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« Je n’ai vu aucune frontière » : bouleversée, Sophie Adenot raconte l’Overview Effect, ce choc cognitif extraordinaire que seuls les astronautes vivent

Sophie Adenot était très émue lorsqu’elle a évoqué son ressenti en observant la Terre depuis l’espace. Ce sentiment extrêmement fort est partagé par la majorité des astronautes : c’est l’Overview Effect.

Après avoir battu le record du plus long séjour spatial pour un astronaute européen avec 237 jours en orbite, le retour sur Terre est empreint d’émotions pour Sophie Adenot. Lors de sa première prise de parole publique à son retour sur le sol européen, la Française n’a pu retenir ses larmes au moment d’évoquer ce qu’elle a ressenti en observant notre planète depuis la célèbre Cupola de la Station Spatiale internationale (ISS).

« On a beau s’y préparer, lire des extraits, des récits d’astronautes… Mais le voir de ses yeux… On passe par toutes les émotions. Parfois, c’est une euphorie intense de toute cette beauté. Et parfois, ça vous prend aux tripes », a-t-elle confié. « Cette belle planète que je voyais depuis là-haut avec mes collègues d’équipage, elle est à tout le monde. Nous sommes tous là, ensemble à voyager dans l’espace », a-t-elle poursuivi.

Sophie Adenot a très certainement ressenti l’Overview Effect, un choc cognitif vécu par bon nombre d’astronautes lorsqu’ils observent la Terre depuis l’espace.

 

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Théorisé en 1987

Conceptualisé pour la première fois en 1987 par le chercheur américain Frank White, ce terme désigne la manière dont la perception de la réalité bascule pour le peu d’hommes et de femmes qui ont pu contempler notre planète en orbite : les frontières géopolitiques s’effacent au profit d’un sentiment d’appartenance universelle et d’une conscience aiguë de la fragilité de notre écosystème.

« Vous développez une conscience globale instantanée, une orientation mondiale, un mécontentement intense à l’égard de l’état du monde et une compulsion à faire quelque chose à ce sujet », a raconté Edgar Mitchell, pilote du module lunaire lors de la mission Apollo 14 en 1971.

« Depuis l’espace, j’ai vu la Terre comme une boule de vie précieuse et fragile suspendue dans le vide, et je suis devenu plus convaincu que jamais que nous devons la protéger », a pour sa part témoigné Ron Garan, astronaute de la NASA qui a séjourné à bord de l’ISS à plusieurs reprises.

Artemis 2 Coucher Terre Photo Lune
© NASA

Les explications de Thomas Pesquet

Lors d’une conférence, Thomas Pesquet lui-même a élaboré sa vision de l’Overview Effect. « Le monde, les phénomènes environnementaux, le changement climatique… ce sont des phénomènes globaux qui se passent à une échelle qui dépasse notre quotidien », a-t-il expliqué.

Or, « en allant dans l’espace, vous prenez un tel recul que tous ces phénomènes globaux se retrouvent enfin à portée de main, sous vos yeux et à la mesure de vos sens. Tout cela devient subitement plus concret : ce qui n’était jusqu’alors qu’une réalité intellectuelle et abstraite, faite de chiffres et de calculs, se transforme soudain en une expérience physique que vous pouvez pleinement ressentir », s’est-il remémoré.

Sophie Adenot, elle, s’est montrée catégorique : « J’ai cherché les frontières, j’ai cherché les divisions, je n’en ai vu aucune ». Des discours auxquels il faudrait, peut-être, porter un peu plus d’importance.

  • De retour sur Terre, Sophe Adenot a confié en pleurs son émerveillement face à la Terre.
  • Il s’agit de l’Overview Effect, un choc cognitif partagé par de nombreux astronautes.
  • Il provoque une prise de conscience profonde de la fragilité de notre planète.

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