[Journée de la Femme] Les femmes libres, ça existe ? par Eve Demange

Article écrit par Eve Demange[1] pour Presse-citron à l’occasion de la Journée de la Femme. Une invitation d’Eric Dupin à écrire un article pour la journée de la femme sur Presse-Citron, ça ne se refuse pas ! Mais que dire ? D’abord : « pourquoi y a t-il une journée de la femme et pas de journée de

Article écrit par Eve Demange[1] pour Presse-citron à l’occasion de la Journée de la Femme.

Une invitation d’Eric Dupin à écrire un article pour la journée de la femme sur Presse-Citron, ça ne se refuse pas ! Mais que dire ?

D’abord : « pourquoi y a t-il une journée de la femme et pas de journée de l’homme ? » Les femmes ont sans doute plus à prouver. La journée de la femme a été proposée pour la première fois à Copenhague en 1910 lors de la 2ème conférence internationale des femmes socialistes. Une véritable révolution à l’époque. En 2009, soit près de 100 ans plus tard en France, les femmes ont obtenu tant d’avancées : le droit de vote, la contraception, le droit à l’IVG… Oui, mais sommes-nous réellement plus libres aujourd’hui qu’en 1910 ? D’une certaine manière, incontestablement.

Pourtant, les femmes sont toujours aussi peu nombreuses à occuper les postes de direction. Et le web n’échappe pas à la règle. Je le constate chaque jour autour de moi : les femmes sont souvent reléguées au rôle de support technique dans les entreprises. Les P-DG sont des hommes et les femmes occupent dans la plupart des cas, les postes de directrices de la communication ou du marketing.

Je pense à trois exceptions qui confirment la règle, Oriane Garcia fondatrice de Caramail, Marie-Christine Levet P-DG de Club Internet et Anne-Sophie Pastel fondatrice d’Aufeminin.com : des caractères bien trempés, des natures survitalisées. Elles ont su s’imposer dans des sphères hautement masculines (où l’on doit encore quelquefois rappeler à des hommes égarés que « NON, nous ne sommes pas des objets sexuels, nous sommes là pour travailler et donc PARLER BOULOT »). Quelles réussites exceptionnelles ! Mais que de sacrifices aussi. Car en général, les femmes qui réussissent n’ont pas d’enfants. Si elles en ont, elles doivent faire comme si elles n’en avaient pas. Il est difficile d’être une femme, aujourd’hui encore.

En ce qui me concerne, je suis conceptrice rédactrice blogueuse, passionnée de web, heureuse de mon travail. Pourtant, quand je pense à ma condition de femme trentenaire, je vois une équilibriste, une funambule pressée, qui avance sur le fil étroit du temps. Je tiens dans la main droite le lien de mon amour de mère, dans la main gauche le lien de mon indépendance financière, entre mes dents le lien de mon amour de femme et mes rêves bien serrés entre mes deux cerveaux. Avec tout ça, j’essaye d’avancer. Cela donne une sorte de danse frénétique et comique. Parfois, le dimanche matin, lorsque la maison dort encore et que le soleil se faufile entre les volets fermés, je tiens enfin ma liberté : quelques minutes volées dans le tourbillon effréné du quotidien.

« Les femmes libres ne sont pas des femmes » écrivait Colette. Elle avait tellement raison !

Bonne journée, et bon courage donc, à toutes les femmes du web, à toutes les femmes de France, à toutes les femmes du monde 🙂


[1] Eve Demange est rédactrice avec une spécialisation de conseil en ergonomie éditoriale : elle aide les éditeurs de sites à organiser et valoriser leur contenu afin qu’il soit… lu par les internautes.
Son blog : http://www.plume-interactive.com/
Interview-portrait d’Eve sur Presse-citron.


Nos dernières vidéos

11 commentaires

  1. ‘Pourtant, quand je pense à ma condition de femme trentenaire, je vois une équilibriste, une funambule pressée, qui avance sur le fil étroit du temps.’ Nous sommes donc enfin libres…bravo 🙂

  2. A peu près d’accord sur tout sauf un point : quand on sait qu’un enfant avorté sur deux est de sexe féminin, on peut se demander en quoi l’IVG est une avancée pour les femmes.

  3. Probablement que le web a apporté à certaines femmes justement la possibilité de lier une activité professionnelle (e-commerce, bloggueuse pro, télétravail..;) avec la vie de famille et l’éducation des enfants sans avoir à choisir entre les deux. Après les journées restent souvent très longues, cumulant tellement de fonctions. Et là, c’est clair y a encore du boulot dans l’équilibre des tâches 🙂
    A quand la journée du couple ? Où l’on parle d’équilibre !!!

  4. @Franp : J’espère juste avoir mal compris ce que je viens de lire… Sans doute suis je mal réveillée, ou alors idiote pour me révolter contre ce genre de propos rétrogrades.
    Tu voulais dire qu’un « enfant » sur deux « tué » lors d’un IVG est de sexe féminin, donc potentiellement une femme que l’on assassine, c’est bien cela ?

  5. @Virginie : je me demande si ça valait la peine de relever…
    @Laurence : une journée du couple ? Voilà une super idée !

  6. Et que penser de Rachida Dati qui laisse son enfant quelques jours seulement après sa naissance ?

    Elle est une femme libre, brillante, elle a donc parfaitement le droit de s’organiser comme elle veut pour réussir sa carrière. Pour autant, peut-on dire que son choix est souhaitable pour l’enfant ? Ne va t-il pas manquer de la présence psychologique et physique de sa mère ? Pourquoi n’a t-elle pas pu s’organiser pour avoir son enfant auprès d’elle ou bien pour travailler avec des horaires largement aménagés ?

    Le monde du travail en France n’est pas conçu pour les femmes qui ont des enfants, donc pour les femmes tout court. C’est encore souvent mal vu de demander un 4/5ème pour s’occuper de sa famille, mal vu de rentrer tôt le soir pour s’occuper de ses enfants, etc. Et même si on ne vous dit rien, on vous donne moins de boulot, moins de responsabilités, etc.

    Donc les femmes qui veulent travailler doivent courir sans arrêt (avec le sourire) pour que personne ne s’aperçoive qu’elles ont une montagne de choses à faire en rentrant du travail et des petits êtres qui dépendent d’elle pour bien grandir. Elles prennent SUR ELLES de gérer les enfants et la maison en plus de leur travail. Et la plupart ne demande pas d’aide à leur homme car elles ont été élevées dans l’idée que c’est à elle de bien gérer leur maison (jouer à la poupée, etc). Et les hommes ont été élevés dans l’idée que c’est à la femme de gérer la maison, etc.

    Quant aux aides extérieures, les crèches sont complètement surchargées. Et les nounous, c’est la lutte pour en dénicher une de confiance. La société n’aide pas assez les femmes qui veulent entreprendre ou réussir leur carrière professionnelle.

    Je pense que toutes ces raisons simples expliquent pourquoi on voit si peu de femmes à des postes de direction, dans le web comme ailleurs (même si dans le web on a tendance à mieux accepter le télétravail, alleluia).

  7. Franchement, je commence à être super fané de cette réflexion à la con: « il n’y a pas assez de femmes chefs d’entreprise ».

    Pour votre gouverne (puisque vous semblez l’ignorer), pour être chef d’entreprise, on passe pas un concours. On se sort les doigts du cul et quand on a une idée qui tient la route et un peu de pognon, on va déposer les statuts de sa société. Que vous soyiez un homme ou une femme ne compte pas pour ca.

    Qu’est-ce que tu proposes? Qu’on réquisitionne les entreprises des hommes pour les donner aux femmes?
    Moi j’ai beaucoup plus simple: montez en.

    S’il y a moins de femmes que d’hommes qui montent des entreprises, c’est peut etre aussi que ca les intéresse moins, j’en sais rien.

    POURQUOI vouloir 50% de ce hommes et 50% femmes? Qu’est-ce que ca va vous apporter? Vous serez plus heureuses? J’en doute franchement.

    Cette guerre des chiffres me fait vraiment chier, la vie ce n’est pas des chiffres. L’égalité c’est JUSTEMENT qu’une femme, si elle le désire, puisse monter une entreprise au meme titre qu’un homme (pour ce domaine précisément). Si après, moins de femmes que d’hommes veulent s’y mettre ou si, on n’en sait rien apres tout, les entreprises montées par des femmes marchent moins bien*, la loi n’y peut rien, ce n’est la faute de personne.

    *oui, parce que s’il y a moins de femmes chefs d’entreprise, on est en droit de se demander si les entreprises montées par des femmes ne coulent pas plus que celles montées par des hommes. Parce qu’un chiffre en soit ne veut rien dire madame!

  8. @ Virginie

    >>A peu près d’accord sur tout sauf un point : quand on sait qu’un enfant avorté sur deux est de sexe féminin, on peut se demander en quoi l’IVG est une avancée pour les femmes.

    >>@Franp : J’espère juste avoir mal compris ce que je viens de lire… Sans doute suis je mal réveillée, ou alors idiote pour me révolter contre ce genre de propos rétrogrades.
    Tu voulais dire qu’un “enfant” sur deux “tué” lors d’un IVG est de sexe féminin, donc potentiellement une femme que l’on assassine, c’est bien cela ?

    C’est bien cela, tu as raison d’être scandalisée. Une IVG sur deux tue une petite fille, comme ça, d’un simple coup d’aspirateur. UNE SUR DEUX! C’est énorme, non? Moi aussi, je suis choquée.

    Il serait beaucoup mieux de faire avorter massivement les femmes qui porte en leur sein des petits hommes en devenir, ça ferait moins de machos plus tard…

    Élodie

  9. @Elodie

    Je vois ABSOLUMENT pas ou tu veux en venir avec ton histoire d’ivg.

    De plus, si une ivg sur deux tue un enfant fille, ca veut dire qu’une ivg sur deux tue un enfant garcon. Donc ton pseudo argumentaire a 2 balles qui consiste a sous entendre que les bébés filles sont les grandes victimes de l’ivg en france (comme c’est le cas en chine ou en inde) ne tient absolument pas.

    On pourrait aussi massivement avorter les femmes qui portent en leur utérus (oui un enfant c’est pas dans le sein au passage) des petites femmes en devenir, ca éviterait d’avoir des trous du cul dans ton genre non?

    Mais si t’as d’autres conneries a dire, ne te retiens pas.

  10. Bravo Mulasse! Alors que veulent les femmes en réalité? Elles veulent devenir des hommes!ha!ha!
    Elles veulent être chef d’enteprise, avoir le pouvoir et la gloire de l’homme et ne pas porter d’enfant comme l’homme! Tout cela est dérisoire!

Répondre