Décidément, les élections législatives qui se tiendront le dimanche 12 avril en Hongrie ne laissent personne indifférent. L’impact de ce scrutin va clairement bien au-delà d’une simple élection nationale et il est actuellement suivi de près au sein de l’Union européenne, mais aussi par le gouvernement de Donald Trump et la Russie, qui soutiennent ouvertement le Premier ministre sortant d’extrême droite, Viktor Orbán.
Alors que ce dernier et son parti, le Fidesz, sont en difficulté dans les sondages face à un candidat conservateur pro-UE, Peter Magyar, la Russie envisage une action spectaculaire pour sauver son « soldat », si l’on en croit les informations du Washington Post qui relaie un rapport interne du service de renseignement extérieur russe (SVR) obtenu et authentifié par un service de renseignement européen.
D’après ce dernier, des agents russes suggèrent ainsi une stratégie baptisée « tournant décisif » qui pourrait « modifier modifier fondamentalement le paradigme de la campagne électorale » : « orchestrer une fausse tentative d’assassinat contre Viktor Orbán ».
Des relations anciennes entre Orbán et la Russie
Selon ces opérateurs chargés des mesures actives et de l’influence politique :
Un tel incident ferait basculer la perception de la campagne du domaine rationnel des questions socio-économiques vers un domaine émotionnel, où les thèmes clés deviendraient la sécurité de l’État, la stabilité et la défense du système politique.
Le média américain précise ignorer à quel niveau hiérarchique du gouvernement russe, la proposition du SVR a été consultée. De son côté, et comme souvent en pareil cas, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’est borné à nier ces nouvelles, les qualifiant de désinformations.
L’ambassade de Russie aux États-Unis a de son côté déclaré : « Nous avons affirmé à maintes reprises que la Russie ne s’ingère pas dans les élections d’autres pays. Nous tenons à réaffirmer que l’ingérence dans la campagne électorale hongroise ne provient en aucun cas de la Russie. »
Pour l’heure, aucune action de cet ordre n’a été entreprise. Cela dit, la Russie ne serait clairement pas inactive dans cette campagne électorale. Selon des responsables européens de la sécurité qui souhaitent rester anonymes, le pays dirigé par Vladimir Poutine orchestre une opération sur les réseaux sociaux pour amplifier le message selon lequel Viktor Orbán est le seul candidat capable de protéger la souveraineté de la Hongrie. Des deepfakes vidéo ont aussi été publiés pour discréditer des candidats de l’opposition et les accuser de divers méfaits.
Si la Russie soutient autant le Premier ministre d’extrême droite, c’est notamment, car il est un fidèle allié de Moscou et s’aligne quasi systématiquement sur son agenda, notamment suite à l’invasion de l’Ukraine en 2022. Selon le Washington Post, des relations d’affaires étroites ont aussi été nouées entre les deux régimes et elles auraient bénéficié à Viktor Orbán et à ses proches.
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