Vladimir Poutine vient de promulguer une nouvelle loi qui cible spécifiquement les géants du numérique. Concrètement, ce texte prévoit « qu’une entité étrangère, exerçant des activités sur internet en Russie, est obligée de créer une succursale, d’ouvrir un bureau ou d’établir une entité juridique russe ».
Ce dispositif s’adresse aux compagnies dont l’audience est significative dans le pays et dépasse les 500 000 personnes. En tout le projet concernerait 20 entreprises, parmi lesquelles Twitter, Google, Amazon, Facebook, et leurs filiales.
La Russie veut affirmer sa souveraineté
Selon Reuters, ces sociétés sont tenues d’enregistrer un compte individuel sur le site web de la Roskomnadzor, l’autorité nationale de régulation des communications. Les firmes sont prévenues, s’il leur venait à l’idée de refuser ces nouvelles règles, les sanctions pourraient être très élevées. La législation prévoit en effet des interdictions de publicité, soit le modèle économique de nombreux services web.
Comme le rapporte l’agence de presse, il s’agit là d’une des dernières mesures en date décidée par le gouvernement pour tenter de mettre au pas ces grandes entreprises technologiques. Alors que des manifestations de soutien à l’opposant du Kremlin, Alexeï Navalny, se sont tenues en début d’année dans le pays, le pouvoir n’a pas hésité à hausser le ton face aux grandes plateformes web.
De fait, Vladimir Poutine exhorté la police à agir plus activement pour surveiller les réseaux sociaux et traquer « ceux qui entraînent les enfants dans des actions de rue illégales et non autorisées ». Les autorités auraient aussi demandé à Mark Zuckerberg et à ses équipes de supprimer des appels à manifester. Une demande à laquelle l’entreprise n’a pas donné suite.
Rappelons que cela fait plusieurs années que la Russie tente d’affirmer sa souveraineté sur les géants du web américains. Une loi oblige d’ailleurs les entreprises à conserver les données de leurs utilisateurs sur des serveurs basés dans le pays. Elle est toutefois peu appliquée même si LinkedIn a été bloqué en 2016 pour avoir enfreint ce texte.
L’objectif du gouvernement est aussi de mettre en valeur des sociétés nationales qui n’ont parfois rien à envier à leurs concurrentes, à l’image de Yandex, très à la pointe dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la robotique.
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