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Le concurrent de Starlink européen prend forme

Est-il “trop tard” pour tenter de créer un concurrent de Starlink européen ?

  • L’UE a lancé un appel d’offres pour développer un réseau de satellites à haut débit qui concurrencerait Starlink, le projet de SpaceX
  • Quatre grands acteurs européens du spatial ont répondu à l’appel ce mardi : Airbus Defence and Space, Eutelsat, SES, et Thales Alenia Space
  • Le projet, baptisé IRIS², pourrait réduire la fracture numérique en Europe et tout en renforçant la souveraineté spatiale du continent

L’Europe ne veut pas rester à la traîne dans la course à l’internet haut débit par satellite. Face au déploiement de Starlink, qui commercialise déjà au moment où nous écrivons ces ligne des abonnements internet disponibles dans une large partie du monde grâce à une constellation de milliers de satellites en orbite basse, l’Union européenne a lancé un appel d’offres pour développer son propre réseau sourverain.

Et quatre grands acteurs européens du secteur spatial ont répondu à l’appel mardi 2 mai 2023. On parle de noms assez connus dans le secteur : Airbus Defence and Space, Eutelsat, SES, et Thales Alenia Space. L’appel d’offres est en fait la conséquence d’un projet baptisé IRIS² (Infrastructure pour la Résilience, l’Interconnectivité et la Sécurité par Satellite). Sa mission ? Réduire au plus vite la fracture numérique en Europe et renforcer la souveraineté spatiale du continent.

Comment l’Europe compte concurrencer Starlink

L’Europe fournira un budget initial de 2,4 milliards d’euros – mais on s’attend à ce que l’ESA et des investisseurs privés permettent de faire grossir l’enveloppe. Le réseau européen devra faire face à une forte concurrence de la part de Starlink, qui compte déjà plus de 4 100 satellites en orbite et plus d’1 million d’utilisateurs dans le monde. Le projet de SpaceX bénéficie d’un avantage technologique et financier, mais aussi d’un soutien politique aux États-Unis, où il a obtenu des subventions publiques pour connecter les zones rurales.

Or, l’un des défis du projet européen sera de disposer de capacités de lancement suffisantes pour déployer sa constellation. Le lanceur Ariane 6, qui devait être opérationnel en 2020, a accumulé les retards et n’est pas attendu avant 2024 au plus tôt. Ironie du sort, l’Europe pourrait être contrainte de recourir aux services de SpaceX pour envoyer ses satellites en orbite, comme elle va devoir le faire pour le projet de constellation Galileo, destiné à assurer l’autonomie du continent en matière de navigation par satellite.

Les autorités européens estiment le coût du projet à environ 6 milliards d’euros – pour un lancement commercial dès 2024 et un réseau à pleine capacité à l’horizon 2027. Un plan probablement très ambitieux, compte tenu du niveau de coordination nécessaire, des questions de recherche et développement, et autres imprévius qui devraient jalonner la mise en service de la constellation.

À titre de comparaison, le projet Starlink est estimé à environ 10 milliards de dollars à ce stade – et SpaceX pourrait envoyer 12 000 satellites supplémentaires en orbite d’ici 2026 – faisant largement exploser la facture. La firme a déjà commencé à offrir un service commercial dans certains pays, avec un prix de 99 euros par mois et un kit d’installation de 499 euros (ou 15 euros par mois en location).

Le projet européen devra donc faire preuve d’innovation et de compétitivité pour se faire une place sur le marché des satellites à haut débit, d’autant qu’au moment de sa mise en service, il est certain que le réseau Starlink aura une capacité bien plus vaste pour desservir ses clients.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Je comprend pas trop pourquoi faire autant de constellations, ça fait des années qu’on entend parler de cette “guerre”… Je pense qu’une seule mais bonne constellation suffit, partant de ce souhait, je choisis spacex puisqu’il est déjà en place.
    Faire un gps européen, pourquoi pas (et encore je vois pas trop l’intérêt, le gps US est très bien).

Les commentaires sont fermés.