dépendre des services étrangers. Une dangereuse façon de conserver un contrôle sur la population turque, une fois que ces services seront bloqués pour un quelconque prétexte.

On sait aussi qu’il existe aujourd’hui une « Twitter troll army », constituée de membres du parti de l’AKP qui attaquent frénétiquement toute personne critiquant publiquement le président turc. Les services de Cloud commencent à revenir à la normale depuis quelques heures, mais les faits restent particulièrement inquiétants.

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