Novembre 2022, au siège d’OpenAI situé dans une ancienne usine de mayonnaise à San Francisco, on s’interroge. Faut-il sortir dès maintenant ce modèle de langage qui répond au nom de GPT-4 ? Ce chatbot est certes très performant, mais il a une fâcheuse tendance à recracher des discours haineux et à fournir des réponses erronées. Les 375 employés poursuivent leur travail, mais leur dirigeant, Sam Altman, a déjà pris une décision qui va changer le cours de l’histoire.
C’est en effet à l’occasion d’une réunion, qui s’est tenue mi-novembre, que le PDG a tranché : sa compagnie va lancer une version plus ancienne (GPT 3.5) et moins puissante de cette IA. L’objectif est simple : observer la réaction du public, mais aussi devancer les mastodontes comme Microsoft, Meta, et Google, qui disposent déjà de ce type de technologie sans oser la commercialiser.
ChatGPT ? Ça ne marchera pas
Mira Murati, la responsable technologique d’OpenAI, envoie ce jour-là un message rassurant à son équipe sur la messagerie Slack : “Nous prévoyons de l’encadrer comme une version de recherche. Cela réduit les risques dans toutes les dimensions tout en nous permettant d’apprendre beaucoup”.
Loin de traîner en route, les dirigeants entendent sortir ce chatbot d’ici la fin du mois. En urgence, les développeurs reprennent une interface graphique qui avait déjà été utilisée pour présenter cette technologie à Bill Gates quelques mois plus tôt. GPT 3.5 change aussi de nom et devient ChatGPT.
today we launched ChatGPT. try talking with it here: https://t.co/uWra8LKFMN
— Sam Altman (@sama) November 30, 2022
Cela n’empêche pas certains de se poser des questions en interne, voire de douter de la réussite d’un tel projet. Greg Brockman, co-fondateur d’OpenAI et Chief Technology Officer de l’entreprise, se risque même à un pronostic : ChatGPT se résumera à un thread sur Twitter et à 5000 likes pas plus.
Raté, le succès de l’IA est tel qu’il prend OpenAI de cours. Les ingénieurs sont forcés de s’organiser pour retirer de la puissance de calcul de certains projets et l’allouer au modèle de langage. En cinq jours, la barre du million d’utilisateurs est franchie, puis ce sera 100 millions en l’espace de quelques semaines.
On connaît la suite, et cette histoire, nous vous l’avons raconté tout au long de cette année sur Presse-citron. Pris de cours, Google, Microsoft, Meta, et tous les autres, ont travaillé dans l’urgence sur une riposte, et soudain, les pudeurs de gazelle sur la sécurité et l’éthique ont volé en éclat. Si bien, que la plupart des géants de la Tech ont aujourd’hui leur chatbot. Dans un article passionnant, le New York Times est justement revenu sur l’impact qu’a eu ChatGPT sur cette concurrence, et on vous invite à aller lire cette enquête ici.
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